Alors qu’elle célèbre son cinquantième anniversaire, l’enseigne d’équipements sportifs Decathlon a annoncé une mesure exceptionnelle à destination de ses salariés. Selon BFM Business, le groupe basé à Villeneuve-d’Ascq va attribuer 2 000 euros en actions gratuites à la majorité de ses 103 000 employés dans le monde. Cette initiative, baptisée « The Decathlon Seed », s’adresse à tous les collaborateurs, quel que soit leur poste ou leur pays d’affectation, à condition d’avoir au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise.
Ce capital, bloqué pendant trois ans, ne sera disponible qu’à l’issue de cette période, sous réserve que le salarié reste en poste. L’annonce a été formalisée mardi 16 juin 2026 par le directeur général de Decathlon, Javier Lopez Segovia, sur son compte LinkedIn. « Cette somme sera attribuée à chaque collaborateur éligible de Decathlon, dans tous les pays où nous opérons. En magasin, en production, en logistique, pour tout le monde, quel que soit le poste ou l’ancienneté », a-t-il précisé. L’objectif affiché ? « Associer durablement nos coéquipiers à la valeur qu’ils créent », comme l’a souligné la direction auprès de La Voix du Nord.
Ce qu'il faut retenir
- 2 000 euros d'actions gratuites offerts à environ 90 000 des 103 000 salariés de Decathlon dans le monde.
- Les bénéficiaires doivent avoir au moins trois mois d'ancienneté et conserver leurs actions pendant trois ans pour en disposer.
- Cette initiative s'inscrit dans une politique d'actionnariat salarié historique, puisque 56 000 employés sont déjà actionnaires du groupe depuis 1987.
- Le cadeau survient dix jours après une grève de 1 000 salariés réclamant une revalorisation des salaires.
- La direction exclut toute renégociation salariale immédiate, qualifiant l'offre d'investissement structurel de long terme.
- Les syndicats, comme la CFDT, critiquent cette mesure, jugée insuffisante pour répondre aux problématiques de pouvoir d'achat.
Une tradition d'actionnariat salarié
L’initiative « The Decathlon Seed » s’inscrit dans la continuité d’une politique menée par le groupe depuis près de quarante ans. Dès 1987, Decathlon a ouvert son capital à ses salariés, une démarche pionnière dans le secteur de la distribution. Aujourd’hui, sur les 103 000 employés que compte le groupe, 56 000 sont déjà actionnaires. Avec cette nouvelle mesure, l’enseigne espère porter ce nombre à 90 000, soit près de 90 % de ses effectifs mondiaux.
Pour Julien Leclercq, président du conseil d’administration, cette décision repose sur une « conviction profonde » : « Ceux qui construisent l’entreprise doivent aussi en être en partie propriétaires. » Cette logique s’applique à l’ensemble des salariés, des employés en magasin aux ouvriers en logistique, en passant par les équipes de production. « En magasin. En production. En logistique. Pour tout le monde, quel que soit le poste ou l’ancienneté », a réitéré Javier Lopez Segovia dans son message sur LinkedIn.
Un cadeau lié à l’anniversaire des 50 ans, mais pas seulement
L’annonce coïncide avec le jubilé de l’entreprise, fondée en 1976. Cependant, les dirigeants insistent sur le fait que cette initiative dépasse le simple cadre commémoratif. « Ce n’est pas une réponse instantanée à une situation locale, mais un investissement structurel de long terme », a indiqué la direction à La Voix du Nord. Selon elle, ce projet est le fruit d’un « travail de fond mené depuis plus d’un an », bien avant les tensions sociales récentes.
Cette précision est importante, car elle intervient dans un contexte marqué par des mouvements sociaux au sein du groupe. Le 6 juin 2026, près de 1 000 salariés ont débrayé pour réclamer une revalorisation des salaires. Cinq jours plus tard, une nouvelle grève a eu lieu chez Decathlon Logistique, toujours pour les mêmes revendications. Pourtant, la direction a clairement indiqué, d’après France 3 Hauts-de-France, qu’elle ne comptait pas rouvrir les négociations salariales ni généraliser l’augmentation du SMIC au-delà du cadre légal.
Des critiques syndicales malgré l’annonce
Si l’initiative a été saluée par certains, elle n’a pas convaincu les syndicats, qui y voient une mesure insuffisante face aux difficultés de pouvoir d’achat. Sébastien Chauvin, délégué syndical central à la CFDT, a réagi en ces termes : « La disponibilité des actions dans trois ans ne répond pas aux problématiques de pouvoir d’achat immédiat, des fins de mois difficiles des salariés qui ont les plus bas salaires malheureusement. » Pour lui, cette annonce relève davantage d’un « bel effet d’annonce et beaucoup de com’ ».
Il a ajouté : « C’est bien d’avoir pensé à partager, mais ce serait bien aussi de temps en temps de revenir sur terre et de demander aux salariés ce dont ils ont vraiment besoin. » Une réunion intersyndicale est prévue jeudi 19 juin 2026 pour décider d’éventuelles futures mobilisations. La question reste donc ouverte : cette offre suffira-t-elle à apaiser les tensions, ou les salariés exigeront-ils des mesures plus immédiates ?
Avec un réseau de 1 902 magasins répartis dans le monde, Decathlon, filiale du groupe Mulliez (Auchan, Leroy Merlin, Kiabi, etc.), confirme ainsi sa volonté de partager la valeur créée avec ses employés. Une politique qui, malgré les critiques, s’inscrit dans une démarche historique de l’enseigne.
Cette mesure, baptisée « The Decathlon Seed », s’inscrit dans une stratégie d’actionnariat salarié historique pour le groupe. Elle vise à associer les employés à la valeur qu’ils créent, tout en renforçant leur engagement à long terme. Selon la direction, il s’agit d’un investissement structurel et non d’une réponse aux tensions sociales récentes.
Les actions seront bloquées pendant trois ans. Les salariés éligibles pourront en disposer à l’issue de cette période, à condition de toujours travailler au sein du groupe. Passé ce délai, le capital devient disponible pour ceux qui souhaitent le percevoir.