Une enquête administrative menée dans l’Indre-et-Loire a abouti au blanchiment complet des entraîneurs Gina et Marc Chirilcenko, figures emblématiques du club de gymnastique d’Avoine-Beaumont, près de Chinon. Selon Franceinfo - Sport, les soupçons de violence et d’emprise portés à leur encontre n’ont pas été étayés par les investigations, mettant fin à une procédure entachée de polémiques.
Ce qu'il faut retenir
- Blanchiment total : Aucun élément ne permet de « caractériser un danger justifiant une interdiction ou restriction d’exercice » pour les deux entraîneurs, selon le Conseil départemental de la Jeunesse et des Sports.
- Enquête administrative : Lancée en juillet 2025 à la suite de trois signalements, elle a duré un an et inclus auditions, témoignages et visites inopinées du club.
- Suspension initiale : La Fédération française de gymnastique avait suspendu Marc et Gina Chirilcenko en juillet 2025, avant que cette mesure ne soit levée rétroactivement.
- Récompense sportive : Le club a remporté, dimanche 17 mai 2026, son cinquième titre de champion de France de gymnastique artistique féminine en six ans.
- Recommandations : Le Conseil départemental préconise un renforcement de la formation, un suivi psychologique des gymnastes et la mise en place d’un référent indépendant.
Une procédure administrative qui disculpe les entraîneurs
Le 12 juillet 2025, la Fédération française de gymnastique avait suspendu « à titre conservatoire » Marc et Gina Chirilcenko, invoquant des accusations d’« emprise » portées notamment par Kaylia Nemour, médaillée d’or olympique en 2024. Cette suspension les empêchait d’encadrer les gymnastes lors des stages nationaux et des compétitions internationales. Pourtant, après une année d’enquête, le Conseil départemental de la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports (SDJES) d’Indre-et-Loire a rendu un avis sans ambiguïté : « Aucun élément ne permet de caractériser un danger justifiant la prise d’une mesure d’interdiction ou de restriction d’exercice », indique le courrier officiel adressé aux deux entraîneurs.
L’enquête, lancée à la suite de trois signalements pour des faits « susceptibles de porter atteinte à la santé physique ou à la sécurité morale » des gymnastes, s’est appuyée sur un examen approfondi des témoignages, des pièces documentaires et de visites inopinées du club. Le document précise que les recommandations formulées ne concernent pas des manquements avérés, mais des pistes d’amélioration pour encadrer davantage la pratique sportive.
Kaylia Nemour, déclencheur d’une crise médiatique
Les accusations portées par Kaylia Nemour, ancienne protégée du couple d’entraîneurs, ont été au cœur de cette affaire. Dans un entretien accordé à L’Équipe en 2024, puis dans son livre L’Ombre de l’or publié le 4 décembre 2025, elle évoquait des « humiliations » et une « emprise » subie au sein du club d’Avoine-Beaumont. Ces déclarations, relayées massivement, avaient poussé la Fédération française à agir sans délai, malgré l’absence de plainte formelle.
Marc Chirilcenko, joint par Franceinfo - Sport, a réagi avec soulagement à cette clôture administrative. « L’enchaînement des faits et des dates dans le dossier démontre qu’il s’agit d’une opération concertée pour nuire au club », a-t-il déclaré, sans nommer explicitement Kaylia Nemour. Pour autant, cette affaire laisse des traces dans le milieu de la gymnastique française, où les questions de maltraitance et d’emprise psychologique restent des sujets sensibles.
Un club sous les projecteurs malgré les controverses
Malgré cette polémique, le club d’Avoine-Beaumont a continué de briller sur la scène sportive nationale. Dimanche 17 mai 2026, il a remporté son cinquième titre de champion de France de gymnastique artistique féminine (GAF) en six ans, un palmarès qui témoigne de la qualité de son encadrement. Le duo entraîne également Eléna Colas, 16 ans, l’une des grandes espoirs du sport français. Elle s’est illustrée cette année en remportant la médaille d’or au sol lors d’une étape de Coupe du monde à Osijek, et en décrochant deux médailles d’argent aux barres asymétriques et à la poutre.
Le club a d’ores et déjà annoncé des mesures pour aller plus loin que les recommandations du Conseil départemental. Désormais, un référent indépendant sera présent à chaque entraînement, une initiative qui vise à renforcer la transparence et la confiance entre les gymnastes, leurs familles et l’encadrement technique.
Cette enquête administrative met un point final à une année marquée par des accusations graves, mais aussi par la résilience d’un club dont le palmarès reste l’un des plus prestigieux de France. Si les ombres du passé s’éloignent, les questions sur la protection des jeunes sportifs persistent, rappelant l’importance d’un encadrement rigoureux et transparent.
La suspension avait été prononcée « à titre conservatoire » suite aux accusations d’« emprise » portées par Kaylia Nemour, médaillée d’or olympique en 2024, ainsi que par d’autres éléments portés à la connaissance de la Fédération. Aucune plainte formelle n’avait alors été déposée.