Un foyer d’hantavirus s’est déclaré à bord du MV Hondius, un navire de croisière naviguant dans l’océan Atlantique. Selon Numerama, cinq passagers français ont été contaminés ou identifiés comme cas contacts, dont une passagère rapatriée après un test positif. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé ces informations ce 11 mai 2026 sur France Inter.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq Français ont été concernés par ce foyer : une passagère testée positive et quatre autres hospitalisés en observation.
- Trois décès ont été enregistrés à bord du navire, où la souche des Andes, transmissible entre humains, a été identifiée.
- Le risque pour la santé publique reste qualifié de « faible » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), malgré la gravité de la maladie.
- L’hantavirus provoque deux formes cliniques distinctes : un syndrome pulmonaire à taux de létalité de 30 à 60 % en Amérique, et une fièvre hémorragique à 0,4 à 10 % en Europe et Asie.
- Aucun traitement spécifique ni vaccin n’existe contre cette infection, dont la prévention repose sur l’évitement des contacts avec les rongeurs infectés.
Un foyer détecté à bord d’un navire en Atlantique
Le MV Hondius, un bateau de croisière, est devenu le théâtre d’un foyer d’hantavirus en pleine traversée de l’océan Atlantique. Selon les informations relayées par Numerama, trois passagers sont décédés à bord du navire, où la souche des Andes a été identifiée. Cette souche est la seule connue pour sa transmission interhumaine parmi les 38 souches d’hantavirus répertoriées.
Côté français, cinq personnes ont été directement affectées. Une passagère, rapatriée et testée positive, s’ajoute à quatre autres Français hospitalisés, bien que leurs résultats soient négatifs à ce stade. Ces derniers restent sous surveillance médicale pour écarter tout risque de contamination tardive. Par ailleurs, 22 cas contacts ont été recensés parmi les passagers ayant emprunté deux vols en provenance du navire.
L’OMS minimise le risque d’une épidémie généralisée
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tenu à rassurer sur la portée de cet épisode. « Il ne s’agit pas d’un nouveau Covid », a-t-il déclaré, qualifiant le risque pour la santé publique de « faible ». Selon l’OMS, la transmission interhumaine de l’hantavirus des Andes reste limitée et nécessite des contacts étroits et prolongés.
Le ministère de la Santé français partage cette analyse. Dans un communiqué, il évoque une « exposition initiale probable en Argentine », suivie d’une transmission restreinte à bord du navire. L’hypothèse d’une contamination généralisée en France est donc écartée à ce stade, même si les autorités maintiennent une surveillance renforcée.
Symptômes et mécanismes d’une maladie rare mais mortelle
L’hantavirus, dont la période d’incubation varie entre une et six semaines, se manifeste d’abord par des symptômes grippaux : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et, dans certains cas, toux et difficultés respiratoires. Ces signes apparaissent généralement entre un et cinq jours après les premiers symptômes. La gravité de la maladie s’explique par son mécanisme d’action : elle provoque une « tempête immunitaire » en rendant les vaisseaux sanguins anormalement perméables, entraînant des fuites de plasma vers les tissus. Résultat : des baisses de tension, des œdèmes graves, voire l’arrêt d’organes vitaux.
Les deux formes cliniques de l’hantavirus, bien que distinctes géographiquement, partagent cette caractéristique. Le syndrome pulmonaire à hantavirus, principalement observé en Amérique du Nord et du Sud, affiche un taux de létalité de 30 à 60 %. En Europe et en Asie, la fièvre hémorragique avec syndrome rénal présente un taux de mortalité plus faible, entre 0,4 % et 10 %.
Prévention et absence de traitement : les défis de l’hantavirus
Aucun traitement spécifique ni vaccin n’existe contre l’hantavirus. La prise en charge se limite au traitement des symptômes, avec des médicaments comme le paracétamol ou le repos. Comme le souligne l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS MIE), la prévention repose avant tout sur l’évitement des contacts avec les rongeurs et leurs excréments, vecteurs principaux de la transmission. « Les maladies humaines à hantavirus sont des zoonoses », rappelle l’Inserm, insistant sur le rôle central des rongeurs infectés.
La particularité de la souche des Andes, transmissible entre humains, ajoute une dimension supplémentaire à ce foyer. Selon les autorités sanitaires, la transmission interhumaine reste néanmoins « limitée » et nécessite des conditions de contact prolongé, comme cela a pu se produire à bord du navire. Cette souche, rare, avait déjà été identifiée lors d’épidémies locales en Amérique du Sud, mais son apparition sur un navire en pleine mer constitue un cas inédit en Europe.
« Les éléments disponibles indiquent une transmission interhumaine limitée, survenant uniquement dans des conditions de contacts étroits et prolongés. » — Ministère de la Santé français
Un contexte sanitaire qui rappelle les risques des voyages en groupe
Cet épisode survient alors que les autorités sanitaires surveillent de près les risques épidémiques liés aux voyages internationaux. Le cas du MV Hondius rappelle que les navires de croisière, en raison de leur promiscuité et de leur internationalité, peuvent devenir des foyers de transmission pour des maladies rares. Selon Numerama, cette situation pose la question de la surveillance sanitaire renforcée dans les espaces confinés, où les contacts entre passagers facilitent la propagation de pathogènes inhabituels.
Pour l’heure, les autorités françaises et internationales restent mesurées dans leurs déclarations. L’accent est mis sur la nécessité d’une réponse proportionnée, sans céder à la panique. Reste que la survenue de décès à bord du navire, couplée à la présence de la souche des Andes, justifie une vigilance accrue de la part des passagers et des compagnies maritimes.
Pour l’OMS, la priorité reste d’éviter une stigmatisation inutile de la maladie, tout en maintenant une alerte proportionnée. « Le risque actuel pour la santé publique reste faible », a rappelé Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant que la situation ne justifiait pas de mesures restrictives majeures.
La souche des Andes est la seule parmi les 38 souches connues d’hantavirus à pouvoir se transmettre entre humains. Les autres se contractent principalement via des rongeurs infectés, par contact avec leurs urines, excréments ou salive. Cette particularité explique pourquoi le foyer du MV Hondius a pris une dimension exceptionnelle.
Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe à ce jour contre l’hantavirus. La prise en charge se limite au traitement des symptômes, avec des médicaments comme le paracétamol pour soulager fièvre et douleurs. La prévention repose sur l’évitement des contacts avec les rongeurs et leurs excréments, principaux vecteurs de la maladie.