Entre 20 000 et 30 000 participants se sont rassemblés, selon les estimations, sur un terrain militaire de Cornusse, dans le Cher, pour une free party qui a duré cinq jours, du 30 avril au 4 mai 2026. Cet événement, organisé sans autorisation préalable, a laissé derrière lui des champs dévastés, des déchets éparpillés et un profond malaise au sein de la communauté agricole locale. Selon Franceinfo - Culture, le syndicat Coordination rurale a déposé plainte avec constitution de partie civile ce mercredi 6 mai pour les dégâts occasionnés.

Ce qu'il faut retenir

  • Entre 20 000 et 30 000 personnes ont participé à une free party illégale de cinq jours à Cornusse, dans le Cher, du 30 avril au 4 mai 2026.
  • Le syndicat Coordination rurale a porté plainte avec constitution de partie civile le 6 mai 2026 pour les dégâts matériels causés dans les champs.
  • Les agriculteurs évoquent des pertes estimées à plusieurs milliers d’euros, ainsi que la mort de six agneaux, attribuée au stress provoqué par la présence des participants.
  • Les déchets, estimés à plusieurs centaines de mètres cubes, ont été entreposés dans quatre conteneurs de 40 m³ chacun, sous la supervision du syndicat intercommunal des ordures ménagères (Sictrem).
  • Les éleveurs craignent pour la santé de leur bétail, notamment en raison de la présence de verre et d’autres déchets dans les pâturages.

Un rassemblement non autorisé aux conséquences lourdes pour les agriculteurs

Dès l’arrivée des premiers participants, les agriculteurs de Cornusse et des environs ont organisé une surveillance constante de leurs exploitations. « Depuis leur arrivée, on est tous en alerte, on se relaye les nuits pour surveiller les exploitations. Jusqu’au dernier, on sera en alerte et on veille les uns sur les autres, on s’appelle, on communique », explique Marco, un éleveur du village, qui affirme avoir perdu six agneaux depuis le début de l’événement. « Les brebis sont en stress, j’ai perdu des agneaux suite à ça, parce qu’ils se coupent en lactation. Donc là, ça devient un fléau. J’en ai retrouvé ouverts dans les fossés, sortis de la prairie. Donc ça a été fait par vandalisme », dénonce-t-il.

Les dégâts ne se limitent pas aux animaux. Les parcelles agricoles ont été piétinées, et des déchets de toutes sortes — bouteilles en verre, canettes, claquettes — jonchent désormais les fossés et les champs. Christophe Petit, un autre éleveur local, souligne les risques sanitaires encourus : « Si, quand on va faire du foin ou quand les vaches vont pâturer et s’il reste du verre, ça va aller directement dans la panse et on risque d’avoir de sérieux problèmes. »

Des teufeurs conscients des dégâts… mais déterminés à rester

Côté participants, certains reconnaissent la nécessité de nettoyer les lieux avant de partir. « On s’est bien amusé, on a fait bien la fête. À un moment, c’est le moment de partir, explique l’un d’eux. Pendant qu’on peut, on ramasse ce qui traîne, histoire que ce soit à peu près propre. Moi, ce qui traînait autour de mon terrain, là où j’étais posé, j’ai tout ramassé et foutu dans le camion. Après, je sais que ça va sûrement revenir plus tard nettoyer s’il reste des choses. Ça, c’est même sûr. Il va sûrement y avoir une journée où il y aura des petits appels pour nettoyer. »

Pourtant, malgré ces initiatives individuelles, l’ampleur des dégâts impose une intervention collective. Quatre conteneurs de 40 m³ chacun ont été installés sur place pour évacuer les déchets, supervisés par Jean-Pierre Vertalier, président du Sictrem. « En moyenne, c’est propre, oui. Il faut voir qu’il y a encore des sacs qui traînent, parce qu’il y a des gens qui ne sont pas partis. Mais quand les gens nous voient, ils amènent leurs déchets », assure-t-il. Reste que, selon lui, « il va falloir plusieurs jours pour tout évacuer ».

Un conflit de légitimité entre fête et activité agricole

La free party de Cornusse illustre une fois de plus le conflit récurrent entre les organisateurs de rassemblements festifs non autorisés et les acteurs locaux, en l’occurrence les agriculteurs. Ces derniers dénoncent une absence totale de dialogue préalable et une méconnaissance flagrante de leurs besoins. « On a été mis devant le fait accompli. Personne ne nous a prévenus, personne ne nous a consultés. On découvre les dégâts après coup », s’indigne Marco, qui affirme avoir dû faire face à des intrusions répétées sur son exploitation.

De leur côté, les participants invoquent leur droit à la fête et à l’expression libre, même si celle-ci s’exerce sur un terrain militaire et en violation des règles d’urbanisme. « C’est une fête, on est là pour danser et s’amuser. Après, si ça dérange les agriculteurs, c’est dommage, mais on n’a pas à nous justifier », confie un teufeur présent sur place. Cette opposition de points de vue reflète une fracture sociale et territoriale qui dépasse largement les limites du Cher.

Et maintenant ?

La plainte déposée par le syndicat Coordination rurale pourrait donner lieu à une enquête judiciaire, dont les résultats pourraient influencer les futures politiques locales en matière d’organisation d’événements festifs. D’ici là, les agriculteurs restent mobilisés pour protéger leurs exploitations, tandis que les autorités locales devront trancher sur la gestion des suites à donner à cet événement. Une réunion est prévue ce vendredi 8 mai avec les représentants des parties prenantes pour faire un état des lieux complet des dégâts et envisager les prochaines étapes.

Les prochains jours diront si cet épisode servira de leçon aux organisateurs de rassemblements similaires ou si, au contraire, il encouragera d’autres initiatives non encadrées. Une chose est sûre : dans le Cher, la tension reste à son comble, et la question de la cohabitation entre fête et activité agricole n’est pas près d’être résolue.

La plainte déposée par le syndicat Coordination rurale avec constitution de partie civile le 6 mai 2026 ouvre une procédure judiciaire. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur les prochaines étapes, mais une enquête devrait être ouverte pour établir les responsabilités et évaluer l’ampleur des dégâts. Une réunion est prévue le 8 mai 2026 avec les parties prenantes pour faire un état des lieux précis.

Quatre conteneurs de 40 m³ chacun ont été installés sur le site pour évacuer les déchets. Selon Jean-Pierre Vertalier, président du Sictrem, le syndicat intercommunal des ordures ménagères, les participants sont invités à jeter leurs déchets dans ces conteneurs. Cependant, des sacs et objets divers traînent encore sur place, et il faudra plusieurs jours pour tout nettoyer. Une opération de dépollution supplémentaire pourrait être organisée dans les prochains jours.