S’installer à l’étranger représente souvent un défi bien plus complexe que le simple fait de franchir une frontière. Entre la barrière linguistique, les démarches administratives et l’intégration dans un nouveau cercle social, l’expérience peut s’avérer ardue pour les expatriés. Selon Euronews FR, une étude récente menée par William Russell, spécialiste des assurances pour expatriés et télétravailleurs, révèle quels pays et villes du continent offrent les meilleures conditions d’accueil pour les étrangers souhaitant s’y installer durablement.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Islande arrive en tête des pays les plus accueillants au monde avec une note de 8,94/10, grâce à son taux d’emploi élevé (84,2 %) et sa confiance sociale.
  • Le Luxembourg se classe deuxième, avec plus de la moitié de sa population née à l’étranger, facilitant ainsi l’intégration.
  • La Suisse et l’Irlande figurent respectivement en cinquième et sixième position, avec des scores élevés d’ouverture des visas et de taux d’emploi pour les étrangers.
  • Côté villes, Zurich arrive en tête du classement mondial, suivie par Copenhague, Munich et Prague.
  • Les grandes métropoles comme Londres, Paris ou New York ne figurent pas dans le top 10, en raison notamment de leur taille et de leur densité.

Comme le souligne William Cooper, directeur et co-propriétaire de William Russell, « un endroit accueillant se définit davantage par la facilité à y construire sa vie une fois sur place que par la facilité d’y entrer ». Il ajoute que « l’accès à l’emploi, la disponibilité des soins de santé et la stabilité financière jouent un rôle réel dans le fait que les expatriés se sentent installés dans les six à douze premiers mois ». Ces facteurs, souvent décisifs, peuvent faire basculer une installation temporaire vers un projet de vie durable.

Une méthodologie rigoureuse pour évaluer l’accueil des expatriés

L’étude, menée par William Russell, a passé au crible les données de plusieurs organismes internationaux, dont l’enquête Expat Insider d’InterNations, l’OCDE, la Banque mondiale, le Global Peace Index et Henley Global. Six critères principaux ont été retenus pour établir le classement : l’expérience globale des expatriés, la taille de la population migrante, le taux d’emploi des personnes nées à l’étranger, les attitudes de la population locale envers les immigrés, le niveau de sécurité et l’ouverture des politiques de visa.

Avec un score global de 8,94/10, l’Islande s’impose comme le pays le plus accueillant au monde. Ce résultat s’explique par un taux d’emploi particulièrement élevé parmi les étrangers (84,2 %), des opportunités professionnelles nombreuses, des démarches administratives simplifiées et un niveau de confiance sociale remarquable. Le Luxembourg, deuxième du classement, se distingue par sa forte proportion de résidents étrangers : plus de la moitié de sa population est née hors du pays. Cette diversité se traduit par des infrastructures adaptées (banques, logements) et un environnement multilingue, favorisant l’intégration des nouveaux arrivants.

La Suisse complète le podium européen en se classant cinquième mondial, avec un score d’ouverture des visas de 93/100 et un taux d’emploi des étrangers de 77,1 %. L’Irlande, juste derrière, est suivie par un trio de pays européens : la Tchéquie, le Portugal et l’Autriche. Ces destinations misent sur des politiques d’accueil inclusives, une qualité de vie élevée et des écosystèmes professionnels dynamiques.

Zurich, Copenhague et Munich en tête des villes les plus accueillantes

Pour identifier les villes les plus accueillantes, William Russell s’est appuyé sur les données du Happy City Index et de Numbeo. Les critères retenus incluaient le bien-être, la sécurité et l’amabilité des habitants. Sans surprise, Zurich arrive en tête du classement avec un score de 9,06/10, grâce à son niveau de sécurité élevé (76,7) et un faible niveau de « friction sociale » (24,9).

En Europe, Copenhague se classe quatrième, suivie par Munich (cinquième), Prague (sixième) et Varsovie (huitième). Ces villes offrent un équilibre entre qualité de vie, stabilité économique et ouverture culturelle. À l’inverse, des métropoles comme Londres, Paris ou New York ne figurent pas dans ce top 10. Selon l’étude, leur taille et leur densité renforcent le sentiment d’anonymat, rendant plus difficile la création de liens sociaux et professionnels.

