Le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a entamé ce jeudi 18 juin 2026 à Varsovie une visite officielle en Pologne, marquant une étape clé de sa tournée européenne visant à consolider des alliances politiques à l’extrême droite et nationalistes. Selon Le Figaro, cette visite s’inscrit dans un contexte de préparation à la présidentielle française du printemps 2027, où Bardella figure parmi les favoris des sondages. En Pologne, cette démarche s’ajoute aux législatives prévues à l’automne 2027, où l’alliance entre le parti Droit et Justice (PiS) et la coalition Konfederacja pourrait s’avérer décisive.
Ce qu'il faut retenir
- Rencontre prévue entre Jordan Bardella et Krzysztof Bosak, leader de la coalition nationaliste Konfederacja, qui rassemble des mouvements anti-européens, anti-ukrainiens et anti-système.
- Discussions à huis clos avec le président nationaliste Karol Nawrocki, proche du PiS, principal parti d’opposition en Pologne.
- Visite du siège de Frontex à Varsovie, suivie d’un déplacement à la frontière polono-biélorusse, où une barrière anti-migrants a été érigée depuis 2021.
- Déclaration de Bardella sur le renforcement de la coopération militaire franco-polonaise, évoquant le « désengagement américain » en Europe.
- Hommage rendu au monument aux héros du ghetto de Varsovie et à la tombe du soldat inconnu, dans le cadre de cette tournée diplomatique.
Une tournée européenne en vue de la présidentielle française
Cette visite en Pologne s’inscrit dans le cadre d’une tournée internationale entamée par Jordan Bardella, qui l’a déjà conduit au Portugal, en Italie et en Belgique. L’objectif affiché est de renforcer les liens avec les partis d’extrême droite européens, une stratégie qui pourrait s’avérer déterminante pour la campagne présidentielle française de 2027. En Pologne, Bardella a rencontré Krzysztof Bosak, figure majeure de Konfederacja, une coalition hétéroclite regroupant des mouvements nationalistes, libertariens et radicaux anti-système. Selon les informations du Figaro, cette rencontre s’est focalisée sur des thématiques communes, notamment la lutte contre l’immigration et une critique virulente de l’Union européenne.
Le leader du RN a également eu un entretien à huis clos avec Karol Nawrocki, président nationaliste proche du PiS, parti actuellement dans l’opposition mais qui pourrait revenir au pouvoir lors des législatives de 2027. Ces discussions interviennent alors que les deux pays cherchent à renforcer leur coopération, notamment dans les domaines militaire et sécuritaire, à un moment où les tensions géopolitiques en Europe s’intensifient.
Coopération militaire et souveraineté européenne, thèmes centraux
Lors de sa conférence de presse à Varsovie, Jordan Bardella a insisté sur la nécessité pour les nations européennes de « prendre en main leur destin », évoquant un « nouveau leadership » à assumer pour la France. Il a déclaré : « Les nations européennes doivent prendre en main leur destin et notamment leur autonomie, leur indépendance, leur liberté et la France a un rôle et un nouveau leadership à assumer sur la scène européenne. » Selon lui, la coopération militaire franco-polonaise doit être approfondie, notamment « à l’heure du désengagement américain » en Europe. Bardella a rappelé la signature, l’an dernier, d’un traité renforçant la défense entre les deux pays, soulignant que Paris et Varsovie doivent « travailler main dans la main » pour faire face aux défis actuels.
Cette volonté de renforcer l’autonomie stratégique européenne s’accompagne d’une visite symbolique à la frontière polono-biélorusse, où une barrière de plusieurs centaines de kilomètres a été construite depuis 2021. Selon les autorités polonaises, cette infrastructure vise à endiguer les flux migratoires organisés, selon elles, par Minsk pour déstabiliser l’Union européenne. Bardella doit se rendre au siège de l’agence européenne de contrôle des frontières, Frontex, basée à Varsovie, avant de se rendre à la frontière. Une démarche qui illustre la convergence des positions entre Varsovie et Paris sur les questions migratoires.
Un déplacement chargé de symboles
Jeudi matin, avant ses rencontres politiques, Jordan Bardella a rendu hommage au monument aux héros du ghetto de Varsovie, un geste fort dans une capitale marquée par l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il s’est également recueilli devant la tombe du soldat inconnu, une tradition diplomatique pour les visiteurs étrangers. Selon Le Figaro, ces gestes s’inscrivent dans une stratégie de légitimation internationale, visant à présenter Bardella comme un dirigeant responsable et respectueux des valeurs européennes, malgré son positionnement à l’extrême droite.
Cette visite s’inscrit également dans un contexte où les questions de souveraineté et d’immigration dominent le débat politique en Europe. En Pologne, la coalition PiS-Konfederacja pourrait, si elle remporte les législatives de 2027, former un gouvernement allié avec Paris sur ces thématiques. Pour Bardella, cette alliance potentielle représente une opportunité de peser davantage sur la scène européenne, alors que la France se prépare à un scrutin présidentiel décisif.
Quelles perspectives pour l’alliance RN-Pologne ?
Si les discussions entre Bardella et ses homologues polonais semblent prometteuses, plusieurs inconnues subsistent. D’abord, la capacité du RN à transformer ces alliances en un projet politique cohérent en France, alors que le parti reste sous surveillance pour ses positions radicales. Ensuite, la viabilité d’une coalition PiS-Konfederacja en Pologne dépendra des rapports de force électoraux et des alliances possibles avec d’autres formations politiques. Enfin, la question de l’autonomie stratégique européenne, centrale dans les échanges entre Bardella et ses interlocuteurs, pourrait se heurter à des divergences entre Paris et Varsovie sur la méthode à adopter, notamment en matière de défense et de relations avec l’OTAN.
Reste à voir si ces échanges déboucheront sur des actions concrètes, comme des accords militaires ou des positions communes au sein de l’Union européenne. Une chose est sûre : la visite de Bardella en Pologne marque une étape supplémentaire dans la construction d’un réseau d’influence à l’extrême droite européenne, alors que les échéances électorales se rapprochent.
Cette visite s’inscrit dans la stratégie de Bardella de renforcer la coopération européenne sur les questions migratoires, un thème central de son parti. Frontex, agence européenne basée à Varsovie, joue un rôle clé dans le contrôle des frontières extérieures de l’UE. Le déplacement à la frontière polono-biélorusse permet à Bardella de montrer son alignement avec la politique migratoire de Varsovie, qui consiste à ériger des barrières pour limiter l’immigration organisée, selon elle, par Minsk.
Bardella a rencontré Krzysztof Bosak, leader de Konfederacja, une coalition nationaliste, anti-européenne et anti-ukrainienne, ainsi que Karol Nawrocki, président proche du PiS, principal parti d’opposition en Pologne. Ces rencontres visent à renforcer les liens avec l’extrême droite européenne, dans la perspective des élections françaises de 2027 et polonaises de 2027, où ces alliances pourraient jouer un rôle décisif.