« Je suis confus et emmerdé. » C’est par ces mots que le producteur Alain Attal a réagi, lors de la conférence de presse organisée à Cannes autour du film Garance, à l’annonce faite par le patron de Canal+, selon Le Monde.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les plateformes de streaming et les producteurs de cinéma français. Le festival de Cannes, qui se déroule actuellement jusqu’au 25 mai 2026, sert souvent de terrain d’affrontement symbolique entre ces deux mondes. L’équipe du film, dont fait partie Alain Attal, a choisi de s’exprimer publiquement pour clarifier sa position, alors que les rumeurs sur un éventuel désengagement de Canal+ dans le financement du cinéma français circulent depuis plusieurs semaines.
Ce qu'il faut retenir
- Alain Attal, producteur du film Garance, a exprimé son embarras face à une déclaration du patron de Canal+ lors d’une conférence de presse à Cannes.
- Cette réaction fait suite à des tensions récurrentes entre les chaînes historiques et les nouveaux acteurs du streaming.
- Le film Garance est en compétition officielle à Cannes, où il a été présenté en avant-première ce week-end.
- Les discussions autour du financement du cinéma français par les chaînes traditionnelles s’intensifient à l’approche de la réforme de l’audiovisuel.
Un échange tendu autour d’un film en compétition
Alors que le film Garance, réalisé par un cinéaste reconnu, était projeté en séance spéciale pour la presse ce matin, Alain Attal a saisi l’occasion pour répondre aux propos tenus la veille par le dirigeant de Canal+. Selon Le Monde, celui-ci aurait évoqué une possible réduction des budgets alloués aux productions cinématographiques au profit de contenus exclusifs pour sa plateforme de streaming. « Je ne m’attendais pas à une telle déclaration, surtout pendant le festival », a-t-il précisé, soulignant que ce type d’annonce « crée une atmosphère de doute » dans l’industrie.
L’équipe du film, réunie sous la bannière de la société de production Quad Productions, a tenu à rassurer sur la suite du projet. « Notre film est déjà financé à plus de 70 %, et nous avons des partenaires solides », a indiqué l’un des réalisateurs, présent lors de l’échange. Pour autant, la question du rôle futur de Canal+ dans le paysage audiovisuel français reste entière, alors que la plateforme a récemment accéléré ses investissements dans des séries et des films exclusifs.
Canal+ et le cinéma français : une relation sous tension
Les relations entre Canal+ et le cinéma français sont historiquement tendues, bien que la chaîne ait longtemps joué un rôle clé dans le financement des films d’auteur. Ces dernières années, la montée en puissance des géants américains du streaming, couplée à une baisse des abonnés traditionnels, a poussé Canal+ à revoir sa stratégie. En 2025, la chaîne avait déjà réduit de 15 % ses investissements dans les premières et deuxièmes œuvres, selon des chiffres révélés par Les Échos.
Cette situation intervient alors que le gouvernement français prépare une réforme de l’audiovisuel, prévue pour l’automne 2026. Parmi les mesures envisagées : un renforcement des obligations de financement des chaînes historiques envers le cinéma français. « Nous suivons ces discussions de près, car elles pourraient redéfinir nos marges de manœuvre », a expliqué Alain Attal. Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été prise par Canal+, mais les spéculations vont bon train dans les couloirs du festival.
Cette affaire illustre une fois de plus les défis auxquels fait face le cinéma français, tiraillé entre tradition et innovation. Reste à voir si les différents acteurs parviendront à trouver un terrain d’entente, ou si le festival de Cannes restera, comme chaque année, le témoin des divisions de l’industrie.