Les compagnies aériennes tirent la sonnette d’alarme face à des comportements jugés de plus en plus dangereux lors des évacuations d’urgence. Filmer la scène avec son téléphone ou tenter de récupérer ses bagages peut ralentir l’évacuation et mettre des vies en danger. Selon Capital, cette problématique persiste malgré les consignes répétées de l’équipage, comme le rapporte BFM TV.
Ce qu'il faut retenir
- Seuls 61 % des passagers savent qu’il faut laisser tous leurs effets personnels derrière eux en cas d’évacuation.
- Filmer ou utiliser son téléphone pendant une évacuation peut créer des embouteillages dangereux et distraire les passagers.
- Les conséquences incluent le blocage des allées, des issues de secours, ou l’endommagement des toboggans d’évacuation.
- L’Iata et les régulateurs américains (FAA) et européens (EASA) lancent une campagne de prévention intitulée « Sauvez une vie, pas un bagage ».
- Des mesures plus strictes, comme des amendes ou des dispositifs techniques, pourraient être mises en place si les comportements ne changent pas.
Des réflexes persistants malgré les risques
L’Association internationale du transport aérien (Iata) souligne que le fait de vouloir emporter des bagages lors d’une évacuation n’est pas un phénomène nouveau. Pourtant, les images et reportages diffusés sur les réseaux sociaux et dans les médias montrent que le risque reste bien réel. « Le fait que des passagers emportent des bagages lors d'une évacuation d'avion n'est pas un phénomène nouveau. Cependant, les vidéos et les reportages diffusés sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels continuent de démontrer que le risque demeure bien réel », a rappelé l’organisation.
L’Iata met également en garde contre l’usage du téléphone en situation d’urgence. « Utiliser son téléphone ou s'arrêter pour filmer les événements peut créer des embouteillages dangereux et distraire les passagers, les empêchant ainsi d'évacuer rapidement », a-t-elle ajouté. Autant dire que ces comportements, bien que compréhensibles, peuvent avoir des conséquences dramatiques en cas de nécessité d’évacuer rapidement.
Des conséquences concrètes et immédiates
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon une étude citée par les acteurs du secteur, seuls 61 % des passagers savent qu’ils doivent laisser tous leurs effets personnels derrière eux en cas d’évacuation. Pourtant, les conséquences de ces comportements peuvent être lourdes. « Lors d'une évacuation, cela peut bloquer les allées et les issues de secours, ralentir les autres passagers, endommager les toboggans d'évacuation et mettre des vies en danger », a insisté l’Iata. Et d’ajouter : « Lors d'une évacuation d'avion, chaque seconde compte. Les passagers doivent suivre les consignes de l'équipage, se déplacer rapidement et laisser tous leurs effets personnels à bord ».
Les risques ne sont pas théoriques. En cas de fumée, de feu ou d’un autre danger nécessitant une évacuation, chaque seconde compte. Les passagers qui s’attardent pour récupérer un bagage ou filmer la scène ralentissent l’ensemble du processus, ce qui peut avoir des conséquences fatales.
Une campagne de sensibilisation et des mesures coercitives envisagées
Face à la persistance de ces comportements, l’Iata, en collaboration avec les régulateurs américains (FAA) et européens (EASA), a lancé une campagne de prévention intitulée « Sauvez une vie, pas un bagage ». L’objectif est de rappeler les bons réflexes via des contenus pédagogiques diffusés auprès du grand public. Cependant, la pédagogie pourrait ne pas suffire à elle seule.
« Si nous ne constatons pas les changements de comportement que nous attendons, nous devrons être un peu plus draconiens », a averti Nick Careen, vice-président exécutif en charge des opérations, de la sécurité et de la sûreté de l’Iata. Parmi les pistes évoquées, des amendes en cas de comportement à risque, voire des dispositifs techniques empêchant l’ouverture des coffres à bagages pendant les phases critiques d’évacuation sont envisagés. Ces mesures, si elles sont mises en place, marqueraient une rupture avec les pratiques actuelles et soulèvent des questions sur leur faisabilité.
Un problème qui dépasse les frontières
Ce phénomène n’est pas limité à un seul pays ou région. Les compagnies aériennes du monde entier sont confrontées à ce défi. Les régulateurs, conscients de l’urgence, travaillent en étroite collaboration avec l’Iata pour harmoniser les pratiques et renforcer la sécurité. Pourtant, les habitudes des passagers restent difficiles à changer. Les images de passagers filmant leur propre évacuation ou tentant de récupérer leurs affaires circulent encore massivement sur les réseaux sociaux, malgré les appels répétés à la prudence.
Les compagnies aériennes rappellent que les consignes de sécurité ne sont pas optionnelles. Elles sont conçues pour protéger la vie des passagers et des équipages. Ignorer ces consignes, même par inadvertance, peut avoir des conséquences irréversibles. C’est pourquoi l’Iata insiste sur l’importance de la formation et de la sensibilisation, dès le processus d’embarquement.
Pour l’heure, les passagers sont invités à se familiariser avec les consignes de sécurité affichées à l’arrière des sièges et à suivre scrupuleusement les instructions de l’équipage. Car en avion, comme dans bien d’autres domaines, la prudence n’est jamais superflue.
Selon Capital, des amendes pourraient être appliquées en cas de comportement à risque. Les montants et les modalités ne sont pas encore précisés, mais l’Iata et les régulateurs étudient des mesures coercitives pour renforcer la sécurité.
En cas d’évacuation, les consignes sont généralement données par l’équipage via les haut-parleurs et les panneaux lumineux. Les passagers doivent laisser tous leurs effets personnels à bord, se déplacer rapidement vers les issues de secours, et suivre les instructions sans s’arrêter pour filmer ou récupérer des bagages.