Parmi les autres villes européennes citées dans le classement, Amsterdam et Berlin pourraient figurer parmi les destinations prisées, bien qu’elles n’apparaissent pas explicitement dans le top 10 publié. Leur attractivité repose sur des écosystèmes entrepreneuriaux dynamiques et une scène culturelle riche, mais elles peinent parfois à offrir le même niveau de stabilité administrative que des villes comme Zurich ou Copenhague.

Et maintenant ?

Les critères d’accueil des expatriés pourraient évoluer dans les années à venir, notamment sous l’effet des politiques migratoires européennes et des tensions géopolitiques. Plusieurs pays, dont la France, étudient actuellement des réformes visant à simplifier les démarches administratives pour les travailleurs étrangers. D’autres, comme le Portugal, misent sur des programmes « golden visa » pour attirer les investisseurs. Reste à voir si ces mesures suffiront à modifier significativement le classement des pays et villes les plus accueillants d’ici 2027.

Pourquoi ces destinations séduisent-elles autant les expatriés ?

L’attractivité de ces pays et villes ne repose pas uniquement sur des critères économiques ou sécuritaires. Leur succès s’explique aussi par des politiques publiques volontaristes et une culture de l’intégration bien ancrée. À titre d’exemple, le Luxembourg et la Suisse ont mis en place des programmes d’accompagnement linguistique et professionnel pour les nouveaux arrivants, réduisant ainsi les obstacles à l’installation. En Irlande, l’anglais, langue largement parlée, facilite grandement la communication pour les expatriés francophones ou hispanophones.

En Islande, la petite taille de la population et la faible densité favorisent les interactions sociales, un atout majeur pour les étrangers en quête de contacts humains. De plus, le pays mise sur une politique d’immigration transparente et une société très homogène, où les normes culturelles sont clairement définies. Ces éléments contribuent à créer un environnement où les expatriés se sentent rapidement intégrés, voire « chez eux » plus rapidement qu’ailleurs.

À l’inverse, les grandes métropoles comme Paris ou Londres, bien que dynamiques sur le plan économique, peinent à offrir cette dimension humaine. Leur taille et leur densité peuvent donner l’impression d’une vie urbaine anonyme, où les relations se limitent souvent à des échanges professionnels ou transactionnels. Pour les expatriés, ce manque de proximité peut freiner leur installation à long terme.

Les défis persistants pour les expatriés en Europe

Malgré ces classements encourageants, des défis subsistent. La barrière linguistique reste un obstacle majeur dans certains pays, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, où la maîtrise de la langue locale est souvent exigée pour accéder à certains emplois ou services publics. Les démarches administratives, bien que simplifiées dans des pays comme la Suisse ou le Luxembourg, peuvent encore représenter un casse-tête pour les nouveaux arrivants, notamment en matière de reconnaissance des diplômes ou d’accès au logement.

Un autre enjeu concerne la stabilité des politiques migratoires. Certains pays, comme le Portugal, ont récemment durci leurs critères pour l’obtention des « golden visa », tandis que d’autres, comme la Hongrie, ont adopté des lois restrictives. Ces évolutions peuvent impacter la décision des expatriés, qui privilégient désormais des destinations offrant une sécurité juridique à long terme.

L’étude s’appuie sur six critères : l’expérience globale des expatriés, la taille de la population migrante, le taux d’emploi des personnes nées à l’étranger, les attitudes de la population locale envers les immigrés, le niveau de sécurité et l’ouverture des politiques de visa. Les données proviennent de sources comme l’enquête Expat Insider d’InterNations, l’OCDE, la Banque mondiale et le Global Peace Index.

Selon l’étude, leur taille et leur densité renforcent le sentiment d’anonymat, rendant plus difficile la création de liens sociaux et professionnels. Les auteurs soulignent que ces villes, bien que dynamiques économiquement, peinent à offrir une intégration aussi fluide que des destinations comme Zurich ou Copenhague.