Une consultante en référencement SEO-GEO a failli perdre 700 euros après avoir été approchée par un faux recruteur se faisant passer pour un employé de Mistral AI. L’arnaque, qui cible les freelances, repose sur des offres d’emploi séduisantes et des procédures de recrutement semblant légitimes, explique Capital.
Ce qu'il faut retenir
- Une offre d’emploi à 270 000 euros par an, présentée comme un poste chez Mistral AI, a été proposée à une consultante expérimentée.
- Le faux recruteur, « Mathews McGowan », a utilisé une adresse mail et une signature en apparence authentiques.
- La victime a été invitée à transmettre des documents professionnels avant qu’un « juriste » ne lui demande un virement de 500 à 700 euros.
- Le ministère de l’Économie rappelle les signes avant-coureurs : offres trop attractives, demandes de paiement ou de données personnelles.
- Les escrocs modifient légèrement les noms et utilisent des plateformes professionnelles comme LinkedIn ou Teams pour gagner en crédibilité.
Chantal P., consultante en référencement avec trente ans d’expérience dans l’informatique, a partagé son témoignage sur LinkedIn après avoir été contactée par un certain « Mathews McGowan ». Ce dernier lui proposait un poste chez Mistral AI, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle, avec un salaire annuel compris entre 150 000 et 270 000 euros. Selon Capital, la proposition, bien que non sollicitée, a retenu son attention en raison de son profil et de l’envergure de l’offre.
« Je suis en train de passer la certification en référencement web en audit SEO-GEO, donc la proposition ne me paraissait pas mal », a-t-elle expliqué à TF1. Le salaire élevé, justifié par son expérience, n’a pas non plus éveillé ses soupçons. « Avec trente ans d’expérience dans l’informatique, ça pouvait quand même passer. » Le mail semblait professionnel, avec une adresse et une signature soignées, ce qui a achevé de la convaincre. Chantal P. s’est donc engagée dans un processus de recrutement en ligne, via la plateforme Teams, où un prétendu responsable des ressources humaines l’a interrogée pendant 45 minutes sur son parcours et ses compétences.
Pourtant, les premières alertes sont apparues lors de l’entretien. « Là où j’ai commencé à avoir un doute, c’est qu’à la fin de l’entretien il m’a dit : “Je vais transmettre votre dossier au manager de l’équipe” », raconte-t-elle. Le recruteur lui a ensuite demandé trois documents spécifiques liés à ses connaissances professionnelles. Ne maîtrisant pas ces supports, Chantal P. a utilisé une intelligence artificielle pour les générer. Une fois envoyés, les fichiers ont été refusés pour des raisons de format. Le faux recruteur lui a alors proposé de la mettre en relation avec un « juriste » censé l’aider à finaliser sa candidature. C’est à ce moment-là que la demande de paiement est intervenue : entre 500 et 700 euros, selon les échanges.
« Je me suis dit : “C’est quoi ça ?!” », se souvient la consultante. Sceptique, elle a tenté de négocier le montant à 200 euros, avant de couper court à toute communication. L’escroc a persisté en lui envoyant même ses coordonnées bancaires, liées à une agence située au Nigeria. « J’avais tous les red flags », confie-t-elle aujourd’hui. Selon Capital, l’un des recruteurs de Mistral AI porte effectivement le nom de « Mathew McGowan » — avec une orthographe légèrement différente, typique des techniques utilisées par les fraudeurs pour tromper leurs cibles.
Des arnaques qui se multiplient sur les réseaux professionnels
Les faux recrutements visant les freelances et les travailleurs indépendants connaissent une recrudescence, notamment sur les plateformes comme LinkedIn ou Indeed. Les escrocs exploitent la crédulité des victimes en utilisant des identités professionnelles, des logos d’entreprises reconnues et des processus de recrutement détaillés pour légitimer leurs demandes. « Les offres trop alléchantes, les salaires disproportionnés ou les procédures accélérées doivent immédiatement alerter », souligne un expert en cybersécurité cité par Capital.
Le ministère de l’Économie met en garde contre ces pratiques sur son site officiel. Les autorités rappellent trois règles essentielles pour éviter de tomber dans le piège : vérifier systématiquement l’existence de l’entreprise et du recruteur, ne jamais transmettre de données personnelles ou effectuer de virement, et signaler toute tentative d’escroquerie via la plateforme Pharos. « Toute demande de paiement, même minime, ou toute pression pour obtenir des informations confidentielles doit être considérée comme suspecte », insiste le ministère.
Comment reconnaître une fausse offre d’emploi ?
Plusieurs indices permettent de démasquer ces arnaques. D’abord, l’absence de demande officielle ou de publication de l’offre sur le site de l’entreprise. Ensuite, les erreurs d’orthographe dans les noms ou les adresses mail, comme le prénom « Mathews » au lieu de « Mathew » dans le cas de Mistral AI. Enfin, les demandes de documents professionnels inhabituelles ou les sollicitations pour des « frais de dossier » ou des « frais de formation » avant même un entretien concluant.
Les freelances, souvent en quête de missions, sont des cibles privilégiées en raison de leur autonomie et de leur méconnaissance des processus internes des grands groupes. « Les escrocs misent sur l’urgence et l’opportunité pour contourner la vigilance de leurs victimes », explique un consultant en sécurité informatique interrogé par Capital.
Cette affaire illustre une fois de plus l’ingéniosité des escrocs, capables de reproduire des procédures administratives crédibles. Elle rappelle aussi l’importance de la prudence dans un environnement professionnel de plus en plus numérique. Pour les victimes potentielles, la règle reste simple : en cas de doute, rompre le contact et vérifier l’information auprès de sources officielles.
Il est conseillé de vérifier l’authenticité de l’offre en contactant directement l’entreprise via ses canaux officiels, de ne jamais transmettre de données bancaires ou personnelles, et de signaler la tentative d’escroquerie sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur.