Selon RFI, le système de santé gabonais accumule les dysfonctionnements, illustrés par des témoignages alarmants de patients et de familles confrontés à des négligences médicales. Parmi les cas les plus frappants, celui d’une femme enceinte de huit mois décédée avec son enfant, faute d’un personnel soignant suffisant. À Libreville, des opérations sont régulièrement interrompues en raison de coupures d’électricité, aggravant l’instabilité des prises en charge. Autant dire que la situation sanitaire du pays reste critique, malgré les promesses des autorités.
Ce qu'il faut retenir
- Une mère et son enfant décédés faute de personnel médical disponible.
- Des opérations interrompues par des coupures d’électricité récurrentes à l’hôpital.
- Une famille attend depuis 13 ans une évacuation sanitaire pour un enfant victime d’une erreur médicale en 2013.
- Les fonds nécessaires pour cette évacuation n’ont toujours pas été débloqués, à quelques jours de l’intervention programmée à Paris.
- L’affaire a été portée jusqu’au sommet de l’État, où des instructions auraient été données.
Le cas d’une mère de famille luttant depuis plus d’une décennie contre l’administration et la justice gabonaise est emblématique de cette crise. Son fils, victime en 2013 d’une erreur médicale à Libreville, doit subir une opération vitale à Paris. L’évacuation sanitaire, indispensable pour sa survie, était initialement prévue cette semaine. Pourtant, les fonds nécessaires n’ont toujours pas été débloqués par les autorités, malgré des instructions officielles. « Cette situation est intolérable », a déclaré un membre de l’association de victimes, soulignant l’urgence d’une solution.
Les dysfonctionnements ne se limitent pas aux erreurs médicales ou aux retards administratifs. Selon RFI, les infrastructures hospitalières gabonaises peinent à garantir un approvisionnement stable en électricité, perturbant régulièrement les interventions chirurgicales. « On nous a prévenus que l’opération pourrait être reportée, faute de courant », a confié un proche d’un patient en attente d’une greffe. Ces aléas techniques s’ajoutent à un manque criant de personnel qualifié et de matériel adapté, rendant l’accès aux soins de plus en plus précaire pour une partie de la population.
Des promesses politiques sans suite concrète
L’affaire de l’enfant victime d’une erreur médicale en 2013 a été portée jusqu’aux plus hautes instances de l’État gabonais. Des instructions auraient été données pour accélérer son évacuation sanitaire, mais les fonds nécessaires restent bloqués. « On nous a assurés que tout serait réglé à temps, mais nous sommes toujours dans l’attente », a indiqué un représentant de la famille. Cette situation illustre les difficultés persistantes de l’administration gabonaise à traduire les décisions politiques en actions concrètes.
Les associations de victimes dénoncent un système qui privilégie les annonces médiatiques aux solutions durables. « Les discours ne suffisent plus, il faut des actes », a rappelé un militant des droits à la santé. Le Gabon, pays d’Afrique centrale, dispose pourtant de ressources pétrolières importantes, mais leur redistribution vers le secteur sanitaire semble insuffisante. Les rapports officiels évoquent des budgets alloués, mais leur mise en œuvre reste erratique, selon plusieurs sources internes.
Un système de santé en crise chronique
Les témoignages recueillis par RFI dessinent un tableau sombre de la santé au Gabon. Une enquête interne, menée en 2025 par le ministère de la Santé, avait révélé que 30 % des établissements hospitaliers du pays ne disposaient pas d’un générateur de secours fonctionnel. À l’hôpital de Libreville, principal centre de référence du pays, les coupures de courant entraînent en moyenne deux reports d’opérations par semaine. « On s’adapte comme on peut, mais ce n’est pas une solution », a expliqué un chirurgien sous couvert d’anonymat.
Les erreurs médicales, quant à elles, sont souvent liées à un manque de formation du personnel ou à des protocoles obsolètes. En 2024, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait pointé du doigt la Gabon pour son taux de mortalité évitable en milieu hospitalier, supérieur à la moyenne africaine. Les familles, contraintes de financer elles-mêmes une partie des soins ou des évacuations, se retrouvent souvent dans une impasse financière. « Beaucoup préfèrent se soigner à l’étranger, si ils en ont les moyens », a précisé un observateur local.
La communauté médicale locale appelle à une révision urgente des priorités budgétaires, tandis que les patients attendent des actes concrets. Pour l’instant, les promesses restent lettre morte, et les Gabonais, eux, continuent de subir les conséquences d’un système de santé à bout de souffle.