La section iséroise de La France Insoumise (LFI) a adressé, ce mardi 19 mai 2026, une demande officielle à la mairie de Grenoble pour que la DJ Barbara Butch soit retirée de la programmation du festival « Le Cabaret Frappé », organisé par la ville. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un « boycott culturel » engagé par le mouvement contre le soutien de l’artiste à la loi Yadan, adoptée récemment au Parlement. Selon Libération, les élus locaux insoumis estiment que la présence de Barbara Butch au sein de l’événement municipal serait en contradiction avec les valeurs portées par la collectivité.
Ce qu'il faut retenir
- La section LFI de l’Isère a demandé, mardi 19 mai 2026, le retrait de la DJ Barbara Butch du festival « Le Cabaret Frappé » à Grenoble.
- Cette demande fait suite au soutien de l’artiste à la loi Yadan, une réforme controversée récemment adoptée.
- Le festival « Le Cabaret Frappé » est organisé par la mairie de Grenoble, dirigée par Éric Piolle (EELV).
- Les insoumis grenoblois dénoncent un « boycott culturel » et appellent à une déprogrammation en signe de désaccord politique.
- La loi Yadan, objet de vives tensions, a été adoptée par le Parlement après des mois de débats.
Une demande politique motivée par le soutien à la loi Yadan
Dans un courrier envoyé à la mairie de Grenoble, la section LFI de l’Isère justifie sa demande par le soutien public apporté par Barbara Butch à la loi Yadan. Cette réforme, adoptée le 12 mai 2026 après un parcours législatif tendu, a suscité de nombreuses critiques au sein de la gauche et des mouvements sociaux. Les insoumis grenoblois estiment que la présence de l’artiste au festival municipal, qui se tiendra du 25 au 30 juin 2026, enverrait un message contradictoire avec les engagements de la ville en matière d’égalité et de justice sociale.
« Nous ne pouvons cautionner une démarche qui va à l’encontre des valeurs que nous portons », a déclaré Clémentine Autain, porte-parole de la section LFI de l’Isère. La militante a souligné que la demande s’inscrivait dans une logique de « cohérence politique » pour une municipalité écologiste et progressiste. D’après Libération, cette position s’inspire des prises de position antérieures de LFI contre des personnalités culturelles jugées trop proches du pouvoir.
Un festival municipal au cœur d’une polémique politique
Le festival « Le Cabaret Frappé », créé en 2020, est organisé chaque année par la mairie de Grenoble et met en avant des artistes locaux et internationaux. Pour l’édition 2026, la programmation devait inclure Barbara Butch, reconnue pour ses sets électro et son engagement militant. Pourtant, sa présence est désormais contestée après ses prises de parole en faveur de la loi Yadan, perçue comme liberticide par une partie de la gauche.
La mairie de Grenoble, dirigée par Éric Piolle, n’a pas encore réagi officiellement à la demande de LFI. Contacté par Libération, le cabinet du maire a indiqué qu’aucune décision n’avait été prise pour l’instant, tout en rappelant que le festival restait un événement ouvert à la diversité des expressions culturelles. « Grenoble défend une programmation pluraliste, où chaque artiste a sa place, sous réserve du respect des règles républicaines », a précisé un conseiller municipal sous couvert d’anonymat.
Cette affaire illustre les tensions persistantes au sein de la gauche française, entre une partie qui prône une ligne dure contre les soutiens à des réformes controversées, et une autre qui défend une approche plus pragmatique en matière de culture. Pour l’heure, la balle est dans le camp de la mairie de Grenoble, qui devra trancher entre deux impératifs : la liberté artistique et la cohérence politique.
La loi Yadan, portée par la ministre de l’Intérieur Amélie Yadan, vise à renforcer les pouvoirs de police administrative et à étendre les possibilités de dissolution d’associations. Ses détracteurs, dont une partie de la gauche et des défenseurs des libertés individuelles, y voient une atteinte aux droits fondamentaux et une instrumentalisation politique. Adoptée définitivement le 12 mai 2026, elle a été critiquée pour son manque de concertation et ses risques de dérives.