Un projet cinématographique oublié depuis plus de cinquante ans retrouve une seconde jeunesse à Cannes. « Once Upon a Time in Harlem », réalisé à l’origine par William Greaves en 1972, est présenté en séance spéciale dans le cadre de la 79e édition du Festival. Le documentaire, aujourd’hui finalisé par son fils David Greaves, offre un regard unique sur la Harlem Renaissance et ses figures majeures. Selon Libération, cette œuvre posthume s’impose comme l’une des révélations de la sélection cannoise.
Ce qu'il faut retenir
- Le documentaire « Once Upon a Time in Harlem » a été initié en 1972 par le cinéaste afro-américain William Greaves, puis monté et achevé par son fils, David Greaves.
- Ce projet inabouti rend hommage aux figures emblématiques de la Harlem Renaissance, mouvement culturel et intellectuel majeur des années 1920-1930.
- Le film est projeté en séance spéciale à Cannes 2026, où il suscite un vif intérêt critique.
- Le montage des rushes originaux a permis de donner une nouvelle vie à ce documentaire historique.
Un projet cinématographique né il y a plus de cinquante ans
En 1972, William Greaves, réalisateur afro-américain reconnu pour son engagement en faveur des droits civiques, convoque les acteurs et penseurs de la Harlem Renaissance dans un dernier hommage cinématographique. Son intention ? Capturer l’héritage de cette période faste où Harlem était le cœur battant de la culture noire américaine. Le projet, cependant, reste inachevé. D’après Libération, les rushes tournés à l’époque sont aujourd’hui compilés et montés par son fils, David Greaves, offrant ainsi une vision posthume de l’œuvre paternelle.
Le documentaire s’inscrit dans la continuité des travaux de William Greaves, connu pour ses films engagés comme « Symbiopsychotaxiplasm: Take One » (1968). Ce nouvel opus, bien que tardif, s’impose comme un témoignage précieux sur une époque charnière pour la communauté afro-américaine.
La Harlem Renaissance, un mouvement culturel et politique
La Harlem Renaissance désigne une effervescence intellectuelle, littéraire et artistique qui émerge dans le quartier de Harlem, à New York, au début du XXe siècle. Parmi ses figures les plus illustres figurent Langston Hughes, Zora Neale Hurston, Duke Ellington ou encore W.E.B. Du Bois. Ce mouvement, à la fois culturel et politique, a joué un rôle clé dans la remise en question des stéréotypes raciaux et dans l’affirmation de l’identité noire.
« Once Upon a Time in Harlem » plonge le spectateur dans cet univers en utilisant des archives rares et des entretiens inédits. David Greaves a indiqué à Libération que ce documentaire visait à « redonner une voix à ceux qui ont façonné notre histoire ». Le résultat est un film à la fois pédagogique et galvanisant, où se mêlent musique, littérature et combats sociaux.
Une œuvre posthume saluée par la critique cannoise
À l’affiche de Cannes 2026 dans le cadre d’une séance spéciale, « Once Upon a Time in Harlem » est salué par les critiques pour son audace formelle et son propos historique. Libération souligne que le film « fourmille d’idées et de références », tout en offrant une immersion dans une époque où l’art et l’engagement politique ne faisaient qu’un. La projection a suscité un vif intérêt, certains journalistes évoquant même une « plongée revigorante dans le passé ».
Pour David Greaves, ce documentaire représente bien plus qu’un hommage familial : « C’est une manière de montrer que l’histoire de la Harlem Renaissance est toujours vivante, toujours pertinente ». Le film est présenté en version restaurée, avec une bande-son enrichie par des archives musicales de l’époque.
Le documentaire « Once Upon a Time in Harlem » rappelle que certaines histoires méritent d’être racontées, même des décennies plus tard. À travers le prisme de la Harlem Renaissance, il offre une fenêtre sur un passé qui continue de façonner l’identité culturelle afro-américaine – et bien au-delà.