Dans le cadre du Climat Libé Tour, organisé à Bourges, l’actrice et réalisatrice Judith Godrèche a obtenu une carte blanche pour s’exprimer sur le thème « À quoi tenons-nous vraiment ? ». Selon Libération, elle a choisi de recentrer le débat sur la lutte contre les violences sexuelles, refusant fermement la vision d’un « féminisme carcéral » qu’elle attribue à la stratégie du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Ce qu'il faut retenir

  • Judith Godrèche s’est exprimée lors d’un débat organisé par Libération dans le cadre du Climat Libé Tour à Bourges.
  • Elle rejette l’idée d’un « féminisme carcéral » promu selon elle par Gérald Darmanin pour encadrer les mobilisations contre les violences sexuelles.
  • L’actrice défend une colère féministe qu’elle qualifie d’« universelle », refusant toute instrumentalisation politique du combat contre les violences faites aux femmes.

Une mobilisation féministe face à une réponse sécuritaire

Pour Judith Godrèche, la lutte contre les violences sexuelles ne peut se réduire à une approche répressive ou carcérale. Selon Libération, elle a souligné lors de son intervention que la colère des femmes, loin d’être un phénomène marginal, est partagée par une majorité de la société. Cette colère, selon elle, est un moteur essentiel pour faire évoluer les mentalités et les lois. — Elle a par ailleurs rappelé que les violences sexuelles ne sont pas un sujet de société parmi d’autres, mais une réalité qui touche des millions de personnes en France.

La position de l’actrice s’inscrit en opposition frontale avec les propositions portées par Gérald Darmanin, qui a récemment évoqué la nécessité de « sanctionner plus sévèrement » les auteurs de violences sexuelles. Pour Judith Godrèche, une telle approche revient à enfermer la lutte féministe dans un cadre strictement pénal, au détriment d’une réflexion plus large sur les causes structurelles de ces violences.

Le féminisme carcéral : une dérive selon l’actrice

Judith Godrèche a expliqué à Libération que le « féminisme carcéral » tel qu’elle le décrit — c’est-à-dire une vision qui place la prison au cœur de la réponse aux violences sexistes — risquerait de détourner l’attention des mesures préventives et éducatives nécessaires. — Elle a ainsi rappelé que la justice seule ne suffit pas à transformer les rapports de genre, et que la société doit aussi s’interroger sur les normes qui perpétuent ces violences.

L’actrice a également critiqué l’idée que les victimes de violences devraient systématiquement passer par la case justice pour être entendues. Pour elle, cette approche contribue à décourager les victimes de porter plainte, notamment lorsque les procédures judiciaires s’avèrent longues et traumatisantes. Elle a ainsi appelé à une prise de conscience collective, bien au-delà des seuls cercles militants.

« Je tiens à ma colère et je la sais universelle. Elle n’est pas l’apanage d’un petit groupe de militantes, mais une réaction légitime face à l’inaction et à l’hypocrisie de ceux qui prétendent nous protéger. »
Judith Godrèche, selon Libération

Un débat qui dépasse les clivages politiques

L’intervention de Judith Godrèche s’inscrit dans un contexte où les questions de violences sexuelles occupent une place centrale dans le débat public. Selon Libération, elle a rappelé que ces violences ne sont pas l’apanage d’un milieu social ou d’une classe d’âge, mais touchent toutes les catégories de la population. — Elle a ainsi souligné l’importance de ne pas réduire ce combat à une question de « genre » ou de « classe », mais de le considérer comme un enjeu de société global.

Pour l’actrice, la lutte contre les violences sexuelles doit s’accompagner d’une réflexion sur l’éducation, la culture et les médias, qui contribuent souvent à normaliser ces violences. Elle a ainsi appelé à une mobilisation bien plus large que celle portée par les seuls mouvements féministes traditionnels.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de ce débat pourraient être marquées par la publication du rapport de la commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles, attendue pour la fin de l’année 2026. Ce rapport, qui s’appuie sur des milliers de témoignages, pourrait influencer les futures politiques publiques en matière de prévention et de répression. — Par ailleurs, la loi sur les violences sexistes et sexuelles, dont l’examen est prévu à l’automne 2026, devrait intégrer certaines des propositions issues de ces réflexions. Reste à voir si les orientations défendues par Judith Godrèche y seront prises en compte.

Une chose est sûre : la question des violences sexuelles ne sera pas résolue par des mesures purement répressives. Comme le souligne l’actrice, c’est l’ensemble de la société qui doit se remettre en question pour enfin faire évoluer les mentalités.

Selon Judith Godrèche, le « féminisme carcéral » désigne une approche qui place la prison au centre de la réponse aux violences sexuelles, en privilégiant les sanctions pénales au détriment de mesures préventives, éducatives ou structurelles. Pour l’actrice, cette vision risquerait de réduire la lutte féministe à une logique de répression, sans s’attaquer aux causes profondes des violences.