À trois jours du second tour de l’élection présidentielle colombienne, prévu ce dimanche 22 juin, 99 guérilleros ont rendu les armes jeudi 19 juin dans le sud du pays. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la politique de « paix totale » menée par le gouvernement du président Gustavo Petro, premier chef d’État de gauche du pays. Selon Ouest France, ce geste symbolique marque une étape supplémentaire dans le processus de démobilisation engagé depuis l’arrivée au pouvoir de Petro en août 2022.
Ce qu'il faut retenir
- 99 guérilleros ont déposé leurs armes jeudi 19 juin dans le sud de la Colombie.
- Cette démarche s’inscrit dans la politique de « paix totale » du gouvernement Gustavo Petro.
- L’annonce intervient à trois jours du second tour de la présidentielle colombienne.
- Elle récompense les efforts de réconciliation menés depuis l’élection de Petro en 2022.
- Le scrutin présidentiel doit avoir lieu ce dimanche 22 juin 2026.
Un geste symbolique à l’approche de l’élection
Le dépôt des armes par les guérilleros survient à un moment clé de la campagne électorale. Gustavo Petro, dont le mandat repose en partie sur la promotion de la paix avec les groupes armés, mise sur cette avancée pour renforcer sa crédibilité. Selon Ouest France, cette initiative vise à montrer que les négociations avec les factions rebelles portent leurs fruits, malgré les critiques persistantes sur la lenteur du processus. « Ce geste illustre la volonté du gouvernement de tourner la page d’un conflit qui dure depuis plus de six décennies », a expliqué un analyste politique contacté par le quotidien.
Les guérilleros concernés opéraient principalement dans les régions du Cauca et du Nariño, des zones historiquement marquées par la présence des FARC avant leur démobilisation en 2016. Leur reddition s’ajoute à celle de plusieurs centaines d’anciens combattants ces derniers mois, même si des groupes dissidents continuent de défier l’autorité de l’État.
La « paix totale » au cœur du débat électoral
Le second tour de la présidentielle oppose Gustavo Petro, candidat du Pacte historique, à son adversaire de droite, Rodolfo Hernández. Ce dernier, qui a axé sa campagne sur la lutte contre l’insécurité, a récemment critiqué la stratégie de dialogue avec les groupes armés. « Le gouvernement joue avec le feu en relâchant la pression sur les guérilleros », a-t-il déclaré lors d’un meeting à Medellín. De son côté, Petro a défendu sa politique en soulignant les avancées concrètes, comme la libération de plusieurs otages ces derniers mois.
Les observateurs soulignent que l’élection de dimanche pourrait redéfinir l’avenir du processus de paix. Un échec de Petro risquerait de relancer les violences, tandis qu’une victoire de Hernández pourrait entraîner un durcissement des positions. « L’enjeu est de taille, car il ne s’agit pas seulement d’un scrutin, mais de la stabilité du pays », a rappelé un expert en relations internationales à Ouest France.
En attendant, la Colombie se prépare à un scrutin historique, où le choix entre continuité et rupture pourrait peser lourdement sur l’avenir du pays.
En plus des dissidents des FARC, l’Armée de libération nationale (ELN) reste le principal groupe de guérilla encore opérationnel. D’autres factions, comme l’État-majeur central (EMC) et les Clan del Golfo, bien que classés comme groupes criminels, entretiennent des liens avec l’insécurité persistante dans certaines régions.