Le 18 juin 1940, alors que la France venait de signer l'armistice avec l'Allemagne nazie, le général Charles de Gaulle lançait depuis Londres un appel historique pour poursuivre la lutte. Quatre-vingt-six ans plus tard, cet événement fondateur de la Résistance française a été commémoré ce vendredi au Mont-Valérien, haut lieu de la mémoire nationale, où le président Emmanuel Macron a rendu hommage aux combattants et aux résistants, selon France 24.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance depuis Londres un appel à poursuivre le combat contre l'Allemagne nazie, en opposition directe avec l'armistice signé par le maréchal Pétain.
  • Cet appel, diffusé sur les ondes de la BBC, marque le début de la France libre et de la Résistance extérieure.
  • Emmanuel Macron commémore cet événement au Mont-Valérien, symbole de la répression nazie et de la lutte pour la liberté.
  • La cérémonie rend hommage aux « morts pour la France » et aux résistants, 86 ans après les faits.
  • L'appel de 1940 reste un pilier de la mémoire nationale et de l'identité républicaine française.

Un appel qui a changé le cours de l'Histoire

Dans la soirée du 18 juin 1940, alors que l'armée française est écrasée et que le gouvernement du maréchal Pétain demande l'armistice, un général peu connu du grand public prend la parole depuis Londres. Charles de Gaulle, alors sous-secrétaire d'État à la Guerre, refuse la défaite et appelle ses compatriotes à continuer le combat. « La flamme de la résistance française ne doit pas et ne s'éteindra pas », déclare-t-il dans un discours improvisé, marquant ainsi la naissance symbolique de la France libre. Comme le rapporte France 24, ce discours, initialement peu relayé en France, deviendra un texte fondateur de la Résistance.

À Paris, le maréchal Pétain, chef du gouvernement, signe deux jours plus tard l'armistice avec l'Allemagne, plongeant le pays dans l'Occupation. De Gaulle, lui, forme à Londres les Forces françaises libres (FFL) et appelle à la résistance depuis l'étranger. Son appel du 18 juin, bien que peu entendu sur le moment, sera diffusé et amplifié par la suite, devenant un symbole de l'honneur et de la détermination française.

Le Mont-Valérien, lieu de mémoire et de recueillement

Pour commémorer cet événement, Emmanuel Macron s'est rendu au Mont-Valérien, à Suresnes, où près de 1 000 résistants et opposants politiques ont été fusillés par les nazis entre 1941 et 1944. Ce site, transformé en mémorial national après la guerre, incarne la répression subie par ceux qui ont refusé la collaboration. « C’est ici, sur cette colline, que des milliers de femmes et d’hommes ont donné leur vie pour que la France vive », a souligné le président, avant d’ajouter : « Leur combat n’a pas été vain, car la France est toujours debout. »

La cérémonie de ce 18 juin 2026 s'est tenue en présence de descendants de résistants, d'élus et de représentants des associations d'anciens combattants. Un dépôt de gerbes a eu lieu devant la stèle commémorative, en hommage aux « morts pour la France » et aux civils victimes de la répression. Selon France 24, cette commémoration s'inscrit dans une série d'événements visant à rappeler l'importance de la mémoire collective face à l'oubli.

Un héritage toujours vivant dans la mémoire nationale

L'appel du 18 juin 1940 reste un élément central de l'identité républicaine française. Il symbolise le refus de la soumission et la volonté de lutter pour la liberté, des valeurs qui ont inspiré des générations de Français. « Cet appel a montré que même dans les heures les plus sombres, l'espoir peut renaître », a rappelé un historien présent lors de la cérémonie. Aujourd’hui, son message résonne encore, notamment dans un contexte international marqué par de nouvelles menaces sur la démocratie.

Cependant, comme le soulignent certains observateurs, la mémoire de cet événement ne fait pas l'unanimité. Si de Gaulle est célébré comme un héros national, son rôle dans la Résistance intérieure a parfois été contesté. Certains historiens rappellent que la majorité des résistants étaient des anonymes, souvent issus de milieux modestes, dont les actions ont été décisives bien avant 1944. Bref, l'appel du 18 juin reste un symbole fort, mais il ne doit pas occulter la diversité des formes que la Résistance a prises sur le territoire français.

Et maintenant ?

Alors que les commémorations de la Seconde Guerre mondiale prennent une nouvelle dimension avec le recul du temps, les prochaines années pourraient voir émerger de nouvelles initiatives pour transmettre la mémoire de ces événements aux jeunes générations. Le ministère des Armées a déjà annoncé le lancement d'un programme pédagogique dans les écoles, prévoyant des rencontres avec des historiens et des descendants de résistants. Une exposition itinérante sur la France libre devrait également être organisée à partir de 2027, selon les annonces récentes. Reste à voir si ces initiatives parviendront à maintenir vivante la flamme de la résistance, alors que les derniers témoins directs de la guerre disparaissent progressivement.

L'appel du 18 juin 1940 n'est pas seulement un souvenir du passé. Il rappelle que la liberté se défend chaque jour, et que le courage de quelques-uns peut inspirer des millions de personnes. En ces temps où les démocraties font face à de nouveaux défis, son message conserve une actualité frappante.

À l'époque, les Français étaient sous le choc de la défaite et de l'occupation, et les médias contrôlés par le régime de Vichy ont minimisé voire censuré l'appel de De Gaulle. De plus, la BBC, qui diffusait le discours, n'était accessible qu'à une minorité de la population. Ce n'est qu'après la Libération que l'appel a été largement relayé et célébré comme un acte fondateur.