Les produits alimentaires ou boissons contenant du cannabidiol (CBD) ne pourront plus être vendus en France à compter de ce lundi 17 mai 2026. Cette mesure concerne aussi bien les bonbons, les gâteaux que les tisanes infusées au CBD, comme le précise Franceinfo - Santé. La décision s’inscrit dans le cadre d’une application stricte des réglementations européennes et françaises sur les nouveaux aliments, adoptée depuis le 1er janvier 2023.

Ce qu'il faut retenir

  • Interdiction totale de la vente de produits alimentaires ou boissons contenant du CBD, y compris les bonbons, gâteaux et tisanes, à partir du 17 mai 2026.
  • Cette mesure découle de l’application du règlement européen sur les nouveaux aliments, en vigueur depuis le 1er janvier 2023.
  • Les professionnels du secteur disposaient d’un délai de trois ans pour se conformer aux exigences, délai qui expire aujourd’hui.
  • Les produits déjà en rayon peuvent être écoulés jusqu’à leur date limite de consommation, mais plus aucun réapprovisionnement n’est autorisé.

Une réglementation européenne appliquée avec rigueur

Depuis le 1er janvier 2023, le règlement européen sur les nouveaux aliments (UE) 2015/2283 encadre strictement l’utilisation du CBD dans les denrées alimentaires. Selon Franceinfo - Santé, cette réglementation impose une évaluation préalable des produits avant leur mise sur le marché. Le CBD, bien que non psychoactif, reste considéré comme un « nouvel aliment » nécessitant une autorisation spécifique. Jusqu’à présent, aucun dossier complet n’a été validé par les autorités sanitaires européennes.

Les acteurs du secteur, comme les fabricants de bonbons ou de tisanes infusées, avaient donc jusqu’à aujourd’hui pour se conformer à cette règle. Cette interdiction s’applique indistinctement à tous les produits contenant du CBD, qu’ils soient d’origine française ou importés. Les contrôles sanitaires, déjà renforcés ces derniers mois, devraient être systématiques à partir de demain.

Des répercussions immédiates pour les consommateurs et les commerçants

Les consommateurs disposant encore de produits à base de CBD dans leurs placards peuvent continuer à les consommer, à condition de respecter les dates limites de consommation. En revanche, plus aucun produit de ce type ne pourra être réapprovisionné en magasin ou en ligne, que ce soit en supermarché, en boutique spécialisée ou sur les plateformes de vente à distance. Les commerçants ont été informés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a déjà effectué des contrôles en amont.

Côté professionnels, la transition s’annonce complexe. Plusieurs entreprises du secteur, principalement des PME et des start-up, avaient misé sur le marché du CBD alimentaire. Certaines, comme la société « CBD Delight », basée à Lyon, ont déjà annoncé l’arrêt de leur production de bonbons infusés. « Nous n’avons pas eu le temps de déposer un dossier complet avant la date butoir », a expliqué son dirigeant, Thomas Leroy, à Franceinfo - Santé.

« La réglementation est claire : sans autorisation européenne, le CBD ne peut plus être utilisé dans les produits alimentaires. Nous appliquons la loi sans exception. »

— Un porte-parole de la DGCCRF, cité par Franceinfo - Santé

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires devraient publier d’ici la fin du mois de juin 2026 une liste des produits encore autorisés à la vente, parmi ceux ayant déjà obtenu une dérogation. En parallèle, les professionnels du secteur pourraient tenter de faire pression sur Bruxelles pour faire évoluer le cadre réglementaire. Une pétition, lancée par l’association « CBD France », a déjà recueilli plus de 50 000 signatures en quelques semaines. Reste à savoir si cette mobilisation portera ses fruits avant la prochaine évaluation prévue en 2028.

En attendant, les consommateurs souhaitant continuer à utiliser des produits à base de CBD devront se tourner vers des huiles, des cosmétiques ou des fleurs séchées, qui échappent pour l’instant à cette interdiction. Cependant, la question de leur encadrement pourrait revenir sur la table lors des prochaines discussions européennes sur le cannabis.

Les produits déjà en possession peuvent être consommés jusqu’à leur date limite de consommation indiquée sur l’emballage. En revanche, il est interdit de les revendre ou de les réapprovisionner en magasin.