Les pays du G7 ont concentré 96 % de la baisse des financements de l’aide publique au développement en 2025, selon les chiffres révélés par Coordination SUD, l’organisation qui regroupe 187 ONG et associations françaises. Corentin Martiniault, chargé de plaidoyer au sein de cette structure, a souligné ce désengagement lors d’une déclaration rapportée par Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Les pays du G7 ont réduit de 96 % leurs financements à l’aide publique au développement en 2025, selon Coordination SUD.
- Corentin Martiniault, chargé de plaidoyer, a critiqué cette tendance lors d’une intervention.
- À Évian, où se tient le G7, la société civile n’a été informée qu’un vendredi de sa possible inclusion — sans participation concrète.
- Coordination SUD, qui fédère 187 ONG françaises, dénonce une marginalisation des acteurs non étatiques.
Un sommet sous le signe de l’exclusion des acteurs de la société civile
C’est à Évian que se tient le G7 en 2026, un lieu symbolique pour les discussions internationales. Pourtant, les représentants de la société civile n’ont été associés que tardivement, et de manière formelle seulement. Libération révèle que Coordination SUD n’a appris qu’un vendredi que sa présence pourrait être envisagée — mais sans garantie d’une participation active. « On nous a informés tardivement, et sans perspective réelle d’influence », a déclaré Corentin Martiniault, chargé de plaidoyer au sein de l’organisation.
Cette exclusion relative contraste avec l’importance des enjeux discutés lors du sommet. L’aide publique au développement (APD) est un levier clé pour répondre aux crises humanitaires, sanitaires et climatiques qui touchent les pays les plus vulnérables. Pourtant, les chiffres montrent un recul sans précédent des engagements des grandes puissances.
Un financement de l’APD en chute libre : 96 % de la baisse concentrée par le G7
Les données compilées par Coordination SUD révèlent que le G7 porte une responsabilité écrasante dans le recul global de l’APD en 2025. 96 % de la baisse des financements publics au développement émane des sept pays les plus industrialisés. Ce désengagement s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires et de réorientation des priorités géopolitiques.
« Ce chiffre est symptomatique d’un désengagement des pays riches face à leurs obligations internationales », a affirmé Corentin Martiniault. Il rappelle que l’APD reste un outil essentiel pour financer des projets dans des domaines comme la santé, l’éducation ou la lutte contre le changement climatique. Pour Coordination SUD, cette tendance risque d’aggraver les inégalités Nord-Sud.
Une société civile mise à l’écart des débats
Le manque d’inclusion des ONG et associations dans les négociations du G7 interroge sur la légitimité des décisions prises. À Évian, les représentants de la société civile n’ont pas eu voix au chapitre avant les dernières heures du processus. Une situation qui illustre, selon Libération, un décalage entre les discours sur la transparence et la réalité des pratiques.
Pourtant, les ONG jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre des projets sur le terrain. Leur exclusion des discussions limite leur capacité à alerter sur les besoins réels des populations concernées. « Sans nous, les décisions prises risquent d’être déconnectées des réalités vécues par les bénéficiaires », a souligné un membre de Coordination SUD, sous couvert d’anonymat.
Le cas du G7 d’Évian illustre un paradoxe : alors que les défis globaux (climat, pandémies, inégalités) exigent une coopération renforcée, les mécanismes de consultation des acteurs non étatiques semblent s’effriter. Reste à voir si cette dynamique pourra être inversée, ou si elle s’inscrit dans une tendance plus large de recentrage des grandes puissances sur leurs intérêts nationaux.