Alors que les États-Unis s’apprêtent à célébrer le 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance, le 4 juillet prochain, le projet de rénovation du bassin du National Mall à Washington cristallise les tensions politiques et symboliques. Selon Le Figaro, ce chantier controversé, qui vise à repeindre en bleu l’immense plan d’eau situé entre le Washington Monument et le Lincoln Memorial, a déjà commencé sans appel d’offres, alimentant les critiques sur les méthodes du président Donald Trump.

Ce qu’il faut retenir

  • Le projet de repeindre en bleu le bassin du National Mall, à Washington, suscite une vive polémique à moins de deux mois du 250e anniversaire de l’indépendance américaine.
  • Le coût du chantier, initialement estimé à 1,8 million de dollars, aurait déjà atteint 13 millions, selon Le New York Times, cité par Le Figaro.
  • Les travaux ont été lancés sans appel d’offres, invoquant l’urgence de terminer avant le 4 juillet, une procédure inhabituelle pour un monument national.
  • Des associations ont saisi la justice pour faire annuler le projet, qualifiant la rénovation de « profanation » et dénonçant une approche jugée « dictatoriale ».
  • Donald Trump défend son initiative, affirmant avoir rejeté un projet à 300 millions pour privilégier une solution plus rapide et économique.

Un chantier controversé au cœur de la capitale américaine

Depuis plusieurs semaines, l’esplanade du National Mall, emblème de l’unité nationale américaine, porte les stigmates d’un chantier aux méthodes contestées. Les travaux, ordonnés par Donald Trump, consistent à repeindre en bleu « bleu du drapeau américain » un bassin construit dans les années 1920. Selon l’Élysée américaine, cette rénovation s’imposait car le bassin était « sale, dégoûtant, et fuyait de partout depuis des années ». Une vidéo diffusée par la Maison Blanche montre le président sur le chantier la semaine dernière, insistant sur la nécessité de ces travaux.

Pourtant, la rapidité avec laquelle le projet a été lancé, sans appel d’offres, interroge. Comme le rapporte Le Figaro, le gouvernement a justifié cette procédure par l’urgence de finaliser les travaux avant le 4 juillet, date symbolique des 250 ans de l’indépendance. Une décision qui a suscité l’incompréhension, voire l’indignation, de nombreux observateurs. Une organisation de défense des paysages culturels a même porté plainte pour interrompre le chantier, qualifiant la rénovation de « profanation » d’un monument national.

Entre supporters et détracteurs, un projet qui divise

Comme souvent avec les initiatives de Donald Trump, le bassin bleu du National Mall cristallise les fractures politiques américaines. Ses partisans y voient une preuve de son efficacité, voire de son génie managérial. « Il sait ce qu’il fait avec tous les bâtiments qu’il a construits », assure Elizabeth Miller, une touriste venue de Pennsylvanie pour visiter le Lincoln Memorial. « Il rend l’Amérique fière en remettant tout en ordre », ajoute-t-elle. Certains visiteurs, comme Russ, un touriste de l’Arizona, défendent l’idée que le président a su faire des économies en confiant le chantier à un pisciniste connu, pour un coût bien inférieur aux estimations initiales. « Si c’est moins cher, plus rapide et tout aussi efficace, pourquoi gaspiller l’argent du contribuable ? », s’interroge-t-il.

À l’inverse, les détracteurs du président dénoncent une nouvelle manifestation de son « narcissisme » et de son mépris des procédures démocratiques. « La ville portera longtemps les cicatrices laissées par ce fou », lance Sammy, une jeune femme de Virginie venue visiter la capitale. « Il met son nez partout où il peut », s’emporte-t-elle, refusant de donner son nom de famille. D’autres visiteurs, comme Margaret Herro, originaire du Wisconsin, expriment leur inquiétude face à cette approche jugée « dictatoriale ». « Je pensais qu’il existait une procédure pour restaurer nos monuments nationaux, et je n’ai pas l’impression qu’il l’ait respectée », déclare-t-elle.

