Avec plus de 2 millions de joueurs actifs chaque mois sur Chess.com en France, la plateforme attire autant les amateurs que les joueurs confirmés. Pourtant, certains utilisateurs tombent dans un piège bien particulier : celui du doomchessing, une forme d’addiction aux échecs en ligne. Selon Le Monde, ce phénomène se caractérise par une impossibilité de s’arrêter, favorisée par des mécanismes conçus pour maintenir l’attention et relancer sans cesse le joueur.
Ce qu'il faut retenir
- 2 millions de joueurs actifs mensuels sur Chess.com en France, selon Le Monde.
- Le doomchessing désigne une addiction aux échecs en ligne, où les joueurs ne parviennent plus à décrocher.
- Les interfaces des plateformes, comme Chess.com, sont optimisées pour relancer et retenir les utilisateurs.
- Cette pratique peut s’immiscer dans la vie quotidienne, au point de perturber les conversations.
Un phénomène lié aux mécanismes des plateformes en ligne
Les plateformes d’échecs en ligne, comme Chess.com, utilisent des algorithmes pour analyser les parties et proposer des matchs supplémentaires. « Parfois, au milieu d’une conversation, il commence à jouer », confie un utilisateur interrogé par Le Monde. Ces interfaces, conçues pour maximiser l’engagement, poussent certains joueurs à enchaîner les parties sans interruption. L’accès immédiat aux adversaires et la rapidité des échanges renforcent ce comportement compulsif.
Une addiction qui dépasse le cadre du jeu
Le doomchessing ne se limite pas à une simple pratique ludique. Selon les témoignages recueillis par Le Monde, certains joueurs avouent négliger leurs obligations professionnelles ou personnelles pour se replonger dans des parties. « Je me surprends à vérifier mon téléphone toutes les cinq minutes », explique un autre joueur. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance plus large de dépendance aux écrans et aux jeux en ligne, où la frontière entre loisir et addiction devient floue.
Un public varié, mais des profils plus vulnérables
Si le doomchessing touche des joueurs de tous niveaux, les débutants et les joueurs intermédiaires semblent plus exposés. Leur moindre maîtrise des outils de régulation des parties les rend plus sensibles aux relances automatiques. Les tournois en ligne, avec leurs notifications et classements mis à jour en temps réel, amplifient cette dynamique. « On se laisse entraîner par le système », souligne un joueur confirmé, qui admet avoir déjà perdu des heures sans s’en rendre compte.
À plus long terme, ce sujet interroge sur la responsabilité des éditeurs de plateformes et sur l’équilibre entre divertissement et santé mentale. Si le jeu reste avant tout un loisir, son usage doit rester maîtrisé.
Les signes incluent la difficulté à s’arrêter de jouer malgré des conséquences négatives, la négligence d’autres activités et une sensation de manque entre les parties. Certains joueurs avouent également ressentir une pression constante à améliorer leur classement.