À partir de cet été, les patients recevant ou ayant reçu un traitement contre le cancer en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur pourront bénéficier d’un remboursement pour des séances d’activité physique adaptée (APA). Cette mesure, issue d’une expérimentation votée par les parlementaires en 2023, s’appuie sur un décret publié au Journal officiel le 14 avril 2026, selon Ouest France. Pour l’instant, les médecins peuvent prescrire ces séances, mais elles ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. Cela va changer pour les assurés de ces trois régions pilotes.
Ce qu'il faut retenir
- Trois régions concernées : Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficieront du remboursement de l’APA pour les patients atteints de cancer.
- Décret publié le 14 avril 2026 : il officialise les modalités de cette expérimentation, votée par le Parlement en 2023.
- Séances non remboursées jusqu’ici : bien que prescrites par les médecins, les séances d’APA n’étaient pas prises en charge par l’Assurance maladie avant cette réforme.
- Activité physique adaptée : elle combine renforcement musculaire et exercices d’endurance, conçus pour limiter les complications et les récidives chez les patients.
- Intervention non médicamenteuse : l’APA s’ajoute aux traitements classiques pour améliorer la qualité de vie des malades.
L’activité physique adaptée (APA) désigne un programme d’exercices personnalisés, alliant renforcement musculaire et endurance, spécifiquement conçu pour les personnes touchées par un cancer. Cette approche vise à réduire les complications liées aux traitements et à diminuer les risques de récidive, comme l’explique le Dr Alain Fuchs, médecin-conseil à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et médecin du sport de formation. Membre du collectif « Pour une France en forme », il rappelle que l’APA est une intervention non médicamenteuse, complémentaire aux soins traditionnels. Cette mesure s’inscrit dans une logique de prévention active et de réhabilitation des patients, un enjeu de santé publique désormais reconnu.
Une prescription médicale toujours nécessaire, mais un accès facilité
Pour bénéficier de ces séances remboursées, les patients devront obtenir une prescription de leur médecin traitant ou d’un spécialiste. Cette étape reste obligatoire, comme le rappelle le décret d’avril 2026. En effet, l’APA n’est pas une activité libre, mais une thérapeutique encadrée, adaptée à chaque patient en fonction de son état de santé et de son parcours de soins. Le remboursement concernera uniquement les séances réalisées auprès de professionnels agréés, afin d’assurer un suivi sécurisé et efficace. Cette démarche s’aligne sur les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), qui préconise l’intégration de l’activité physique dans le parcours de soins des patients atteints de maladies chroniques.
Des bénéfices scientifiquement reconnus, mais encore méconnus
Les vertus de l’APA sur la santé des patients atteints de cancer ne sont plus à démontrer. Selon le Dr Fuchs, « moins de complications et de récidives » figurent parmi les principaux avantages observés. Ces résultats s’appuient sur de nombreuses études internationales, qui ont mis en évidence l’impact positif de l’activité physique sur la fatigue, la qualité de vie et même la survie des patients. Pourtant, cette pratique reste sous-utilisée en France. Le remboursement partiel dans trois régions pourrait donc contribuer à démocratiser cette approche. Côté..., l’expérimentation permettra d’évaluer l’efficacité réelle de cette mesure sur le terrain, tant en termes de santé que de coûts pour l’Assurance maladie.
« L’activité physique adaptée, c’est une intervention non médicamenteuse qui peut faire la différence dans le parcours de soins des patients atteints de cancer. Moins de complications, moins de récidives, et surtout une meilleure qualité de vie. »
— Dr Alain Fuchs, médecin-conseil à la Cnam et médecin du sport, membre du collectif « Pour une France en forme »
Pour les assurés concernés, l’enjeu sera désormais de se rapprocher de leur médecin pour obtenir une prescription. Les professionnels de santé, de leur côté, devront se former à cette nouvelle pratique afin de prescrire des séances adaptées. Enfin, les associations de patients et les structures sportives spécialisées auront un rôle clé à jouer pour accompagner les malades dans cette démarche. L’objectif ? Faire de l’APA un réflexe, au même titre que les autres traitements.
L’activité physique adaptée remboursée concerne tous les patients ayant reçu ou recevant un traitement contre un cancer, quel que soit le type de tumeur ou le stade de la maladie. Cette mesure s’adresse donc à une large population, dans les trois régions pilotes.
Les patients pourront se tourner vers des kinésithérapeutes, des enseignants en activité physique adaptée ou des structures labellisées par les agences régionales de santé (ARS). Une liste des professionnels agréés sera mise à disposition par les caisses d’assurance maladie des trois régions concernées.