D’ici 2050, les aquariums ne prélèveront plus d’espèces directement en mer, une évolution majeure qui impose une refonte complète des expositions et des pratiques. C’est l’un des constats partagés par les spécialistes français et belges réunis à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) à l’occasion des 35 ans de Nausicaá, comme le rapporte Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • 35 ans : Nausicaá, situé à Boulogne-sur-Mer, célèbre son anniversaire en imaginant les aquariums de demain.
  • Les aquariums de 2050 ne prélèveront plus en mer, une révolution qui modifie radicalement la gestion des espèces exposées.
  • La reproduction des espèces en captivité deviendra la priorité absolue pour alimenter les bassins.
  • Des experts français et belges ont collaboré pour esquisser les contours de ces établissements de nouvelle génération.
  • Le bien-être animal et la durabilité environnementale seront au cœur des stratégies mises en place.

Un modèle à repenser dès aujourd’hui

Pour Nausicaá, qui fête ses 35 ans cette année, l’avenir s’écrit en 2050. La décision de ne plus prélever d’espèces en milieu naturel d’ici cette date n’est pas anodine. Elle implique une transformation profonde des contenus proposés aux visiteurs. « Nous devons anticiper dès maintenant les espèces que nous pourrons élever en captivité », a expliqué un responsable de l’établissement, cité par Ouest France. Autant dire que la logistique, la recherche et la collaboration entre structures deviennent indispensables.

Cette mutation s’inscrit dans une logique de préservation des écosystèmes marins, de plus en plus menacés par la surpêche et le réchauffement climatique. Les aquariums, longtemps pointés du doigt pour leurs prélèvements massifs, se retrouvent aujourd’hui en première ligne pour promouvoir un tourisme et une pédagogie respectueux de l’environnement.

Bien-être animal et reproduction : les nouveaux piliers

Parmi les défis majeurs figure la reproduction des espèces en captivité. Aujourd’hui, certaines espèces sont encore capturées dans leur milieu naturel pour alimenter les bassins des aquariums. Demain, cette pratique devra être abandonnée. « Nous travaillons sur des protocoles de reproduction adaptés à chaque espèce », a précisé un expert belge présent lors des échanges. L’objectif ? Garantir des populations stables et génétiquement viables, sans puiser dans les ressources sauvages.

Le bien-être animal constitue un autre axe central. Les structures comme Nausicaá devront adapter leurs infrastructures pour offrir des conditions de vie optimales aux espèces hébergées. Cela passe par des bassins plus vastes, une gestion fine de la qualité de l’eau ou encore des enrichissements comportementaux pour stimuler les animaux. « Un poisson stressé n’est pas un poisson en bonne santé », a rappelé un spécialiste français lors des discussions.

Une collaboration transfrontalière pour innover

La réflexion autour des aquariums du futur ne se limite pas aux frontières françaises. Des experts belges ont rejoint leurs homologues français à Boulogne-sur-Mer pour échanger sur les meilleures pratiques. Ensemble, ils ont esquissé des pistes pour harmoniser les méthodes de reproduction et partager les connaissances acquises. « La coopération est indispensable », a souligné un représentant du monde aquatique belge. Les laboratoires, les universités et les parcs marins devront travailler de concert pour accélérer les progrès.

Ces échanges s’inscrivent dans un mouvement plus large, porté par des initiatives européennes visant à standardiser les pratiques des aquariums. L’enjeu ? Créer un réseau d’expertise capable de relever les défis posés par cette transition écologique.

Et maintenant ?

D’ici 2030, les premières grandes lignes des aquariums de 2050 devraient émerger. Les établissements pionniers, comme Nausicaá, pourraient servir de laboratoires d’essai pour tester de nouvelles méthodes de reproduction et d’élevage. La prochaine étape consistera à convaincre l’ensemble du secteur de l’utilité — et de la nécessité — de cette transformation. Reste à voir si les aquariums du monde entier parviendront à s’unir autour de ces objectifs.

En définitive, la route vers 2050 s’annonce semée d’embûches techniques et financières. Mais une chose est sûre : l’aquarium de demain ne ressemblera plus à celui d’aujourd’hui. Entre reproduction maîtrisée et bien-être animal, les défis sont immenses. La question n’est plus de savoir si cette mutation aura lieu, mais comment elle se concrétisera.

Les espèces les plus fragiles et menacées dans leur milieu naturel, comme certains coraux ou poissons tropicaux, devraient être prioritaires pour la reproduction en captivité. Nausicaá et ses partenaires ont déjà identifié plusieurs cibles, mais la liste définitive sera établie en fonction des avancées scientifiques.