Le Rassemblement National renforce ses positions en vue des élections sénatoriales de septembre dans les Bouches-du-Rhône. Selon Le Figaro, Franck Allisio, chef de file du RN dans le département et ancien candidat à la mairie de Marseille, a annoncé lundi 18 mai 2026 le ralliement récent de Marie-Pierre Callet, ex-membre des Républicains et vice-présidente du conseil départemental dirigé par Martine Vassal. Cette annonce intervient alors que la campagne pour le renouvellement de la moitié de la chambre haute s’intensifie, avec un scrutin prévu dans moins de quatre mois.
Ce qu'il faut retenir
- Marie-Pierre Callet, ex-adhérente de LR, a quitté le parti « au moment de la dissolution » avant de rejoindre le RN « ces dernières semaines ».
- Elle est présentée par Franck Allisio comme une candidate idéale pour porter la liste RN, avec une bonne connaissance du département et de ses élus.
- Ce ralliement s’ajoute à celui de Laure-Agnès Caradec, ex-cheffe de file LR, passée à l’UDR d’Éric Ciotti la semaine précédente.
- La majorité départementale dirigée par Martine Vassal a réagi en retirant à Marie-Pierre Callet ses délégations et en la mettant en retrait du groupe.
- Le RN espère obtenir deux sièges au Sénat lors du scrutin de septembre dans les Bouches-du-Rhône.
Un ralliement stratégique pour le RN en pleine campagne sénatoriale
Franck Allisio a détaillé les atouts de Marie-Pierre Callet lors d’une conférence de presse tenue ce lundi. Selon lui, l’élue de Maussane-les-Alpilles présente un profil « idéal » pour porter la liste du RN devant la Chambre haute. « Elle est hors de Marseille, adhérente du RN et a une bonne connaissance du département ainsi que des élus locaux », a-t-il souligné. Ce ralliement intervient peu après l’officialisation de son investiture comme tête de liste par le parti, une stratégie qui vise à diversifier l’implantation géographique du RN dans les Bouches-du-Rhône.
Cette prise de guerre s’inscrit dans une dynamique plus large. Le RN cherche à capitaliser sur les divisions au sein de la droite et du centre, notamment après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024. Marie-Pierre Callet, ancienne membre de LR, a quitté le parti « au moment de la dissolution », une période marquée par des tensions internes et des recompositions politiques. Son adhésion au RN « ces dernières semaines » confirme cette tendance à la recomposition des alliances avant le scrutin de septembre.
Réactions de la majorité départementale : entre fermeté et relativisation
L’entourage de Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, a réagi avec une certaine distance à cette annonce. « Marie-Pierre Callet, ce n’est pas Jacques Chirac », a commenté une source proche de la majorité, avant d’ajouter : « Elle n’est pas plus appréciée que ça par les maires. » Ces propos reflètent une stratégie de minimisation de l’impact de ce ralliement, tout en reconnaissant sa portée symbolique.
Dans un communiqué, le groupe de la majorité au département a annoncé que Marie-Pierre Callet se mettrait « en retrait du groupe et rendrait l’ensemble de ses délégations » à la suite de cette annonce. Concernant Laure-Agnès Caradec, autre figure passée de LR à l’UDR, l’entourage de Martine Vassal a indiqué sobrement : « Nous traiterons le problème ultérieurement. » Ces réactions montrent une volonté de ne pas dramatiser la situation, tout en prenant des mesures immédiates pour limiter les conséquences politiques.
Deux sièges en jeu pour le RN à la Chambre haute
Franck Allisio a clairement affiché l’ambition du RN pour les sénatoriales de septembre : « Nous visons deux sièges à la chambre haute pour notre groupe départemental. » Ce chiffre n’est pas anodin. Les Bouches-du-Rhône, avec leur poids démographique et politique, représentent un enjeu majeur pour le RN, qui cherche à élargir son influence au-delà des scrutins locaux ou législatifs.
Ce ralliement de Marie-Pierre Callet, couplé à celui de Laure-Agnès Caradec la semaine précédente, pourrait renforcer la crédibilité du RN dans un département où la droite traditionnelle a longtemps dominé. Pour le parti d’extrême droite, il s’agit de démontrer sa capacité à attirer des personnalités issues de la majorité sortante, un signe de son ancrage croissant dans le paysage politique local.
Le contexte politique des Bouches-du-Rhône en 2026
Les Bouches-du-Rhône restent un territoire politiquement fragmenté, où se croisent des dynamiques locales et nationales. Martine Vassal, figure de la droite marseillaise, préside le conseil départemental depuis plusieurs années et incarne une ligne modérée au sein de la droite. Cependant, les tensions internes au sein de la majorité, illustrées par les départs de Marie-Pierre Callet et Laure-Agnès Caradec, révèlent des fractures plus profondes.
Le RN, de son côté, continue de progresser dans les intentions de vote, notamment dans les zones périurbaines et rurales. Son implantation à Marseille, deuxième ville de France, reste limitée, mais ses scores aux élections européennes et législatives récentes montrent une progression constante. Ce ralliement pourrait donc s’inscrire dans une stratégie plus large de normalisation et de légitimation du parti au niveau départemental.
Reste à voir si ces ralliements se traduiront par des gains électoraux concrets pour le RN ou s’ils resteront des symboles d’une recomposition politique encore en cours. Une chose est sûre : dans les Bouches-du-Rhône, la bataille pour les sénatoriales s’annonce plus serrée que jamais.
Les Bouches-du-Rhône comptent six sièges de sénateurs, dont la moitié est renouvelable lors des élections de septembre 2026. Le RN espère remporter deux de ces sièges.
Les élections sénatoriales sont prévues en septembre 2026, avec un scrutin organisé dans les prochains mois pour désigner les nouveaux sénateurs.