Le salon VivaTech, qui se tient à Paris du 17 au 20 juin 2026, devient cette année le théâtre d’annonces stratégiques majeures pour l’intelligence artificielle en Europe. Selon Euronews FR, les géants taïwanais Foxconn et américain Nvidia, aux côtés de l’entreprise française Mistral AI, ont confirmé des partenariats ambitieux pour développer des infrastructures d’IA souveraines sur le continent.
Ce qu'il faut retenir
- Foxconn et Bull vont construire des serveurs d’IA en Europe, avec un assemblage final en France, dans l’usine de Bull à Angers
- Nvidia et Mistral AI lancent Mistral Compute, une plateforme cloud de GPU dédiée à l’IA souveraine en Europe
- La France séduit ces acteurs grâce à son énergie nucléaire bon marché et stable, ainsi qu’à son écosystème de talents en IA
- Foxconn participera pour la première fois à VivaTech en présentant aussi des véhicules électriques et un robot humanoïde
- Nvidia mise sur l’open source et la réduction de l’empreinte carbone pour renforcer son attractivité en Europe
La France s’impose comme un hub incontournable pour le développement de l’intelligence artificielle en Europe. Lors de l’édition 2026 de VivaTech, qui a attiré plus de 200 000 participants issus de 170 pays – contre 45 000 en 2019 –, les acteurs majeurs du secteur ont choisi le pays pour y déployer leurs infrastructures. Selon Euronews FR, cette concentration de décisions stratégiques reflète une volonté européenne de réduire sa dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.
Le partenariat annoncé entre Foxconn, géant taïwanais de la fabrication électronique, et Bull, filiale française du groupe Atos spécialisée dans le calcul haute performance, illustre cette dynamique. Leur accord prévoit la construction de serveurs d’IA destinés aux usines de calcul intensif, essentielles pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle. « La France est l’un des plus grands pays d’Europe, avec énormément de talents… Nous savons aussi que la France est très forte dans les hautes technologies, en particulier dans le spatial », a déclaré James Wu, vice-président et porte-parole de Foxconn, à Euronews FR.
Les composants seront produits et testés en République tchèque, avant d’être assemblés et validés à Angers, en France. Ces serveurs ciblent prioritairement les fournisseurs de services cloud et les centres de calcul dédiés à l’IA, un marché en pleine expansion sur le continent. « La France nourrit de très grandes ambitions en matière de projets d’IA et nous pensons pouvoir jouer un rôle clé pour l’aider à atteindre cet objectif », a ajouté Wu.
Nvidia et Mistral AI unissent leurs forces pour une IA souveraine
Dans le même temps, Nvidia et Mistral AI, fleuron français de l’IA, ont annoncé le lancement de Mistral Compute, une infrastructure cloud de GPU conçue spécifiquement pour l’Europe. Cet outil vise à renforcer la souveraineté technologique du continent en offrant une alternative aux solutions américaines et chinoises. Lors de la précédente édition de VivaTech, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, s’était engagé à construire plus de 20 usines d’IA en Europe, désignant Mistral AI comme « champion européen du calcul souverain ».
« Nvidia essaie d’aider tous les acteurs, sur l’ensemble de ce gâteau, à faire fonctionner ces couches ensemble et à progresser de concert », a expliqué Nat Ives, directeur entreprise de Nvidia pour le Benelux, la France et les pays nordiques. Selon lui, la France présente des atouts majeurs, notamment grâce à la présence d’EDF, le géant public de l’électricité, et à son mix énergétique composé de nucléaire et d’énergies renouvelables. « Quand j’observe le travail réalisé pour décider de l’implantation des centres de données, la question de la durabilité et de l’empreinte carbone pèse énormément dans le processus », a souligné Ives.
Nvidia a également mis en avant son engagement environnemental, avec une alimentation de ses centres de données à 100 % par des énergies renouvelables. Sa nouvelle architecture de puces Blackwell permet, selon l’entreprise, de réduire jusqu’à 25 fois la consommation énergétique pour les tâches d’IA par rapport à la génération précédente.
Un écosystème français en pleine ébullition
Au-delà des infrastructures, la France mise sur son écosystème local pour attirer les investissements. Mistral AI, fondée en 2023 par d’anciens chercheurs de Meta et Google, incarne cette ambition. « Ces concepteurs de modèles en Europe ont un rôle immense à jouer », a confié Nat Ives, rappelant avoir « travaillé avec eux dès leurs débuts, alors qu’ils n’étaient encore que trois dans un café ».
Le pays compte également des acteurs comme AMI, H Company ou des éditeurs de logiciels, ainsi qu’un vivier de talents formés dans ses universités. « Nous avons collaboré, soutenu et investi dans ces initiatives dès le début, car nous pensons que l’open source et l’open science sont essentiels pour offrir ce choix », a précisé Ives. Ces entreprises permettent à des organisations ou développeurs aux ressources limitées d’accéder à des outils d’IA sans recourir aux solutions fermées, comme celles proposées par OpenAI.
Foxconn, pour sa part, ne se limite pas aux serveurs d’IA. Lors de VivaTech 2026, le groupe a présenté deux véhicules électriques – dont l’un équipé d’un siège massant – ainsi qu’un robot humanoïde à roues capable d’effectuer des tâches d’assemblage de haute précision. Ces démonstrations illustrent la diversité des applications de l’IA et des technologies avancées que la France souhaite développer.
Une chose est sûre : la France, grâce à son mix énergétique, son écosystème de start-up et ses partenariats industriels, s’impose comme un acteur clé de cette transition. Reste à voir si ces initiatives parviendront à fédérer l’ensemble des États membres autour d’une stratégie commune.
Mistral Compute est une plateforme cloud de GPU conçue par Nvidia et Mistral AI pour répondre aux besoins spécifiques du marché européen. Contrairement aux solutions américaines ou chinoises, elle est développée dans une logique de souveraineté technologique, avec une attention particulière portée à la réduction de l’empreinte carbone et à l’utilisation d’énergies renouvelables. Elle vise à offrir une alternative aux modèles propriétaires, en s’appuyant sur l’open source et l’open science.
Foxconn a retenu la France pour plusieurs raisons : son énergie nucléaire bon marché et stable, un écosystème industriel solide avec des acteurs comme Bull, et une volonté politique claire de développer l’IA. « La France bénéficie d’un excellent atout en termes d’infrastructures énergétiques, notamment grâce à une part importante de nucléaire », a souligné James Wu auprès d’Euronews FR. Le pays représente aussi un marché stratégique pour l’ensemble de la chaîne de valeur, des véhicules électriques aux smartphones en passant par les centres de données.