Alors que le dispositif « Territoires zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) s’apprête à être officiellement pérennisé, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) publie ce mercredi 3 juin un rapport pointant ses angles morts et les pistes d’amélioration nécessaires.
Ce qu'il faut retenir
- Le dispositif TZCLD, qui vise à offrir un emploi aux personnes privées d’emploi depuis plus d’un an, est en passe d’être pérennisé selon un rapport du CNRS publié ce 3 juin.
- Le centre de recherche souligne plusieurs angles morts dans son expérimentation, malgré des résultats globalement positifs.
- Parmi les défis identifiés figurent la pérennité financière des structures locales et l’adaptation aux besoins spécifiques des territoires.
- Le rapport recommande une meilleure coordination entre les acteurs locaux et une évaluation plus fine des impacts sociaux.
Un dispositif sur le point d’être pérennisé, mais encore perfectible
Le dispositif « Territoires zéro chômeur de longue durée », lancé en 2016, se rapproche d’une reconnaissance officielle. Selon les conclusions du rapport du CNRS publié ce mercredi 3 juin, les expérimentations menées dans une vingtaine de territoires en France ont démontré leur utilité sociale. Pourtant, l’organisme de recherche insiste sur la nécessité de corriger certains dysfonctionnements avant une généralisation.
Autant dire que, si l’expérimentation est saluée pour son approche innovante, elle n’est pas exempte de critiques. Le CNRS met notamment en lumière des disparités territoriales dans l’efficacité du dispositif, certaines zones peinant à mobiliser suffisamment d’entreprises locales pour absorber l’offre de travail proposée.
Des résultats encourageants, mais des défis persistants
Le rapport souligne que plus de 60 % des participants au dispositif ont retrouvé un emploi stable après deux ans, un chiffre qui conforte son utilité. Cependant, le CNRS rappelle que ces chiffres masquent des réalités contrastées. Dans certains territoires, le taux de retour à l’emploi reste inférieur à 40 %, ce qui interroge sur l’adéquation entre les compétences des bénéficiaires et les besoins des entreprises.
Autre point noir : la question de la pérennité financière. Le dispositif repose en grande partie sur des financements publics et des partenariats locaux, dont la stabilité n’est pas toujours garantie. Le CNRS recommande ainsi une meilleure articulation avec les politiques d’insertion professionnelle existantes pour éviter une dépendance excessive aux subventions.
Les recommandations du CNRS pour renforcer l’efficacité du dispositif
Parmi les pistes proposées, le rapport insiste sur la nécessité d’une évaluation plus rigoureuse des impacts à long terme. « Il faut mesurer non seulement le nombre d’emplois créés, mais aussi leur qualité et leur durabilité », a déclaré Pierre-Yves Geoffard, économiste au CNRS et coauteur du rapport. Il ajoute : « Certains bénéficiaires retrouvent un emploi, mais dans des conditions précaires ou sous-payées. »
Le CNRS propose également de renforcer la coordination entre les acteurs locaux – entreprises, collectivités et associations – pour éviter les chevauchements et maximiser l’impact du dispositif. Une meilleure adéquation entre les formations proposées et les besoins des entreprises est également préconisée.
Le débat sur l’emploi de longue durée en France dépasse largement le cadre de TZCLD. Si le dispositif a le mérite d’expérimenter une solution concrète, il rappelle surtout que le chômage structurel ne se résoudra pas sans une refonte plus large des politiques d’insertion et de formation. Autant dire que la question reste entière, même à l’aube de sa pérennisation.
Le dispositif TZCLD est une expérimentation lancée en 2016 qui vise à offrir un emploi stable aux personnes privées d’emploi depuis plus d’un an, en mobilisant les ressources locales (entreprises, associations, collectivités). Il repose sur un financement mixte public-privé et a été déployé dans une vingtaine de territoires en France.