La plateforme Doctolib et la Fondation Jean-Jaurès ont publié une étude inédite sur les délais d’accès aux médecins en France. Selon Libération, qui rapporte leurs conclusions, ces délais se stabilisent globalement, mais masquent de fortes disparités entre les départements.

Ce qu'il faut retenir

  • Une hausse des délais dans la moitié des départements français, d’après l’étude Doctolib-Fondation Jean-Jaurès.
  • Les disparités territoriales restent marquées, avec des écarts importants entre zones urbaines et rurales.
  • L’analyse s’appuie sur les données de réservation de rendez-vous via la plateforme Doctolib.

Une stabilité globale, mais des écarts persistants

Les résultats de l’étude révèlent une tendance à la stabilisation des délais d’attente pour un rendez-vous médical en France. Selon Libération, cette stabilité concerne l’ensemble du territoire, sans dégradation notable par rapport aux années précédentes. Pourtant, derrière ce constat se cachent des réalités contrastées selon les régions.

Autant dire que la situation n’est pas uniforme. Dans près de la moitié des départements, les délais ont même augmenté, parfois de manière significative. Ces disparités s’expliquent en grande partie par l’inégale répartition des professionnels de santé sur le territoire, un phénomène bien connu mais toujours d’actualité.

Des facteurs structurels qui aggravent les inégalités

La concentration des médecins dans les grandes villes et les zones périurbaines explique en partie ces écarts. Les départements ruraux ou certaines zones déshéritées subissent des délais bien plus longs, parfois multipliés par deux ou trois par rapport à la moyenne nationale. Comme le précise l’étude, ces disparités reflètent les déséquilibres démographiques et économiques persistants en France.

Les spécialistes, en particulier, sont bien plus difficiles à consulter dans les zones éloignées des métropoles. Selon les données de Doctolib, les délais pour un cardiologue ou un ophtalmologue peuvent atteindre plusieurs semaines, voire des mois, dans certains départements. À l’inverse, les grandes villes bénéficient d’une offre médicale bien plus dense et accessible.

Une méthodologie basée sur les données de réservation

L’étude a été réalisée à partir des données anonymisées de plus de 30 millions de rendez-vous réservés sur Doctolib entre 2024 et 2025. Ces chiffres couvrent l’ensemble des spécialités médicales et des régions, offrant ainsi une photographie précise de l’accès aux soins en France. La Fondation Jean-Jaurès a apporté son expertise pour analyser ces données et en tirer des conclusions.

Les auteurs de l’étude soulignent que ces chiffres reflètent avant tout la demande des patients et l’offre disponible. Ils rappellent que la pandémie de Covid-19 a profondément bouleversé les habitudes de consommation médicale, avec des reports massifs de consultations et des tensions persistantes dans certains secteurs.

« Ces données confirment que l’accès aux soins reste un enjeu majeur de santé publique, avec des disparités qui ne se réduisent pas. Il est urgent d’agir pour corriger ces inégalités territoriales. »
— Un porte-parole de la Fondation Jean-Jaurès

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure une réflexion sur les politiques d’incitation à l’installation des médecins dans les zones sous-dotées. La loi de santé en discussion au Parlement prévoit des mesures pour renforcer l’attractivité de ces territoires, mais leur efficacité reste à démontrer. Une évaluation des dispositifs existants, comme les contrats d’engagement de service public, est attendue pour la fin de l’année 2026.

Reste à savoir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance. En attendant, les patients des départements les plus touchés par les longs délais devront composer avec cette réalité, faute de solutions immédiates.

L’étude ne cite pas de départements spécifiques, mais indique que les zones rurales et certaines régions comme la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie ou la Bourgogne-Franche-Comté sont particulièrement concernées. Les délais y dépassent souvent la moyenne nationale de plusieurs semaines.