Avec 6,5 millions d’euros de fraudes à l’Assurance maladie détectées et stoppées en 2025, les Côtes-d’Armor affichent une progression de 43 % par rapport à l’année précédente. Ce montant, trois fois supérieur à celui de 2018, illustre l’ampleur de la lutte engagée par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du département, comme le rapporte Capital.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 6,5 millions d’euros de fraudes ont été détectés et neutralisés dans les Côtes-d’Armor, un bond de 43 % par rapport à 2024.
  • 90 % des montants fraudés proviennent de professionnels de santé libéraux, contre seulement 10 % pour les assurés.
  • Les audioprothésistes représentent le premier poste de fraude parmi les professionnels de santé.
  • La CPAM 22 a renforcé sa collaboration avec d’autres organismes de protection sociale pour mutualiser les signalements et les moyens de contrôle.
  • L’objectif est double : récupérer les fonds détournés et prévenir les récidives par des sanctions rapides.

Cette hausse spectaculaire s’explique en partie par une stratégie renforcée de détection et de prévention. Selon les chiffres communiqués par la CPAM des Côtes-d’Armor, les fraudes commises par les assurés représentent 43 % des dossiers, mais seulement 10 % des montants globaux. Autrement dit, ces pratiques, bien que plus nombreuses, pèsent moins lourd dans la balance financière que celles imputables aux professionnels de santé libéraux.

Du côté des professionnels, la situation est bien différente. Bien que les dossiers frauduleux ne représentent que 57 % du total, les montants détournés s’élèvent à 90 % du volume global, soit environ 5,85 millions d’euros. Parmi eux, les audioprothésistes se distinguent particulièrement : ce secteur concentre les fraudes les plus importantes en valeur absolue. Reste à déterminer les modalités exactes de ces détournements, mais la CPAM n’a pas détaillé les mécanismes dans son communiqué.

Pour les assurés, les fraudes détectées en 2025 s’élèvent à 650 000 euros, un chiffre qui, bien que significatif, reste marginal comparé aux montants en jeu chez les professionnels. Ces pratiques peuvent prendre diverses formes : déclarations de faux arrêts maladie, obtention indue de prestations, ou encore déclarations de bénéficiaires fictifs. La CPAM souligne que ces fraudes, même moins coûteuses, ne sont pas moins répréhensibles et font l’objet de contrôles systématiques.

Une stratégie collaborative pour renforcer l’efficacité des contrôles

Face à cette recrudescence, la CPAM des Côtes-d’Armor a choisi de mutualiser ses efforts avec d’autres organismes de protection sociale. L’objectif affiché est clair : partager les signalements et les moyens de contrôle afin d’optimiser la détection des fraudes. Cette approche collaborative s’inscrit dans une logique de rationalisation des ressources, alors que les montants fraudés continuent de croître année après année.

Dans un communiqué, la CPAM a précisé que sa stratégie ne se limite pas à la récupération financière. « Au-delà de la récupération des sommes détournées, l’une des finalités est de sanctionner rapidement et efficacement les auteurs afin de faire cesser ces pratiques et de prévenir la récidive », a-t-elle déclaré. Cette volonté de dissuasion s’appuie sur des procédures accélérées et des sanctions adaptées, visant à dissuader toute tentative de fraude future.

Cette hausse de 43 % en un an interroge sur l’évolution des pratiques frauduleuses dans le département. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette tendance : l’amélioration des outils de détection, une prise de conscience accrue des professionnels et des assurés, ou encore l’émergence de nouvelles formes de fraudes, plus difficiles à identifier. La CPAM n’a pas communiqué sur les méthodes spécifiques ayant permis de révéler ces fraudes, mais cette transparence partielle laisse planer quelques zones d’ombre.

Les professionnels de santé libéraux, principaux contributeurs aux fraudes

Le profil des fraudeurs dans les Côtes-d’Armor est donc très contrasté. D’un côté, les assurés, dont les fraudes, bien que plus nombreuses, restent limitées en termes de montant. De l’autre, les professionnels de santé libéraux, dont les pratiques frauduleuses pèsent lourdement sur les finances de l’Assurance maladie. Parmi eux, les audioprothésistes occupent une place centrale : leur secteur concentre les montants les plus élevés de fraudes détectées.

Cette situation n’est pas isolée. Plusieurs rapports nationaux ont souligné que les professionnels de santé libéraux représentent une part significative des fraudes à l’Assurance maladie. Les mécanismes à l’œuvre peuvent inclure des facturations abusives, des déclarations de soins non réalisés, ou encore des partenariats frauduleux avec des tiers. La CPAM des Côtes-d’Armor n’a pas détaillé les cas précis relevés en 2025, mais cette tendance générale confirme l’importance de renforcer les contrôles dans ce secteur.

Reste à savoir si les mesures mises en place suffiront à inverser la tendance. La CPAM mise sur la dissuasion et la répression pour limiter les récidives, mais l’efficacité de cette stratégie dépendra de plusieurs facteurs, dont l’évolution des outils de détection et la coopération des professionnels de santé eux-mêmes.

Et maintenant ?

Pour 2026, la CPAM des Côtes-d’Armor devrait poursuivre et intensifier ses efforts de lutte contre la fraude, avec une attention particulière portée sur les professionnels de santé libéraux. De nouvelles collaborations pourraient être mises en place avec d’autres organismes de protection sociale, tandis que les outils de détection pourraient être améliorés grâce à l’intelligence artificielle et au data mining. Reste à voir si ces mesures permettront de stabiliser, voire de réduire, les montants fraudés dans les années à venir.

Cette lutte contre la fraude s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement des contrôles à l’Assurance maladie. Plusieurs départements français ont enregistré des hausses similaires, reflétant une tendance nationale. Les autorités sanitaires et sociales pourraient donc être amenées à adapter leur stratégie globale, en intégrant des mesures plus strictes et des sanctions plus lourdes pour les fraudeurs.

Selon les informations communiquées par la CPAM, les fraudes détectées en 2025 dans les Côtes-d’Armor concernent principalement les professionnels de santé libéraux, notamment les audioprothésistes. Pour les assurés, les pratiques frauduleuses incluent des déclarations de faux arrêts maladie ou des obtentions indues de prestations. La CPAM n’a pas détaillé les mécanismes précis, mais ces fraudes restent moins coûteuses que celles imputables aux professionnels.