La sixième édition du festival Un temps pour elles, qui met en lumière les œuvres des compositrices oubliées ou méconnues, se déroule jusqu’au dimanche 5 juillet dans plusieurs lieux du Val-d’Oise, d’après Le Monde. Héloïse Luzzati, violoncelliste et fondatrice de ce festival, revient sur les enjeux de cette manifestation et sur la nécessité de réécrire l’histoire musicale en y intégrant davantage de figures féminines.

Ce qu'il faut retenir

  • Le festival Un temps pour elles, créé par Héloïse Luzzati, en est à sa 6ᵉ édition et se poursuit jusqu’au 5 juillet 2026 dans le Val-d’Oise.
  • Cette manifestation a pour objectif de réhabiliter les œuvres des compositrices du passé, souvent absentes des répertoires classiques.
  • Héloïse Luzzati souligne l’importance de réintégrer ces créatrices dans une « histoire musicale commune ».
  • Le festival se tient dans divers lieux du département, offrant une programmation variée et accessible au public.

Un festival engagé pour la parité dans la musique classique

Créé il y a six ans, Un temps pour elles se distingue par son approche militante en faveur d’une plus grande visibilité des compositrices. D’après Le Monde, ce festival propose une programmation qui redonne vie à des partitions écrites par des femmes, souvent éclipsées par l’histoire. Les concerts, ateliers et rencontres s’étalent sur plusieurs semaines dans des lieux culturels du Val-d’Oise, un territoire choisi pour son dynamisme artistique.

Héloïse Luzzati, qui dirige également l’orchestre symphonique de la région, explique que l’initiative vise à combler un vide historique. « Beaucoup de ces œuvres ont été composées entre le XVIᵉ et le XXᵉ siècle, mais elles n’ont jamais été jouées régulièrement, ou alors dans des contextes très marginaux », précise-t-elle. Le festival offre ainsi une plateforme pour redécouvrir ces créations, tout en sensibilisant le public à leur importance.

Un héritage musical à réhabiliter

Parmi les compositrices mises à l’honneur cette année figurent des noms comme Élisabeth Jacquet de La Guerre, claveciniste et compositrice du Grand Siècle, ou encore Fanny Hensel, sœur de Felix Mendelssohn, dont les œuvres commencent tout juste à être reconnues. Selon Le Monde, le festival s’appuie sur des recherches musicologiques récentes pour proposer un répertoire aussi rigoureux que diversifié.

« L’enjeu n’est pas seulement de jouer ces pièces une fois pour toutes, mais de les inscrire durablement dans les programmations des salles de concert », explique Héloïse Luzzati. Pour elle, l’objectif est double : corriger une injustice historique tout en enrichissant l’offre culturelle actuelle. « Ces musiques ont une qualité artistique indiscutable, et les ignorer revient à se priver d’une partie essentielle de notre patrimoine. »

Un public toujours plus large, mais des défis persistants

Depuis son lancement, Un temps pour elles a vu son audience s’élargir, attirant aussi bien des mélomanes que des néophytes. D’après Le Monde, les éditions précédentes ont enregistré une fréquentation en hausse, preuve d’un intérêt croissant pour une musique classique plus inclusive. Pourtant, des obstacles demeurent, notamment en matière de financement et de visibilité médiatique.

Héloïse Luzzati reconnaît que le combat est loin d’être gagné. « Les institutions culturelles restent souvent réticentes à prendre des risques, par crainte de décevoir un public traditionnel », confie-t-elle. Malgré cela, elle se dit optimiste, notant que les mentalités évoluent, notamment grâce à des initiatives comme la sienne. « Chaque édition nous rapproche un peu plus de l’égalité, même si le chemin est encore long. »

Et maintenant ?

La prochaine édition du festival, prévue pour 2027, pourrait s’étendre à d’autres régions, si les soutiens nécessaires sont trouvés. Héloïse Luzzati et son équipe travaillent également à la création d’un enregistrement discographique des œuvres jouées cette année, afin de les diffuser plus largement. Reste à voir si les programmateurs des grandes salles de concert oseront, à leur tour, inclure davantage de compositrices dans leurs saisons.

En attendant, Un temps pour elles continue de prouver que la musique classique n’est pas un domaine figé, mais un espace en constante évolution — à condition de lui en donner les moyens.

Parmi les figures centrales de cette sixième édition figurent Élisabeth Jacquet de La Guerre, Fanny Hensel, mais aussi des compositrices moins connues comme Maria Teresa Agnesi Pinottini ou Luise Adolpha Le Beau, dont les œuvres seront interprétées lors de concerts dédiés.