Dans les Côtes-d’Armor, à Champs-Géraux, au cœur de la forêt de Coëtquen, une initiative agricole inédite prend racine. Mathieu Plot, un entrepreneur local, a transformé cinq hectares de terres en une forêt nourricière, un modèle inspiré des écosystèmes forestiers naturels où coexistent 1 500 plants et 90 espèces végétales. Selon Ouest France, ce projet, considéré comme le premier du genre en France, vise à démontrer la viabilité d’une agriculture durable et diversifiée.

Ce qu'il faut retenir

  • Mathieu Plot a acquis 5 hectares de terres à Champs-Géraux, en Bretagne, pour y implanter une forêt alimentaire.
  • Le projet compte 1 500 plants répartis en 90 espèces différentes, un record en France.
  • L’objectif est de créer un écosystème autonome où les plantes s’entraident, réduisant ainsi les besoins en intrants chimiques.
  • La forêt de Coëtquen, d’une superficie de 2 500 hectares, sert de cadre à cette expérimentation pionnière.

Un modèle agricole inspiré de la nature

Mathieu Plot n’en est pas à son coup d’essai en matière d’agroforesterie. Depuis plusieurs années, il cultive des plantes pérennes, des arbres fruitiers et des arbustes comestibles en association avec des cultures annuelles. « L’idée est de reproduire un écosystème forestier, où chaque espèce trouve sa place », explique-t-il. Dans cette forêt alimentaire, les noyers côtoient les framboisiers, les chênes des amandiers, et les sous-bois abritent des plantes aromatiques comme le thym ou la mélisse. « Chaque plante a un rôle à jouer : certaines fixent l’azote dans le sol, d’autres attirent les pollinisateurs ou repoussent les parasites », précise-t-il.

Des bénéfices environnementaux et économiques

Selon l’agriculteur, ce système présente plusieurs avantages par rapport aux monocultures traditionnelles. D’abord, il limite l’érosion des sols et améliore leur fertilité grâce à la diversité des espèces. Ensuite, il réduit la dépendance aux engrais et pesticides, puisque les plantes s’autorégulent. Enfin, il offre une production étalée sur plusieurs saisons, avec des récoltes de fruits, de noix, de baies ou de champignons. « Une forêt alimentaire bien conçue peut générer des revenus toute l’année », souligne-t-il. Bref, l’enjeu est autant écologique qu’économique.

Un projet suivi de près par les acteurs locaux

Le lancement de cette forêt alimentaire a suscité l’intérêt des institutions agricoles et des associations environnementales en Bretagne. La Chambre d’Agriculture des Côtes-d’Armor a déjà manifesté son soutien, tandis que des formations sur l’agroforesterie sont organisées dans la région. « Nous suivons de près cette initiative, indique un porte-parole de la Chambre. Si les résultats sont concluants, nous pourrions proposer ce modèle à d’autres agriculteurs ». De son côté, Mathieu Plot collabore avec des chercheurs de l’INRAE pour évaluer la biodiversité et la productivité de son système.

Et maintenant ?

Dans les prochains mois, Mathieu Plot prévoit d’étendre sa forêt alimentaire à deux hectares supplémentaires, en y intégrant de nouvelles espèces comme les nashis ou les arbousiers. Une fois mature, le projet pourrait servir de site pilote pour des visites pédagogiques et des échanges avec d’autres porteurs de projets similaires en France. Une réunion d’information est d’ailleurs prévue en septembre 2026 pour présenter les premiers résultats aux agriculteurs et élus locaux.

Reste à voir si ce modèle, encore marginal en France, trouvera un écho auprès des politiques publiques et des consommateurs. Toujours est-il que l’expérience de Champs-Géraux ouvre une piste prometteuse pour l’agriculture de demain.

Selon Ouest France, le projet compte 90 espèces végétales, dont des arbres fruitiers (noyers, amandiers, noyers), des arbustes (framboisiers, cassissiers), des plantes aromatiques (thym, romarin) et des champignons. Certaines essences sont encore en cours de plantation.