Présenté en compétition officielle lors de la 79e édition du Festival de Cannes, *Coward*, le nouveau long-métrage du cinéaste belge Lukas Dhont, explore une idylle improbable dans l’enfer des tranchées en 1916. Selon Libération, cette œuvre, marquée par une esthétique soignée, interroge davantage la forme que le fond, peinant à apporter une réflexion profonde sur l’amour ou le conflit.

Ce qu'il faut retenir

  • Coward est le troisième film de Lukas Dhont, après Girl (2018) et Close (2022), tous deux primés à Cannes.
  • L’intrigue se déroule en 1916, dans un contexte de Première Guerre mondiale, sur les lignes de front.
  • Le film met en scène une relation amoureuse entre deux soldats, thème peu exploité au cinéma.
  • L’esthétique du film, souvent qualifiée de « très appliquée », domine la narration selon les critiques.
  • Les débats portent sur l’équilibre entre la beauté formelle et la substance du récit.

Une œuvre ambitieuse aux limites narratives

Avec *Coward*, Lukas Dhont s’attaque à un sujet complexe : la représentation de l’amour dans un contexte de guerre. Comme le rapporte Libération, le film suit le parcours de deux soldats ennemis dont les lignes de front se rapprochent, permettant une rencontre improbable. Cette trame, a priori riche en émotions et en tension, peine pourtant à convaincre selon plusieurs critiques présents à Cannes. Autant dire que la beauté visuelle, souvent saluée, ne suffit pas à masquer un scénario qui reste en surface.

Le cinéaste belge, déjà connu pour son approche sensible des thèmes LGBTQ+ dans Girl et Close, tente ici une nouvelle fois de mêler intimité et contexte historique. Pourtant, le résultat est inégal. Les décors de tranchées, reconstitués avec un souci du détail notable, contrastent avec un récit qui semble hésiter entre drame et mélodrame, sans jamais trancher. Bref, *Coward* joue avec les codes du cinéma de guerre, mais sans toujours les assumer pleinement.

Une esthétique soignée au service d’un récit en demi-teinte

D’après les premiers retours de la presse internationale, *Coward* se distingue avant tout par sa photographie et sa direction artistique. Lukas Dhont et son directeur de la photographie, déjà collaborateurs sur Close, ont opté pour des plans contemplatifs, des lumières tamisées et une palette de couleurs volontairement sombre. Cette esthétique, parfois qualifiée de « très appliquée » par Libération, rappelle les choix visuels du cinéma d’auteur contemporain, mais elle semble ici prendre le pas sur le fond.

Les scènes d’action, bien que réalistes, restent secondaires face à la volonté du réalisateur de capturer l’émotion des personnages. Pourtant, les dialogues et les développements psychologiques peinent à émerger. Le film donne l’impression d’un travail sur la forme qui néglige la substance, laissant le spectateur sur sa faim. Certains critiques soulignent que *Coward* ressemble davantage à une étude de mise en scène qu’à une œuvre aboutie.

Un sujet historique peu exploité, mais traité avec prudence

La Première Guerre mondiale a inspiré de nombreuses œuvres cinématographiques, du classique *La Grande Illusion* de Jean Renoir aux plus récents *1917* de Sam Mendes. Pourtant, le traitement des relations amoureuses dans ce contexte reste rare. Lukas Dhont choisit de se concentrer sur ce point précis, en situant son récit entre deux lignes ennemies. Une idée originale, qui aurait pu donner lieu à une réflexion profonde sur la nature humaine en temps de guerre.

Malheureusement, le film reste prisonnier de ses choix esthétiques. Les scènes de combat, bien que bien chorégraphiées, sont reléguées au second plan, comme si le réalisateur craignait de heurter la sensibilité du public. Résultat : un équilibre fragile entre émotion et action, qui ne parvient pas à s’imposer. On peut se demander si cette prudence n’a pas finalement étouffé le récit.

Et maintenant ?

Le sort de *Coward* à Cannes dépendra en grande partie des réactions du public et des jurés. Si le film pourrait séduire les amateurs de cinéma d’auteur pour sa photographie, il risque de décevoir ceux qui attendent une œuvre plus engagée sur le plan narratif. Les prochaines projections, ainsi que la réaction de la critique française et internationale, seront déterminantes pour son avenir en salles. Une sortie en Belgique et en France est déjà envisagée pour l’automne 2026, sous réserve des décisions des distributeurs.

Avec *Coward*, Lukas Dhont confirme son statut de cinéaste visuel, mais interroge sur sa capacité à équilibrer forme et fond. Une question qui, pour l’heure, reste sans réponse.

Le titre fait référence au terme anglais « coward », qui signifie « lâche ». Selon les premières informations, il renvoie à l’un des personnages principaux, dont les actes pourraient être interprétés comme une forme de lâcheté ou de survie dans un contexte extrême. Lukas Dhont n’a pas encore explicitement commenté ce choix, mais il semble jouer sur l’ambiguïté morale des protagonistes.