Alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de déclencher une alerte sanitaire face à la résurgence d’Ebola en Afrique centrale, un professeur de virologie alerte sur le rôle de l’homme dans l’émergence de ce type de virus. Selon Ouest France, ce spécialiste souligne que les activités humaines, en modifiant les écosystèmes, favorisent la transmission de pathogènes animaux à l’homme.

Ce qu'il faut retenir

  • Une nouvelle épidémie d’Ebola est signalée en Afrique centrale, selon l’OMS.
  • Un virologue français met en avant le lien entre la dégradation des milieux naturels et l’émergence de virus comme Ebola.
  • Les activités humaines, notamment la déforestation et l’urbanisation, perturbent les habitats naturels des animaux réservoirs de virus.
  • L’OMS appelle à une réaction rapide pour endiguer la propagation de l’épidémie.

Une épidémie d’Ebola surveillée de près par l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé a confirmé, ce dimanche 17 mai 2026, la survenue d’une nouvelle flambée épidémique d’Ebola dans une région d’Afrique centrale. Bien que les détails précis sur le nombre de cas ou les zones touchées ne soient pas encore communiqués, l’OMS a déjà classé cette épidémie comme une « urgence sanitaire de portée internationale ». Cette décision intervient après plusieurs mois de surveillance accrue dans cette zone, où des cas suspects ont été signalés dès le début du mois de mai. Les autorités locales, soutenues par des équipes internationales, ont mis en place des protocoles stricts pour éviter une propagation incontrôlée du virus.

L’impact de l’homme sur l’environnement pointé du doigt

Interrogé par Ouest France, le professeur Jean-Marc Reynes, virologue au sein de l’Institut Pasteur, a expliqué que « les activités humaines, en particulier la déforestation et l’expansion des zones urbaines, jouent un rôle majeur dans l’émergence de virus comme Ebola ». Selon lui, « la destruction des habitats naturels des animaux réservoirs, comme les chauves-souris frugivores, force ces espèces à se rapprocher des populations humaines, augmentant ainsi les risques de transmission ». Le chercheur rappelle que ce phénomène n’est pas nouveau, mais que la situation s’aggrave avec l’intensification des pressions sur les écosystèmes.

Le professeur Reynes a également souligné que « la mondialisation des échanges et les déplacements humains accélèrent la propagation des virus une fois qu’ils ont franchi la barrière d’espèce ». Il insiste sur la nécessité de « prendre en compte ces facteurs environnementaux dans les stratégies de prévention des épidémies futures ».

« Il faut réagir très vite, car chaque jour de retard dans la réponse sanitaire peut coûter des vies. »
— Pr Jean-Marc Reynes, virologue à l’Institut Pasteur

Des précédents qui rappellent l’urgence d’agir

Cette alerte survient alors que le monde se souvient encore des épidémies d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, qui avaient fait plus de 11 000 morts. Si l’épidémie actuelle semble encore limitée, les experts craignent une propagation rapide si les mesures de contrôle ne sont pas appliquées rapidement. Les pays voisins ont déjà renforcé leurs systèmes de surveillance aux frontières, tandis que l’OMS a mobilisé des équipes spécialisées pour aider les autorités locales.

D’après les données disponibles, le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne ou d’un animal infecté. Les symptômes, qui apparaissent généralement entre 2 et 21 jours après l’exposition, incluent fièvre, vomissements et saignements internes. Le taux de mortalité, variable selon les souches, peut atteindre 90 % dans les cas les plus graves.

Et maintenant ?

Les prochaines 72 heures seront déterminantes pour contenir l’épidémie. L’OMS doit annoncer dans les prochains jours une mission d’experts sur le terrain pour évaluer la situation et coordonner les actions avec les gouvernements locaux. Une réunion d’urgence du Comité d’urgence de l’OMS est prévue pour le 20 mai afin de faire un point sur l’évolution de la situation et décider des mesures supplémentaires à mettre en place. En parallèle, les équipes médicales sur place multiplient les campagnes de sensibilisation pour informer les populations sur les gestes barrières et les symptômes à surveiller.

Cette épidémie rappelle une fois de plus l’importance de la prévention et de la vigilance face aux maladies émergentes. Comme le rappelle le professeur Reynes, « les virus ne connaissent pas de frontières, et c’est ensemble que nous devons agir pour éviter une crise sanitaire mondiale ».

Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique sévère. Les symptômes incluent fièvre élevée, douleurs musculaires, vomissements, diarrhée et saignements internes ou externes. La transmission se fait par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres fluides corporels d’une personne ou d’un animal infecté, vivant ou mort. Le virus ne se transmet pas par voie aérienne.