Comme le rapporte RFI, les habitants des bidonvilles de l’État de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, subissent de plein fouet les vagues de chaleur précoces et intenses qui frappent le pays depuis le début du mois de mai. À Noida, une ville satellite de New Delhi située à une vingtaine de kilomètres de la capitale, des familles entières tentent de survivre dans des conditions de plus en plus difficiles, où chaque geste devient une épreuve face à des températures dépassant régulièrement les 45°C.

Ce qu'il faut retenir

  • Les bidonvilles de Noida (Uttar Pradesh) subissent des températures dépassant 45°C depuis début mai, selon RFI.
  • Les habitations précaires, souvent bâchées ou en tôle, transforment les logements en « pièges à chaleur », aggravant les risques sanitaires.
  • Les familles les plus démunies, privées d’accès à la climatisation ou à des espaces frais, subissent de plein fouet ces épisodes caniculaires.
  • Les vagues de chaleur en Inde s’intensifient et se multiplient, posant un défi croissant pour les populations vulnérables.

Des logements précaires qui aggravent la souffrance thermique

Dans le bidonville de Noida, les familles vivent sous des abris de fortune — bâches plastiques, tôles ondulées ou planches de bois — qui transforment les habitations en véritables « fours ». L’air chaud s’accumule et stagne, rendant chaque heure de la journée insupportable. « On étouffe dès le lever du soleil, et ça ne fait qu’empirer vers midi », explique Rani Devi, une mère de famille de 38 ans, tandis qu’elle agite un éventail en papier pour tenter de rafraîchir son enfant de deux ans. Selon RFI, ces conditions aggravent les risques de coups de chaleur, de déshydratation et d’aggravation de maladies chroniques, particulièrement chez les personnes âgées et les enfants.

Les bidonvilles, souvent construits en bordure des villes, manquent cruellement d’infrastructures adaptées. L’accès à l’eau potable se raréfie, les points d’eau publics sont saturés, et les coupures d’électricité fréquentes privent les rares familles équipées de ventilateurs ou de petits climatiseurs de tout recours. « On boit moins pour éviter d’uriner, mais c’est dangereux », confie un habitant sous couvert d’anonymat. Bref, la survie quotidienne devient une lutte permanente contre un environnement devenu hostile.

Un phénomène climatique qui s’aggrave en Inde

Les vagues de chaleur en Inde ne sont pas nouvelles, mais leur fréquence et leur intensité ont considérablement augmenté ces dernières années. Selon les services météorologiques indiens, le mois de mai 2026 enregistre des températures parmi les plus élevées jamais mesurées dans le pays pour cette période. Les experts lient cette tendance au réchauffement climatique global, ainsi qu’à l’urbanisation rapide et à la déforestation dans certaines régions. « Les canicules précoces et prolongées deviennent la norme plutôt que l’exception », a indiqué un climatologue de l’Institut indien de météorologie tropicale, cité par RFI.

L’Uttar Pradesh, État le plus peuplé de l’Inde avec plus de 240 millions d’habitants, est particulièrement exposé. Les zones urbaines comme Noida, en pleine expansion, concentrent des populations précaires logées dans des conditions précaires. Les bidonvilles, souvent situés près d’industries ou de zones commerciales, subissent un « effet d’îlot de chaleur urbain », où les températures peuvent être supérieures de 5 à 10°C à celles des zones rurales environnantes.

Quelles solutions pour les populations les plus vulnérables ?

Face à cette crise, les autorités locales et les associations tentent de mettre en place des mesures d’urgence. La mairie de Noida a annoncé l’ouverture de 15 centres de rafraîchissement dans différents quartiers, équipés de ventilateurs, de fontaines à eau et de lits de repos. « Nous essayons de couvrir au maximum les zones où les risques sont les plus élevés », a précisé un responsable municipal sous couvert d’anonymat. Ces centres, ouverts de 10 heures à 18 heures, accueillent principalement des personnes âgées et des travailleurs du bâtiment, souvent les plus exposés.

Pourtant, ces initiatives restent insuffisantes face à l’ampleur du problème. Les associations de défense des droits humains, comme ActionAid Inde, réclament des solutions structurelles : amélioration des logements précaires, accès garanti à l’eau potable 24h/24, et campagnes de sensibilisation ciblées. « Sans une politique globale de résilience climatique, ces populations resteront en première ligne des catastrophes écologiques », a souligné un représentant d’ActionAid auprès de RFI.

Et maintenant ?

Les prévisions météorologiques indiquent que les températures pourraient rester au-dessus de 40°C dans l’Uttar Pradesh jusqu’à la mi-juin, avec un risque accru de pics à 50°C dans certaines zones d’ici la fin du mois. Les autorités appellent la population à limiter les activités extérieures aux heures les plus chaudes et à s’hydrater régulièrement. Une réunion d’urgence est prévue le 20 mai 2026 entre le gouvernement de l’État et les associations locales pour évaluer l’efficacité des mesures en place et ajuster les dispositifs d’urgence.

La question reste entière : ces mesures suffiront-elles à protéger les populations les plus vulnérables face à une crise climatique qui ne cesse de s’aggraver ?