Une nouvelle décision de la Cour suprême des États-Unis, qui affaiblit le Voting Rights Act, une loi historique des droits civiques, a ravivé la colère des communautés afro-américaines en Géorgie. Selon Libération, des élus et militants démocrates dénoncent des redécoupages électoraux qui réduiraient l’influence politique des minorités, une pratique déjà observée dans plusieurs États du Sud.

Ce qu'il faut retenir

  • La Cour suprême a affaibli le Voting Rights Act, une loi clé des droits civiques aux États-Unis, en mai 2026.
  • En Géorgie, des militants et élus démocrates dénoncent des redécoupages électoraux ciblant les minorités.
  • Ces modifications viseraient à réduire l’influence politique des Afro-Américains dans l’État.

Le Voting Rights Act, adopté en 1965 pour lutter contre les discriminations électorales, avait été renforcé en 2013 par des mesures protégeant les minorités. Pourtant, selon Libération, une récente décision de la Cour suprême a remis en cause ces avancées, ouvrant la voie à des pratiques électorales jugées discriminatoires. En Géorgie, où la population afro-américaine représente près de 33 % des électeurs, des élus locaux et des associations dénoncent des modifications des circonscriptions électorales qui dilueraient leur poids politique.

Parmi les figures les plus critiques, la représentante démocrate Stacey Abrams, ancienne candidate au poste de gouverneur en Géorgie, a dénoncé « un retour en arrière » qui rappelle les pires heures de l’histoire américaine. « Je ne m’attendais pas à voir l’histoire se répéter », a-t-elle déclaré à la presse locale. Selon elle, ces redécoupages visent à « effacer des décennies de progrès » en matière d’égalité électorale. D’autres élus, comme le sénateur démocrate Raphael Warnock, ont qualifié la décision de la Cour suprême de « menace directe » pour les droits civiques.

Les associations de défense des droits civiques, comme la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), ont annoncé des actions en justice pour contester ces redécoupages. « Nous allons utiliser tous les moyens légaux pour protéger le droit de vote des Afro-Américains en Géorgie », a indiqué Derrick Johnson, président de la NAACP. Ces pratiques, souvent appelées gerrymandering, consistent à dessiner des circonscriptions électorales de manière à avantager un parti ou un groupe ethnique. En Géorgie, des études montrent que certaines modifications récentes ont réduit le nombre de circonscriptions où les minorités sont majoritaires.

La Géorgie n’est pas un cas isolé. Selon Libération, d’autres États du Sud, comme l’Alabama ou le Mississippi, ont également modifié leurs cartes électorales après cette décision de la Cour suprême. Les experts rappellent que ces pratiques pourraient avoir un impact significatif sur les prochaines élections, notamment les scrutins de mi-mandat prévus en novembre 2026. Pour les militants, cette affaire illustre une tendance plus large aux États-Unis, où les droits électoraux des minorités sont de plus en plus contestés.

Et maintenant ?

Les associations de défense des droits civiques ont annoncé qu’elles porteraient l’affaire devant les tribunaux fédéraux d’ici la fin de l’été 2026. Une audience clé est attendue en septembre, date à laquelle un juge pourrait ordonner un gel des nouvelles cartes électorales en Géorgie. Par ailleurs, le Congrès américain, à majorité démocrate, devrait examiner un projet de loi visant à rétablir certaines protections du Voting Rights Act, mais son adoption reste incertaine en raison de l’opposition des républicains.

Côté républicain, certains élus défendent ces redécoupages, arguant qu’ils respectent la Constitution. « Nous ne faisons que nous adapter aux évolutions démographiques de l’État », a déclaré un porte-parole du parti républicain de Géorgie. Cependant, pour les démocrates et les associations, ces arguments cachent une volonté de limiter l’influence des électeurs afro-américains. Dans ce contexte tendu, la Cour suprême pourrait être appelée à se prononcer à nouveau sur la question, une décision qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la Géorgie.

Le Voting Rights Act, adopté en 1965, est une loi fédérale qui interdit toute discrimination dans l’accès au droit de vote aux États-Unis. Il a notamment permis de mettre fin aux tests d’alphabétisation et autres obstacles utilisés pour empêcher les minorités, notamment les Afro-Américains, de voter. La loi a été renforcée à plusieurs reprises, notamment en 2006 pour une durée de 25 ans.