Lors d’une rencontre organisée ce jeudi par l’Association des journalistes médias (AJM), Pierre-Antoine Capton, producteur d’émissions phares à la télévision dont certaines diffusées sur Canal+, a tenté d’apaiser les tensions avec le groupe Bolloré en déclarant comprendre les critiques formulées par la chaîne cryptée. Selon Libération, il a également réaffirmé ne subir aucune pression de la part du milliardaire sur ses choix éditoriaux ou ses invités.
Ce qu'il faut retenir
- Pierre-Antoine Capton, patron de la société de production Mediawan, a participé ce jeudi à une rencontre organisée par l’AJM
- Il a déclaré « comprendre l’énervement » de Canal+, sans pour autant préciser la nature de ce mécontentement
- Il a catégoriquement démenti toute pression de Vincent Bolloré sur ses décisions éditoriales ou ses choix d’invités
- Mediawan produit plusieurs émissions diffusées sur Canal+, dont certaines jugées sensibles par le groupe Bolloré
Une rencontre sous le signe du dialogue
Organisée ce 4 juin 2026 par l’Association des journalistes médias (AJM), cette table ronde réunissait des acteurs majeurs du paysage audiovisuel français. Pierre-Antoine Capton, fondateur et dirigeant de Mediawan, y a abordé la question des tensions persistantes entre les producteurs indépendants et les groupes médiatiques, notamment ceux liés à l’influence de Vincent Bolloré. Selon ses propos rapportés par Libération, il a adopté une posture conciliante, qualifiant de « compréhensibles » les réactions de Canal+, tout en rejetant catégoriquement toute immixtion dans ses choix professionnels.
Le producteur, connu pour son rôle dans la création d’émissions à succès comme *Quotidien* ou *Les Terriens du dimanche*, a insisté sur l’autonomie de ses équipes. « Nous travaillons en toute indépendance », a-t-il déclaré, sans pour autant entrer dans les détails des griefs éventuels formulés par la direction de Canal+.
Les tensions entre Bolloré et Mediawan, un conflit larvé
Ces déclarations surviennent alors que les relations entre le groupe Bolloré — actionnaire majoritaire de Canal+ — et les producteurs indépendants se tendent depuis plusieurs mois. Certains observateurs évoquent des désaccords sur la ligne éditoriale ou la programmation, bien que les deux parties refusent pour l’heure de préciser les contours de ce conflit. Mediawan, cotée en Bourse, produit notamment des contenus pour des chaînes du groupe Vivendi, auquel appartient Canal+, ce qui complexifie davantage la donne.
Dans ce contexte, les propos de Capton visent clairement à désamorcer les accusations de censure ou d’ingérence qui pèsent sur Vincent Bolloré. « Je ne subis aucune pression de qui que ce soit », a-t-il martelé, tout en reconnaissant que l’ambiance pouvait « agacer » les parties prenantes. Une manière de souligner que les tensions ne sont pas uniquement unilatérales, sans pour autant les attribuer à une volonté délibérée de contrôle.
Canal+ et Bolloré : un différend aux multiples facettes
Pour comprendre l’ampleur de ce débat, il faut rappeler que Canal+ a récemment fait face à des remous internes, notamment après le départ de plusieurs figures emblématiques de la chaîne. Certains y ont vu le signe d’un durcissement de la ligne éditoriale sous l’influence de Vincent Bolloré, réputé pour ses prises de position controversées dans le passé. D’autres estiment que les critiques de Capton s’inscrivent dans une logique plus large de défense de la liberté de la presse et de l’indépendance des créateurs.
Interrogé sur d’éventuelles représailles ou restrictions dans l’accès aux plateformes de diffusion, le patron de Mediawan a botté en touche. « Aucun de nos projets n’a été bloqué ou censuré à ce jour », a-t-il indiqué, sans pour autant exclure que la situation puisse évoluer. Autant dire que la question reste ouverte, d’autant que les contrats entre producteurs et diffuseurs sont souvent renégociés dans un climat de méfiance réciproque.
Dans tous les cas, cette affaire rappelle l’importance cruciale de l’indépendance éditoriale dans un paysage médiatique de plus en plus polarisé. Les prochains mois diront si les producteurs parviendront à préserver cette liberté, ou si les logiques économiques et politiques prendront définitivement le pas sur la créativité.
Pierre-Antoine Capton est le fondateur et dirigeant de Mediawan, un groupe de production audiovisuelle coté en Bourse. Il a notamment produit des émissions populaires comme *Quotidien* ou *Les Terriens du dimanche*, diffusées en partie sur Canal+. En tant que patron de Mediawan, il supervise une quarantaine de sociétés de production et collabore avec plusieurs chaînes, dont celles du groupe Vivendi, actionnaire majoritaire de Canal+.