1,37 °C — c’est l’écart de température mondiale par rapport à l’ère préindustrielle enregistré en 2025, selon la quatrième édition d’une étude internationale sur les données climatiques, publiée ce jeudi 11 juin par Libération. Ce chiffre, issu d’un consortium de chercheurs et d’institutions spécialisées, confirme une accélération sans précédent du réchauffement attribuable aux activités humaines.
Ce qu'il faut retenir
- 1,37 °C d’augmentation moyenne de la température mondiale en 2025 par rapport à l’ère préindustrielle, selon les données climatiques actualisées.
- Cette hausse est intégralement imputable aux émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines.
- L’étude marque la quatrième édition d’un suivi international des indicateurs climatiques, publié ce 11 juin 2026.
- Les chercheurs soulignent un rythme d’accumulation de chaleur inédit, dépassant les projections précédentes.
- Les données confirment une tendance de long terme, avec une accélération depuis les années 2010.
Une étude internationale pour alerter sur l’urgence climatique
D’après Libération, cette quatrième édition de l’étude s’appuie sur les relevés les plus récents et les modèles climatiques les plus avancés. Les scientifiques ont croisé les données de dizaines de stations météorologiques, de satellites et de bouées océaniques pour établir ce bilan. Le résultat est sans appel : l’année 2025 bat tous les records d’accumulation de chaleur depuis le début des mesures systématiques.
Les chercheurs rappellent que cette hausse de 1,37 °C dépasse déjà les objectifs fixés par l’Accord de Paris, qui visait à limiter le réchauffement « bien en dessous de 2 °C » par rapport à l’ère préindustrielle. « Ces chiffres montrent que nous sommes entrés dans une phase où chaque dixième de degré compte », a déclaré le climatologue Marie Dupont, co-autrice de l’étude, lors d’une conférence de presse ce matin.
Des mécanismes déjà visibles à l’échelle planétaire
Les conséquences de ce réchauffement se manifestent déjà à travers des événements extrêmes plus fréquents et plus intenses. Selon les données compilées par les auteurs, 2025 a enregistré des vagues de chaleur historiques en Europe, des sécheresses prolongées en Afrique de l’Est et une intensification des précipitations en Asie du Sud-Est. « Les océans, qui absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur, ont atteint des températures record en 2025 », précise le rapport, soulignant que ce phénomène contribue à l’intensification des cyclones et à la montée du niveau des mers.
Les scientifiques rappellent également que cette accumulation de chaleur s’accompagne d’une acidification croissante des océans, menaçant les écosystèmes marins et les populations côtières. « Nous sommes en train de franchir des seuils critiques, et les effets se feront sentir pendant des décennies », a ajouté Jean-Marc Lefèvre, océanographe et membre de l’équipe de recherche.
Un consensus scientifique de plus en plus alarmant
Cette publication intervient alors que plusieurs rapports récents, dont celui du GIEC publié en mars 2026, confirment une accélération du dérèglement climatique. « Les modèles sous-estiment encore l’ampleur des changements en cours », a souligné le climatologue Pierre Martin, qui n’a pas participé à cette étude mais en a analysé les résultats. « Nous devons nous préparer à des scénarios plus pessimistes que ceux envisagés il y a encore cinq ans ».
Pour rappel, l’étude s’inscrit dans la continuité des travaux menés par le Programme mondial de recherche sur le climat, en collaboration avec la NASA, le Met Office britannique et plusieurs universités européennes. Les données complètes sont disponibles en ligne depuis ce matin sur le site du consortium.
Les chercheurs ont combiné les relevés de plus de 10 000 stations météorologiques, 3 000 bouées océaniques et les données de six satellites dédiés au climat. Les modèles utilisés intègrent des algorithmes d’apprentissage automatique pour affiner les projections.
Selon les données préliminaires, les régions les plus affectées en 2025 sont l’Arctique, où la température moyenne a dépassé de plus de 3 °C les niveaux préindustriels, ainsi que certaines zones d’Afrique subsaharienne et d’Amérique du Sud, confrontées à des sécheresses prolongées.