Une mission scientifique a débuté ce lundi 19 mai 2026 en Terre de Feu, dans le sud de l’Argentine, afin de capturer des rongeurs et d’évaluer leur rôle éventuel dans la propagation de l’hantavirus. Selon BMF - International, cette opération vise à infirmer l’hypothèse selon laquelle la souche « Andes » du virus, transmissible entre humains, aurait pu être contractée sur place, notamment par le « patient zéro », un Néerlandais ayant séjourné 48 heures à Ushuaïa avant d’embarquer à bord du navire de croisière Hondius en avril.
Dès la nuit du 18 mai, des biologistes originaires de Buenos Aires ont commencé à installer des dizaines de pièges métalliques rectangulaires dans plusieurs zones autour d’Ushuaïa, ainsi que dans le Parc national de la Terre de Feu, à 15 kilomètres de la ville. Jusqu’à 150 pièges devraient être déployés au total, selon une source sanitaire locale citée par l’AFP. L’objectif : déterminer si l’un des rongeurs capturés, comme le « raton colilargo » (Oligoryzomys longicaudatus) ou son éventuelle sous-espèce, le colilargo de Magellan (Oligoryzomys magellanicus), est porteur du virus. « Pour certains, il s’agit de la même espèce, pour d’autres d’une sous-espèce, mais l’important est d’analyser si l’un d’eux est infecté par l’hantavirus », a déclaré Juan Petrina, responsable des services d’épidémiologie de la province.
Ce qu’il faut retenir
- Une campagne de piégeage de rongeurs a débuté le 19 mai 2026 en Terre de Feu pour écarter l’hypothèse d’un foyer local d’hantavirus, selon BMF - International.
- Jusqu’à 150 pièges seront installés dans des zones boisées autour d’Ushuaïa et dans le Parc national de la Terre de Feu.
- Les autorités locales cherchent à prouver que la contamination du navire Hondius, où trois passagers sont décédés début mai, ne provient pas de l’île.
- Les rongeurs ciblés sont le raton colilargo (Oligoryzomys longicaudatus) ou sa sous-espèce, le colilargo de Magellan (Oligoryzomys magellanicus).
- Les résultats des analyses, réalisées dans un laboratoire à normes strictes de biosécurité, sont attendus dans quatre semaines.
- La province n’a pas enregistré de cas d’hantavirus depuis trente ans, selon les autorités sanitaires locales.
Une mission cruciale pour écarter le risque d’un foyer local
Cette campagne de piégeage s’inscrit dans un contexte d’urgence sanitaire. Depuis début mai, l’épidémie d’hantavirus à bord du Hondius, un navire ayant quitté Ushuaïa le 1er avril, a provoqué une alerte mondiale. Trois passagers néerlandais sont décédés, et des dizaines d’autres ont été confinés. Le « patient zéro », un Néerlandais, avait séjourné deux jours dans la capitale de la Terre de Feu avant son embarquement. Rapidement, l’hypothèse d’une contamination locale a été évoquée, malgré les dénégations des autorités provinciales.
« La province martèle depuis des semaines qu’elle n’a jamais connu de cas d’hantavirus », rappelle Sebastián Poljak, expert en mammifères locaux. Il souligne que l’archipel de la Terre de Feu, séparé du continent par le détroit de Magellan, abrite une population de rongeurs particulièrement isolée. « Cette barrière géographique limite grandement les échanges d’espèces, ce qui rend peu probable une contamination locale », explique-t-il. Pour les scientifiques locaux, le scénario le plus probable reste une infection du patient zéro dans une autre région d’Argentine, au Chili ou en Uruguay, où le virus est également présent.
Des pièges installés de nuit pour cibler un rongeur nocturne
Le colilargo, petit rongeur mesurant entre 6 et 8 centimètres (queue comprise pouvant atteindre 15 cm), est un animal nocturne se nourrissant de fruits et de graines. Il vit dans des écosystèmes boisés ou buissonneux, souvent dans des cavités de troncs. Pour maximiser les chances de capture, les pièges sont posés à la tombée de la nuit et relevés au petit matin, une méthode décrite par Juan Petrina. Une fois les animaux capturés, des échantillons de sang et de tissus seront prélevés dans un « centre de traitement aménagé selon des normes strictes de biosécurité », précise le ministère national de la Santé dans un communiqué.
Les prélèvements seront ensuite analysés par l’institut Malbrán, référence en infectiologie en Argentine. Les résultats, attendus d’ici « quatre semaines », pourraient apporter une réponse définitive sur la présence ou non du virus dans la faune locale. « Cette mission doit permettre d’éradiquer définitivement l’idée qu’il y a de l’hantavirus ici », insiste Poljak. « Aucun antécédent n’a jamais été enregistré en Terre de Feu. »
Une province en quête de crédibilité face au tourisme
La question dépasse le cadre scientifique. Ushuaïa, ville la plus australe du monde, vit au ralenti en cette période hivernale, mais les croisières estivales (de septembre à avril) attirent jusqu’à 200 000 visiteurs par an. Une rumeur de contamination locale pourrait avoir des répercussions économiques majeures. « Bien sûr que c’était personnel », vexé par sa 3e place au titre de MVP, Wembanyama s’est vengé sur OKC
Les autorités locales espèrent donc que la mission du Malbrán permettra de rassurer les touristes et de préserver l’image de la destination. Pour l’instant, l’inquiétude semble limitée parmi les habitants. « Zéro (inquiétude) ! Nous qui vivons à Ushuaïa ne sommes pas inquiets, car nous savons qu’il n’y a jamais eu d’hantavirus ici, et les touristes ne posent même pas de questions », témoigne Juan Cores, employé du « Train du Bout du Monde », une attraction touristique emblématique.
La Terre de Feu, terre d’aventure et de biodiversité, se retrouve ainsi sous le feu des projecteurs pour des raisons bien différentes de celles qui attirent habituellement les visiteurs. Reste à savoir si la science parviendra à dissiper les doutes avant la reprise des croisières dans quelques mois.
L’hantavirus est une maladie virale transmise principalement par l’inhalation d’aérosols contaminés par les déjections (urine, salive, excréments) de rongeurs infectés. La souche « Andes », présente en Argentine, peut également se transmettre d’humain à humain par contact direct. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et, dans les cas graves, une insuffisance respiratoire pouvant entraîner la mort.