Des doutes techniques et financiers qui persistent

Au-delà des polémiques politiques, des questions se posent sur la pertinence même du projet. Obe, un ingénieur venu du Maryland, estime que repeindre le bassin en bleu ne résoudra pas ses problèmes structurels. « Ce n’est pas la bonne solution », souligne-t-il. « Il fallait réparer le drainage, pas simplement peindre en bleu pour lui donner un aspect plus éclatant. » Les coûts, eux aussi, suscitent des interrogations. Selon Le New York Times, la facture aurait déjà atteint 13 millions de dollars, un montant bien supérieur aux 1,8 million initialement annoncés par l’administration Trump. Interrogé sur ce point, le président a affirmé ne pas connaître le contractant, semblant ainsi contredire ses déclarations précédentes.

Cette accumulation d’opacités et de contradictions alimente les soupçons de favoritisme. Le Figaro rappelle que ce n’est pas la première fois que des projets immobiliers ou urbains de Donald Trump font l’objet de critiques. Depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an, plusieurs rénovations controversées ont été lancées, comme la destruction d’une aile entière de la résidence présidentielle pour y construire une salle de bal, ou encore le projet d’un « Arc de Triomphe des États-Unis » de plus de 76 mètres de haut, soit bien plus que l’Arc de Triomphe de Paris. Autant dire que ce bassin bleu s’inscrit dans une logique plus large de transformation symbolique de la capitale.

Un symbole de plus dans une Amérique fracturée

Pour Gregory Scott, un touriste venu d’Atlanta, ce projet interroge sur l’avenir de la démocratie américaine. « Qu’est-ce qu’il va encore faire ensuite ? » s’interroge-t-il, résumant ainsi l’inquiétude de nombreux observateurs. En effet, ce chantier s’ajoute à une série de projets monumentaux lancés par Donald Trump, qui semblent tous répondre à une même logique : marquer de son empreinte la capitale, au mépris parfois des règles établies. Le 250e anniversaire de l’indépendance, prévu pour le 4 juillet, devait être l’occasion de célébrer l’unité nationale. Pourtant, le bassin bleu du National Mall risque de devenir, pour ses détracteurs, le symbole d’une Amérique de plus en plus divisée.

Et maintenant ?

La procédure judiciaire engagée par les associations de défense du patrimoine pourrait aboutir avant le 4 juillet, date butoir des célébrations. Si le tribunal donne raison aux plaignants, les travaux pourraient être interrompus, plongeant l’administration Trump dans une nouvelle crise symbolique. Dans le cas contraire, le bassin bleu restera en place, devenant un marqueur supplémentaire de la présidence actuelle. Reste à savoir si ce projet, comme d’autres avant lui, sera perçu comme une réussite ou une nouvelle source de tensions dans une Amérique déjà profondément polarisée.

Une chose est sûre : alors que le pays s’apprête à commémorer ses fondements, ce bassin bleu du National Mall illustre, une fois de plus, la capacité de Donald Trump à transformer chaque initiative en un sujet de débat national. Que l’on soit partisan ou opposant, il est désormais difficile d’ignorer son empreinte sur le paysage politique et urbain américain.

Le président Donald Trump a ordonné ce chantier dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine, affirmant que le bassin, construit dans les années 1920, était « sale, dégoûtant, et fuyait de partout depuis des années ». Selon lui, repeindre le bassin en bleu, couleur du drapeau américain, permettrait de lui donner un aspect « plus éclatant » et de le mettre en valeur pour l’événement du 4 juillet 2026.

Initialement présenté comme un projet à 1,8 million de dollars, le coût des travaux aurait déjà atteint 13 millions, selon Le New York Times. La polémique porte sur le fait que les travaux ont été lancés sans appel d’offres, une procédure inhabituelle pour un monument national. Le gouvernement a justifié cette décision par l’urgence de terminer les travaux avant le 4 juillet, mais cette méthode a été critiquée comme un manque de transparence et une possible favoritisme.