Depuis le 7 juillet 2026, tous les véhicules neufs commercialisés en Europe sont équipés d’une caméra dédiée à l’analyse du regard du conducteur, comme le rapporte Frandroid. Cette obligation, issue d’un règlement européen entré en vigueur ce jour-là, vise à renforcer la sécurité routière en détectant les signes de fatigue ou de distraction au volant. Pourtant, certains propriétaires pourraient être tentés de masquer l’appareil, une pratique dont les conséquences juridiques et techniques restent méconnues.
Ce qu'il faut retenir
- Depuis le 7 juillet 2026, une caméra de surveillance du regard est obligatoire dans toutes les voitures neuves vendues en Europe.
- Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un règlement européen visant à réduire les accidents liés à la fatigue ou à la distraction.
- Masquer ou désactiver cette caméra pourrait exposer les propriétaires à des sanctions pénales et techniques.
- Les données recueillies par l’appareil sont protégées par le RGPD et ne peuvent être utilisées qu’à des fins de sécurité routière.
- Certains constructeurs proposent des solutions pour contourner partiellement son fonctionnement, mais cela reste encadré par la loi.
Une obligation européenne entrée en vigueur ce 7 juillet
L’obligation d’installer une caméra analysant le regard du conducteur dans les véhicules neufs est désormais une réalité en Europe. Cette mesure, prévue par le règlement européen UN R157, s’applique à tous les modèles commercialisés depuis le 7 juillet 2026, précise Frandroid. Son objectif est clair : détecter les signes de somnolence ou de distraction, deux causes majeures d’accidents mortels sur les routes. L’appareil, souvent intégré au tableau de bord ou près du rétroviseur, filme les yeux du conducteur pour évaluer son niveau d’attention et peut déclencher des alertes en cas d’anomalie.
Masquer la caméra : une tentation dangereuse et illégale
Face à cette nouveauté, certains propriétaires pourraient être tentés de masquer l’objectif avec du scotch, une solution a priori simple mais lourde de conséquences. Selon les experts cités par Frandroid, une telle pratique pourrait non seulement annuler la garantie du véhicule, mais aussi exposer son propriétaire à des poursuites pénales. En effet, désactiver ou altérer un système de sécurité homologué relève de la fraude et peut être sanctionné par une amende pouvant atteindre 750 euros, voire une immobilisation du véhicule en cas de contrôle routier. Par ailleurs, les assureurs pourraient refuser de couvrir un sinistre si la caméra a été altérée, avec des conséquences financières bien plus lourdes qu’un simple retrait de scotch.
Comment fonctionne-t-elle et que dit la loi ?
La caméra en question utilise des algorithmes d’intelligence artificielle pour analyser en temps réel les mouvements des yeux et des paupières du conducteur. « Elle repère les clignements prolongés, les regards trop longs vers un côté, ou encore la fermeture des yeux pendant plusieurs secondes », explique un porte-parole de l’Automobile Club Européen, cité par Frandroid. Les données collectées restent strictement encadrées : elles ne peuvent être stockées que localement dans le véhicule et ne sont pas transmises à des tiers, conformément au RGPD. En cas de détection de fatigue, le système peut émettre une alerte sonore ou visuelle, voire ralentir automatiquement le véhicule si le conducteur ne réagit pas.
Des solutions alternatives existent, mais avec des limites
Certains constructeurs proposent des systèmes permettant de réduire l’efficacité de la caméra sans la masquer totalement. Par exemple, des films transparents appliqués sur l’objectif peuvent atténuer sa précision, mais sans la rendre inopérante. « Ces solutions ne sont pas illégales en soi, mais elles peuvent être considérées comme une tromperie par les assureurs ou les autorités en cas d’accident », précise Frandroid. Autre option : désactiver partiellement le système via les paramètres du véhicule, une manœuvre qui reste risquée sur le plan juridique. En effet, la plupart des constructeurs interdisent toute modification des systèmes de sécurité sous peine de perdre la garantie constructeur.
Autant dire que les propriétaires ont tout intérêt à se familiariser avec le fonctionnement de cette caméra plutôt qu’à chercher à la contourner. Les constructeurs, eux, ont l’obligation légale de fournir une notice claire expliquant son utilité et ses limites. Une transparence qui pourrait, à terme, limiter les tentatives de fraude.
Cette mesure, bien que contraignante, s’inscrit dans une logique plus large de sécurité routière en Europe. Elle rappelle que les innovations technologiques, même discrètes, peuvent jouer un rôle clé pour réduire le nombre d’accidents. À l’heure où la distraction au volant reste la première cause de mortalité sur les routes, autant dire que cette caméra pourrait bien sauver des vies — à condition, bien sûr, d’être utilisée comme prévu.
Masquer ou désactiver cette caméra expose à une amende pouvant atteindre 750 euros, voire une immobilisation du véhicule lors d’un contrôle routier. Les assureurs pourraient également refuser de couvrir un sinistre si la caméra a été altérée, avec des conséquences financières bien plus lourdes.