Dans les Pyrénées-Orientales, un département particulièrement exposé aux tensions hydriques, la présidente Hermeline Malherbe défend une approche radicale pour garantir l’accès à l’eau. Selon Libération, celle-ci repose sur un principe simple mais exigeant : la sobriété. Une position qu’elle expose comme la pierre angulaire de toute politique de gestion de l’eau durable, loin des solutions ponctuelles ou des ajustements cosmétiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Hermeline Malherbe, présidente des Pyrénées-Orientales, considère que la sobriété est un pilier des politiques de l’eau.
  • Cette approche nécessite des choix collectifs, des efforts partagés et une solidarité organisée.
  • Les solutions techniques existent, mais leur mise en œuvre exige des changements profonds dans les habitudes et les infrastructures.

Un territoire sous pression hydrique

Les Pyrénées-Orientales, situées en Occitanie, font face à des défis récurrents en matière d’accès à l’eau. Entre stress climatique, pression démographique et activités agricoles gourmandes, le département illustre les tensions qui s’aggravent dans plusieurs régions françaises. Hermeline Malherbe, en première ligne de la gestion locale, insiste sur le fait que les réponses ne peuvent plus se limiter à des mesures d’urgence. « Les solutions existent, mais elles supposent des choix, des efforts et des solidarités organisées », a-t-elle déclaré à Libération.

La sobriété, un changement de paradigme

Pour la présidente du département, la sobriété ne se réduit pas à une simple économie d’eau. Elle implique une refonte des modes de consommation, une modernisation des réseaux et une gouvernance collective. Autant dire que l’enjeu dépasse le cadre technique pour toucher aux fondements économiques et sociaux du territoire. « On ne peut plus se contenter de gérer les pénuries à la marge, il faut anticiper et transformer nos modèles », a-t-elle expliqué.

Les exemples de mesures concrètes incluent la réhabilitation des réseaux vétustes, l’adoption de pratiques agricoles moins consommatrices, ou encore la promotion de la réutilisation des eaux usées traitées. Autant de pistes déjà explorées dans d’autres régions, mais dont l’efficacité dépendra de leur généralisation et de leur acceptation par les acteurs locaux.

Un appel à la responsabilité collective

Hermeline Malherbe met l’accent sur la nécessité d’une mobilisation large, impliquant élus, professionnels et citoyens. Le département des Pyrénées-Orientales, qui a déjà subi des restrictions drastiques ces dernières années, pourrait servir de laboratoire pour d’autres territoires. « Il ne s’agit pas de sacrifier la qualité de vie, mais de trouver un équilibre entre usage et préservation », a-t-elle précisé.

Cette vision s’inscrit dans un contexte national où les ressources en eau deviennent un enjeu stratégique. Les rapports officiels, comme ceux du Comité national de l’eau, soulignent régulièrement la nécessité de concilier développement économique et préservation des milieux. Pourtant, les arbitrages restent complexes, notamment face aux intérêts parfois divergents des différents secteurs.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour les Pyrénées-Orientales. Le département doit finaliser son plan de sobriété hydrique, dont les grandes lignes ont été esquissées lors des dernières assises de l’eau en 2025. Une concertation avec les acteurs locaux est prévue d’ici la fin de l’été, avec une adoption formelle envisagée pour l’automne. Si le cadre réglementaire national évolue lentement, certains départements pourraient prendre les devants pour montrer l’exemple.

Face à l’aggravation des tensions, la position d’Hermeline Malherbe a le mérite de la clarté : sans sobriété, il n’y aura ni équité ni durabilité. Reste à voir si les autres territoires suivront cet exemple, ou s’ils préféreront attendre des solutions venues d’en haut.

Les Pyrénées-Orientales combinent plusieurs facteurs de risque : un climat méditerranéen marqué par des étés secs, une forte pression touristique estivale, et une agriculture intensive gourmande en eau, notamment pour les cultures fruitières et maraîchères. Le département est également dépendant de ressources souterraines et de transferts d’eau inter-régionaux, ce qui le rend vulnérable aux aléas climatiques et aux conflits d’usage.