D’après Libération, le cinéaste américain Jordan Firstman présente cette année à Cannes son nouveau film, « Club Kid », une comédie noire où il incarne un trentenaire en pleine déchéance, organisateur de soirées et consommateur régulier. L’intrigue prend un tournant inattendu lorsque ce personnage découvre l’existence d’un fils dont il doit soudainement s’occuper. Une histoire qui oscille entre satire sociale et portrait d’une génération en quête de sens, mais qui peine à convaincre au-delà de son effet immédiat.

Ce qu'il faut retenir

  • Le réalisateur et acteur Jordan Firstman tient le rôle principal dans « Club Kid », présenté en compétition officielle à Cannes 2026
  • Le film suit un trentenaire organisateur de soirées, sous influence de substances, découvrant l’existence d’un fils dont il doit s’occuper
  • Une comédie noire qui mêle absurde et désillusion, selon les premiers retours de la presse
  • Le personnage principal, d’abord focalisé sur sa vie nocturne, se voit contraint de faire face à une responsabilité parentale imprévue
  • Le ton du film est jugé comme un simple divertissement, sans ambition artistique marquante

Un film ancré dans l’univers des nuits new-yorkaises

Comme le rapporte Libération, « Club Kid » plonge le spectateur dans l’univers des soirées new-yorkaises des années 2020, où excès et recherche de sensations fortes rythment le quotidien du personnage principal. Jordan Firstman, connu pour ses prises de position provocatrices sur les réseaux sociaux, transpose ici son expérience personnelle dans un récit où la frontière entre réalité et hallucination devient floue. Le film s’inscrit ainsi dans une veine que certains critiques qualifient de « cinéma de la déglingue », où les excès mènent à une remise en question brutale.

Le choix de l’acteur-réalisateur pour incarner ce rôle n’est pas anodin. D’abord reconnu pour ses interventions humoristiques et acides, Firstman explore ici une facette plus sombre de sa personnalité. Le personnage, à la fois pathétique et attachant, navigue entre un ego surdimensionné et une vulnérabilité qui transparaît au fil du récit. Autant dire que le film mise sur un contraste entre l’énergie des scènes de club et la morosité des moments de lucidité forcée.

Une intrigue qui bascule dans l’inattendu

L’élément déclencheur du film survient lorsque le protagoniste apprend l’existence d’un enfant dont il ignorait jusqu’alors l’existence. Ce revirement, à mi-parcours du récit, impose une rupture tonale : d’une comédie centrée sur l’excès, l’histoire bascule dans une dimension plus intime, voire dramatique. Selon les premières projections, cette transition est traitée avec un mélange d’ironie et de sérieux, sans que le film ne parvienne à trouver un équilibre stable entre les deux registres.

Les critiques présents lors des avant-premières soulignent que cette bifurcation narrative, bien que surprenante, reste trop abrupte pour être pleinement convaincante. « Club Kid » oscille alors entre un humour potache, inspiré des codes des films de Larry Clark ou Gus Van Sant, et une tentative de réflexion sur la paternité et les responsabilités. Bref, le résultat donne l’impression d’un film qui hésite entre deux genres sans en maîtriser aucun.

Un film qui se regarde… mais ne marque pas

Comme le souligne Libération, le long-métrage se laisse voir sans grande difficulté, porté par un rythme soutenu et des dialogues percutants. Cependant, son principal défaut réside dans son manque de profondeur. Le film ne dépasse jamais le stade du divertissement superficiel, malgré ses prétentions à dépeindre une génération en perdition. Les scènes de débauche, les dialogues cinglants et les situations rocambolesques s’enchaînent sans laisser de trace durable dans l’esprit du spectateur.

Les performances des acteurs, bien que solides, peinent à sauver une intrigue qui peine à justifier sa propre existence. Le personnage de Firstman, censé représenter une certaine « génération K-hole » – un terme popularisé pour désigner l’état de dissociation provoqué par une consommation excessive de substances – finit par apparaître comme un simple archétype sans nuances. Le film, en définitive, reste un produit de son époque, mais sans la force nécessaire pour en faire une œuvre mémorable.

Et maintenant ?

« Club Kid » pourrait bénéficier d’un effet de buzz post-Cannes, notamment grâce à la notoriété de son réalisateur et à son sujet d’actualité. Cependant, à moins d’une réception critique exceptionnelle – peu probable au vu des premiers retours –, le film devrait rapidement disparaître des écrans après sa sortie en salles, prévue pour l’automne 2026. Reste à voir si une plateforme de streaming pourrait racheter les droits pour une exploitation plus large, comme cela a été le cas pour d’autres productions issues du festival.

Le film soulève malgré tout une question centrale : dans un paysage cinématographique saturé de récits sur la déchéance et la quête de sens, « Club Kid » apporte-t-il quelque chose de nouveau ? Ou n’est-il qu’un énième exemple de cette tendance à mélanger provocation et superficialité ? La réponse dépendra sans doute de la manière dont le public, et non la critique, percevra cette œuvre.

Jordan Firstman est un cinéaste et acteur américain né en 1985, connu pour ses interventions virales sur les réseaux sociaux et ses prises de position controversées. Avant « Club Kid », il a réalisé plusieurs courts-métrages et participé à des projets télévisuels, mais il reste surtout reconnu pour ses vidéos humoristiques et ses prises de parole engagées, souvent polémiques.