La France accueille ce vendredi 12 juin 2026 à Paris la deuxième édition d’une conférence internationale dédiée à la relance de la solution à deux États au Proche-Orient, c’est-à-dire la création d’un État palestinien viable coexistant aux côtés d’Israël. Selon RFI, cet événement rassemble des représentants de plusieurs pays alliés, mais suscite également de vives critiques au sein de la société civile israélienne et palestinienne.

Ce qu'il faut retenir

  • La conférence s’inscrit dans la continuité d’un premier sommet organisé en 2025, toujours selon RFI.
  • L’objectif affiché est de relancer les négociations en faveur d’un État palestinien indépendant et d’Israël.
  • Plusieurs pays alliés soutiennent l’initiative, mais des militants pro-paix israéliens et palestiniens la jugent inefficace.
  • Ses détracteurs estiment que cette conférence risque de masquer l’absence de mesures concrètes contre la politique israélienne dans les territoires occupés.

Un rendez-vous diplomatique sous haute tension

Cette deuxième édition de la conférence internationale sur la solution à deux États se tient à Paris, un an après la première réunion organisée en 2025. L’événement réunit des représentants gouvernementaux et des diplomates de pays engagés en faveur d’une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien. Comme le précise RFI, l’initiative bénéficie du soutien de plusieurs États occidentaux et partenaires régionaux, soucieux de relancer un processus de paix largement au point mort depuis des années.

Des critiques venues des deux rives du conflit

Pourtant, cette conférence ne fait pas l’unanimité. Certains militants pour la paix, tant israéliens que palestiniens, remettent en cause son utilité réelle. « Cette conférence ne changera rien sur le terrain », a réagi Yehuda Shaul, cofondateur de l’ONG israélienne Breaking the Silence, qui lutte contre l’occupation des territoires palestiniens. « Tant que la communauté internationale ne prendra pas de mesures fortes contre la colonisation, ces réunions resteront des exercices de communication », a-t-il ajouté. Du côté palestinien, des voix s’élèvent également pour dénoncer ce qu’elles perçoivent comme une tentative de légitimer l’impunité d’Israël sans avancée concrète.

Un processus de paix en quête de leviers d’action

L’objectif affiché de cette conférence est de « relancer une dynamique politique crédible » pour aboutir à deux États souverains et viables, selon les termes utilisés par l’Élysée. D’après RFI, les discussions devraient aborder plusieurs volets, dont la question des frontières, la sécurité d’Israël, et les droits des Palestiniens. Pourtant, l’absence de participation directe des principales parties prenantes — Israël et l’Autorité palestinienne — limite d’emblée la portée des débats. « On parle de paix, mais sans les principaux concernés, à quoi bon ? », s’interroge Leïla Khaled, figure historique du FPLP, interrogée par RFI.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront largement des engagements pris lors de cette conférence. Si des déclarations communes sont attendues, leur mise en œuvre concrète reste incertaine. Une réunion de suivi pourrait être organisée d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources diplomatiques citées par RFI. Reste à voir si cette initiative parviendra à débloquer une situation où les avancées politiques se font attendre depuis plus de deux décennies.

Cette conférence s’inscrit dans un contexte où la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est s’intensifie, tandis que la bande de Gaza reste sous blocus. Autant dire que les attentes, côté palestinien comme israélien, restent limitées. Bref, si l’initiative française a le mérite d’exister, son impact réel dépendra de la volonté des parties à s’engager — ou non — dans une négociation sérieuse.

Selon RFI, plusieurs pays alliés de la France devraient être représentés, notamment des États européens et des partenaires du Moyen-Orient, mais la liste précise n’a pas encore été rendue publique.

Les observateurs soulignent que la colonisation israélienne et l’affaiblissement de l’Autorité palestinienne rendent cette solution de plus en plus difficile à mettre en œuvre. Pourtant, elle reste la référence internationale, faute d’alternative crédible.