Le candidat à la présidentielle Gabriel Attal a poursuivi mardi 6 mai 2026 sa tournée de pré-campagne à Bordeaux, où il a réaffirmé sa volonté de concilier transition écologique et impératifs économiques. Selon le Figaro, l’ancien Premier ministre a souligné les risques de polarisation autour des questions climatiques, tout en défendant une approche pragmatique pour éviter les écueils sociaux passés.

Ce qu'il faut retenir

  • Gabriel Attal a estimé que l’écologie et l’économie « doivent aller ensemble », rejetant les approches qui opposent les deux enjeux.
  • Il a critiqué les mesures comme la taxe carbone ou les 80 km/h pour avoir contribué à des crises sociales, citant les Gilets jaunes comme exemple.
  • Le candidat a présenté deux propositions de Renaissance : un leasing social sur les véhicules électriques d’occasion et un taux de TVA réduit à 5,5 % pendant cinq ans pour l’achat d’un véhicule électrique.
  • À Bordeaux, Attal a rencontré le maire Thomas Cazenave et participé à la troisième « Nuit de la Nouvelle République », dédiée à l’écologie.
  • Ses prochaines étapes de campagne sont prévues à Strasbourg le 20 mai (Europe et défense) et à Paris le 30 mai (grand meeting).

Un consensus scientifique, mais des blocages politiques

Pour Gabriel Attal, « il y a un consensus scientifique » sur la réalité du changement climatique. Cependant, il a déploré que ce sujet devienne « un objet de polarisation politique ». Selon le Figaro, le candidat a illustré cette idée en opposant les discours de certains partis de droite ou d’extrême droite, qui privilégieraient l’économie au détriment de l’écologie, à ceux de la gauche ou de l’extrême gauche, qui feraient l’inverse.

« Vous avez des partis ou des responsables de droite, d’extrême droite qui vous expliquent qu’il faudrait sacrifier l’écologie au profit de l’économie. Et vous avez des partis de gauche, d’extrême gauche qui vous expliquent qu’il faudrait sacrifier l’économie au profit de l’écologie. Nous, ce qu’on croit, c’est que les deux doivent aller ensemble. »
— Gabriel Attal, d’après le Figaro

Attal a appelé à « changer le prisme » de la transition écologique, dénonçant une approche trop moralisatrice. Pour lui, défendre cette transition « c’est défendre nos intérêts ». Il a également insisté sur la nécessité de « bâtir du consensus » autour des questions climatiques, plutôt que de laisser les clivages s’installer.

Les leçons des erreurs passées

Le candidat a pris pour exemple les Gilets jaunes, mouvement né en 2018 en réaction à la hausse des taxes sur les carburants. Pour Attal, « la taxe carbone avec les "Gilets jaunes" » a illustré les dangers d’une politique perçue comme punitive. Il a rappelé que les mesures comme les 80 km/h avaient aussi contribué à cristalliser les tensions sociales avant même la crise des Gilets jaunes.

« Il y avait eu les 80 km/h avant, évidemment, il y avait eu des germes de cette crise. Mais on a vu qu’avec une bonne intention qui était de dire : il faut que les gens utilisent moins d’essence, donc on va renchérir le coût de l’essence pour les inciter à passer à autre chose, derrière on a eu une des crises sociales majeures les plus importantes de ces dernières décennies en France. Et on a reculé. »
— Gabriel Attal, d’après le Figaro

Cette critique vise à justifier une approche plus inclusive, où les mesures écologiques s’accompagnent de solutions concrètes pour les ménages, comme le leasing social ou la réduction de la TVA sur les véhicules électriques.

Une journée bordelaise rythmée par les rencontres et les symboles

Le déplacement de Gabriel Attal à Bordeaux a commencé par un entretien avec Thomas Cazenave, maire de la ville et membre de Renaissance. Cazenave, élu en mars 2026 face au sortant écologiste Pierre Hurmic, représente la ligne du parti sur le territoire aquitain. La visite s’est poursuivie au Musée d’Aquitaine, où le directeur, Laurent Védrine, a présenté au candidat des éléments du patrimoine local, comme le cénotaphe de Michel de Montaigne.

Attal a également marqué son passage par la librairie Mollat, où il a dédicacé son ouvrage En homme libre (éditions de l’Observatoire), avant de conclure la journée par la troisième édition de la « Nuit de la Nouvelle République ». Cet événement, dédié aux questions écologiques, a réuni plusieurs figures de Renaissance, dont l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher.

Un agenda électoral chargé pour les prochaines semaines

Selon le Figaro, Gabriel Attal a confirmé deux prochaines étapes majeures dans sa campagne. Une réunion publique sera organisée à Strasbourg le 20 mai 2026, portant sur les enjeux européens et de défense. Cette date s’inscrit dans une séquence où le candidat entend aborder des thèmes transversaux, loin des clivages traditionnels.

Il enchaînera ensuite avec un grand meeting prévu à Paris le 30 mai 2026, qui devrait marquer une étape symbolique de sa pré-campagne. Ces rendez-vous confirment la volonté d’Attal de structurer sa candidature autour d’une thématique centrale : l’articulation entre écologie et économie, sans sacrifier l’une au détriment de l’autre.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir Gabriel Attal affiner son discours sur la transition écologique, en intégrant davantage de propositions concrètes pour les ménages et les entreprises. La tournée se poursuit dans un contexte où les questions climatiques restent un sujet clivant, mais où les électeurs pourraient être sensibles à une approche moins moralisatrice. La capacité du candidat à fédérer au-delà des lignes politiques traditionnelles sera un test pour sa crédibilité sur ce thème.

Les prochaines échéances, comme le meeting parisien du 30 mai, pourraient aussi révéler les réactions des autres forces politiques face à cette stratégie. Reste à voir si l’accent mis sur le consensus parviendra à séduire au-delà des sympathisants de Renaissance.

Gabriel Attal a évoqué deux mesures : le développement d’un leasing social pour les véhicules électriques d’occasion, ainsi qu’un taux de TVA réduit à 5,5 % pendant cinq ans pour l’achat d’un véhicule électrique. Ces propositions visent à rendre ces technologies plus accessibles aux ménages, tout en soutenant la filière industrielle.

Le candidat considère que ces mesures, bien qu’inspirées par des objectifs écologiques, ont été perçues comme punitives par une partie de la population. Selon lui, elles ont contribué à des crises sociales majeures, comme le mouvement des Gilets jaunes en 2018, en raison d’un manque de concertation et de solutions alternatives pour les ménages les plus modestes.