Selon Le Monde, la filiale suisse de la banque HSBC a été placée sous le statut de mise en examen dans le cadre de l’enquête judiciaire française concernant le détournement présumé de plus de 300 millions de dollars par l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Cet événement marque une avancée significative dans le dossier des « biens mal acquis » au Liban, une affaire qui secoue depuis plusieurs années les milieux politiques et financiers internationaux.
L’instruction, toujours en cours, s’intéresse aux soupçons selon lesquels des fonds publics libanais auraient été détournés et dissimulés via des comptes ouverts auprès de la filiale helvétique de HSBC. Ces fonds, estimés à plusieurs centaines de millions, auraient transité par des circuits opaques avant d’être placés dans des paradis fiscaux ou des juridictions à faible contrôle. Riad Salamé, figure centrale de cette affaire, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis 2024 pour corruption et enrichissement illicite.
Ce qu'il faut retenir
- La filiale suisse de HSBC a été mise en examen pour son rôle présumé dans le détournement de plus de 300 millions de dollars.
- Les fonds auraient été soustraits de la Banque centrale du Liban sous la direction de Riad Salamé, ancien gouverneur.
- Cette mise en examen s’inscrit dans le cadre d’une enquête française sur les « biens mal acquis » au Liban.
- Riad Salamé est visé par un mandat d’arrêt international depuis 2024 pour corruption et enrichissement illicite.
- Les fonds détournés auraient transité par des comptes ouverts en Suisse avant d’être placés dans des juridictions à faible contrôle.
Un détournement présumé de fonds publics libanais
Les investigations menées par la justice française révèlent que des transferts suspects auraient été effectués depuis la Banque centrale du Liban vers des comptes ouverts au nom de sociétés écrans ou d’entités liées à Riad Salamé. Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, ces opérations auraient commencé dès le début des années 2010, période durant laquelle Salamé occupait le poste de gouverneur de la Banque du Liban. Les fonds, une fois placés en Suisse, auraient été répartis entre plusieurs destinations, notamment des paradis fiscaux comme les Îles Caïmans ou Panama.
Les enquêteurs français, en collaboration avec leurs homologues suisses, tentent désormais de retracer l’intégralité du parcours de ces fonds. Les documents bancaires saisis lors de perquisitions réalisées en 2025 à Genève et Zurich ont permis d’identifier des flux financiers suspects totalisant plus de 300 millions de dollars. Ces éléments ont conduit les magistrats français à élargir leurs investigations à la filiale helvétique de HSBC, soupçonnée d’avoir facilité ces opérations en fermant les yeux sur l’origine des fonds.
Riad Salamé, une figure controversée au cœur du scandale
Riad Salamé, ancien ministre des Finances et gouverneur de la Banque du Liban pendant près de trente ans, est au centre de cette affaire depuis qu’il a été contraint de quitter ses fonctions en 2023 sous la pression des manifestations populaires et des accusations de corruption. Les autorités libanaises l’accusent d’avoir orchestré un système de détournement de fonds publics à grande échelle, en collaboration avec des proches et des hommes d’affaires locaux. Son nom est également évoqué dans d’autres enquêtes internationales, notamment en France et en Suisse, où des biens immobiliers et des comptes bancaires lui sont attribués.
En octobre 2024, Interpol a émis un mandat d’arrêt à son encontre pour « corruption passive, blanchiment d’argent et enrichissement illicite ». Depuis, Salamé a disparu de la scène publique et serait, selon certaines sources, réfugié dans un pays non précisé. Les autorités libanaises ont demandé son extradition, mais aucune réponse officielle n’a encore été obtenue de sa part ou de ses soutiens.
« Les flux financiers identifiés entre la Banque centrale du Liban et les comptes suisses soulèvent de graves soupçons de complicité passive de la part de certaines institutions financières. »
— Un magistrat français en charge de l’enquête, cité par Le Monde
Cette affaire illustre une fois de plus les défis posés par la lutte contre les flux financiers illicites et la nécessité d’une coopération internationale renforcée entre les autorités judiciaires. Si les mises en examen se multiplient, la question de la restitution des fonds détournés aux citoyens libanais, aujourd’hui confrontés à une crise économique sans précédent, reste entière.
La filiale suisse de HSBC est au cœur de l’enquête en raison des transferts suspects identifiés vers des comptes ouverts en Suisse. Les enquêteurs français estiment que la banque aurait joué un rôle passif, voire complice, en facilitant le placement de fonds détournés sans vérifier leur origine illicite. Les documents saisis lors de perquisitions en 2025 confirment que des centaines de millions de dollars ont transité par ses services.