Depuis 2018, Daniel Macault transforme son exploitation viticole angevine en un écosystème mêlant vignes et arbres fruitiers. Une méthode inspirée des pratiques ancestrales, aujourd’hui revisitée pour lutter contre les effets du réchauffement climatique. Comme le rapporte Libération, cette approche, longtemps moquée, séduit désormais un nombre croissant de vignerons en Anjou.
Ce qu'il faut retenir
- Une exploitation de 64 hectares en conversion bio depuis 2018
- L’introduction d’abricotiers et de pommiers parmi les rangs de vignes
- Une technique traditionnelle réhabilitée face aux canicules de plus en plus fréquentes
- Des débuts difficiles marqués par des moqueries de la part des autres professionnels
- Une méthode qui pourrait inspirer d’autres vignobles confrontés au changement climatique
Une initiative née sous le signe du scepticisme
Daniel Macault, viticulteur en Anjou, n’a pas toujours eu la tâche facile. « Les premières années, on m’a traité de fou », confie-t-il. Pourtant, depuis son lancement en 2018, son domaine de 64 hectares, certifié bio, a progressivement adopté une approche innovante : planter des arbres fruitiers entre les rangs de vignes. Une stratégie inspirée des pratiques traditionnelles, abandonnées avec la modernisation de l’agriculture. Pour lui, cette méthode représente une réponse concrète aux défis posés par la hausse des températures, devenue une menace récurrente pour les vignobles.
« À l’époque, on nous disait que c’était contre-productif, que ça prendrait trop de place », explique-t-il. Pourtant, les résultats observés ces dernières années semblent donner raison à cette intuition. Les arbres, en plus de fournir une ombre bienvenue aux ceps, favorisent la biodiversité et limitent l’évaporation de l’eau dans les sols. Autant dire que la donne a changé.
Une technique adaptée aux enjeux climatiques
Les canicules de plus en plus intenses et précoces en Anjou ont poussé certains vignerons à repenser leurs méthodes. L’introduction d’arbres fruitiers, comme les pommiers ou les abricotiers, permet de créer un microclimat favorable aux vignes. Ces arbres, en plus de leur rôle protecteur, offrent une diversification des revenus pour l’exploitation. Une aubaine dans un secteur où les marges sont souvent serrées.
Selon Daniel Macault, cette approche s’inscrit dans une logique d’adaptation nécessaire. « Le climat change, et nous devons changer aussi », souligne-t-il. Les dernières années ont été marquées par des étés de plus en plus secs, avec des températures dépassant régulièrement les 35°C. Dans ces conditions, les vignes souffrent, et les rendements peuvent chuter. Les arbres, eux, jouent un rôle de brise-vent et de régulateur thermique, limitant les effets les plus néfastes des vagues de chaleur.
Une méthode qui gagne du terrain
Si Daniel Macault reste discret sur l’ampleur exacte de cette tendance, il confirme que d’autres vignerons angevins commencent à s’intéresser à cette pratique. « Aujourd’hui, certains viennent voir comment ça fonctionne chez nous », précise-t-il. Le phénomène, encore marginal, pourrait bien s’amplifier dans les années à venir, à mesure que les épisodes de sécheresse se multiplieront. Pour autant, cette transition ne se fait pas sans obstacles. La gestion des arbres, leur taille et leur entretien demandent un savoir-faire spécifique, que peu de viticulteurs maîtrisent encore pleinement.
« Ce n’est pas une solution miracle, mais une piste parmi d’autres », tempère-t-il. D’autres techniques, comme l’enherbement des sols ou l’utilisation de paillis, sont également testées dans la région. Mais pour Macault, l’association vigne-arbres présente un avantage décisif : elle s’appuie sur des ressources locales et renouvelables, sans recourir à des intrants chimiques.
Reste à voir si les autres vignobles suivront le mouvement, ou si cette pratique restera cantonnée à quelques pionniers.
Les arbres créent un microclimat favorable en réduisant la température au sol et en limitant l’évaporation. Ils protègent aussi les vignes des vents violents et favorisent la biodiversité, tout en offrant une diversification des cultures.