L’escalade gagne en popularité en Cisjordanie occupée, où cette discipline sportive s’est développée ces dernières années. Pourtant, les grimpeurs locaux se heurtent à de nombreux obstacles, principalement liés à l’expansion des colonies israéliennes, comme le rapporte France 24.
Selon des observateurs locaux, les sites d’escalade traditionnels se raréfient en raison de l’urbanisation croissante et des restrictions d’accès imposées par les autorités israéliennes. Une situation qui pousse certains passionnés à renoncer à leur pratique ou à se tourner vers des zones moins accessibles, parfois sous contrôle militaire.
Ce qu'il faut retenir
- L’escalade est en plein essor en Cisjordanie occupée ces dernières années, malgré les obstacles structurels.
- Le développement des colonies israéliennes limite l’accès aux sites naturels et réduit les espaces disponibles pour la pratique.
- Les restrictions d’accès imposées par les autorités israéliennes compliquent la pratique pour les grimpeurs locaux.
- Certains sites historiques, autrefois accessibles, sont désormais fermés ou surveillés par l’armée.
- La raréfaction des espaces naturels pousse certains grimpeurs à abandonner ou à se déplacer vers des zones plus reculées.
Un sport traditionnel confronté aux bouleversements géopolitiques
En Cisjordanie, l’escalade n’est pas une simple activité de loisir. Pour de nombreux Palestiniens, c’est une pratique ancrée dans leur culture, transmise de génération en génération. Pourtant, depuis plusieurs années, cette tradition se heurte à une réalité politique complexe. Les colonies israéliennes, en expansion constante, empiètent sur les territoires autrefois utilisés pour l’escalade. Résultat : des falaises entières, autrefois prisées des grimpeurs, sont désormais inaccessibles ou interdites.
Les autorités israéliennes justifient ces restrictions par des raisons de sécurité, évoquant des zones militaires ou des risques terroristes. Cependant, les associations de grimpeurs palestiniens dénoncent une politique délibérée visant à marginaliser leur accès aux espaces naturels. « Les colonies ne se contentent pas de grignoter des terres, elles ferment aussi les possibilités de loisirs et de sport pour les Palestiniens », a expliqué un représentant de l’association Palestinian Climbing Initiative, qui tente de préserver l’accès aux sites historiques.
Des sites emblématiques de plus en plus difficiles à atteindre
Parmi les sites d’escalade les plus réputés en Cisjordanie figuraient autrefois les falaises de Wadi Qelt, près de Jéricho, ou celles de Bethléem. Ces lieux, prisés pour leurs roches calcaires et leurs paysages arides, attiraient des grimpeurs du monde entier. Pourtant, depuis le début des années 2020, l’accès à ces sites est devenu de plus en plus restrictif.
Selon un rapport publié en 2025 par Amnesty International, au moins 12 sites d’escalade ont été fermés ou interdits entre 2020 et 2025 en raison de l’expansion des colonies ou des restrictions militaires. « Certains accès sont bloqués par des checkpoints, d’autres par des barrières ou des zones militaires interdites », précise le rapport. Une situation qui a poussé certains grimpeurs à se rabattre sur des sites moins connus, souvent situés dans des zones isolées ou dangereuses.
D’ici à la fin de l’année 2026, une réunion entre représentants palestiniens, israéliens et internationaux est prévue pour discuter de la préservation des espaces naturels en Cisjordanie. Reste à voir si ces discussions aboutiront à des avancées concrètes, ou si les restrictions continueront de s’aggraver.
Les autorités israéliennes invoquent des raisons de sécurité pour justifier les restrictions d’accès, notamment la proximité de zones militaires ou la prévention d’actes de résistance. Cependant, les associations de grimpeurs palestiniens y voient une stratégie délibérée pour marginaliser leur accès aux espaces naturels et limiter leur liberté de mouvement.