Le dessinateur et écrivain Jean-Marc Rochette, célèbre notamment pour sa bande dessinée Le Transperceneige, met en avant une idée originale dans son dernier ouvrage : l’introduction du jardinage dans les programmes scolaires. Cette proposition s’inscrit dans le cadre de la publication de « Le Festin de pierres », un récit à la fois intime et épique publié aux éditions des Étages, selon Franceinfo - Culture.
Ce qu'il faut retenir
- Un plaidoyer pour l’enseignement du jardinage, une discipline que Rochette juge essentielle pour reconnecter les jeunes avec la nature.
- Un livre hybride, mêlant autobiographie, histoire familiale et récits historiques, dont un épisode tragique : l’inondation de Grenoble en 1219.
- Un hommage à la vallée des Écrins, où l’auteur vit désormais, et à ses habitants, des paysans de montagne ayant traversé les deux guerres mondiales.
- Un témoignage sur les intempéries récentes, comme celles qui ont frappé le village de La Bérarde en 2024, symbole de la vulnérabilité des territoires alpins.
Dans « Le Festin de pierres », Jean-Marc Rochette ne se contente pas de raconter sa vie au cœur du massif des Écrins, en Isère. Il y dépeint aussi une philosophie de vie, où le temps s’écoule au rythme des saisons. « Dans cette vallée, le temps passe différemment d’en bas. En bas ça bouge, en haut ça ne bouge pas, on est au rythme des saisons et des plantations », explique-t-il. Face à cette relation apaisée avec la nature, l’écrivain en vient à une conclusion simple : « Il faudrait enseigner le jardinage à l’école. » Une proposition qui, pour lui, dépasse la simple technique agricole pour toucher à l’éducation environnementale et au bien-être.
Pourtant, Jean-Marc Rochette n’est pas un ermite. Bien au contraire. « Je me sens au centre du monde, et toute personne a un chemin infini à emprunter, à condition de commencer à marcher », confie-t-il. Cette vision d’un équilibre entre ancrage local et ouverture universelle traverse tout son livre. Elle s’incarne aussi dans son écriture, où se mêlent souvenirs personnels et grande Histoire. Car « Le Festin de pierres » n’est pas qu’un récit autobiographique : c’est une traversée des siècles, où l’auteur explore son héritage familial, celui de paysans ayant participé aux deux conflits mondiaux.
Un livre où l’intime rencontre l’épopée
Le récit de Jean-Marc Rochette est structuré en sept parties, chacune jouant le rôle d’un plat dans un menu gastronomique. « On déguste Le Festin de pierres comme le menu d’un restaurant étoilé », souligne l’auteur. Chaque section offre une saveur unique, entre mémoire, aventure et réflexion sur le temps qui passe. Parmi les épisodes marquants, celui de l’inondation de Grenoble en 1219, qui a littéralement submergé la ville médiévale. Un événement historique que l’auteur revisite avec une précision presque cinématographique, rappelant l’importance de la mémoire collective.
Mais le livre ne s’arrête pas aux époques révolues. Il s’ouvre aussi sur des réalités contemporaines, comme les intempéries qui ont ravagé en 2024 le village de La Bérarde. Un lieu emblématique, « mondialement connu sous le nom de la Mecque de l’alpinisme », précise Rochette. « Le point de départ de mon histoire, c’est le mélange de tous ces gens qui ont traîné dans cette vallée depuis le Moyen Âge jusqu’à maintenant. » Une phrase qui résume à elle seule l’ambition de son œuvre : tisser des liens entre les générations et les paysages.
Un héritage familial et une histoire de France
Derrière chaque ligne de « Le Festin de pierres », il y a une famille, celle des Rochette, des paysans de montagne dont l’histoire épouse celle de la France. « Ma famille représente une histoire française », confie Jean-Marc Rochette. « Ce sont des paysans de montagne, ils ont fait les deux guerres mondiales. » Une généalogie qui donne à son récit une dimension presque romanesque, où chaque détail compte. Le livre devient ainsi le miroir d’une époque, où les destins individuels croisent les grands mouvements de l’Histoire.
Pour l’auteur, cette dimension collective est essentielle. « La Bérarde est très connue, mondialement », rappelle-t-il. Pourtant, ce village isolé au fond des Alpes incarne aussi la fragilité des territoires. Les intempéries de 2024 en ont été une cruelle démonstration, rappelant que la beauté des montagnes va de pair avec des défis environnementaux toujours plus pressants. Une réalité que Jean-Marc Rochette, jardinier et observateur attentif, intègre naturellement dans son plaidoyer pour une éducation plus proche de la terre.
Ce livre, à la fois roman, mémorial et manifeste, confirme le talent de Jean-Marc Rochette pour captiver par les mots comme il l’a fait avec le dessin. Une œuvre qui, sans doute, trouvera écho auprès de ceux qui, comme lui, croient que la terre est le meilleur des maîtres.
L’auteur s’est inspiré de sa vie dans le massif des Écrins, de l’histoire de sa famille de paysans, ainsi que d’événements historiques marquants comme l’inondation de Grenoble en 1219 ou les intempéries de 2024 à La Bérarde, selon Franceinfo - Culture.