Selon Top Santé, deux études récentes en psychologie et neurosciences révèlent que certains mensonges pourraient, paradoxalement, renforcer une relation de couple. Une affirmation qui bouscule les idées reçues sur la transparence absolue entre partenaires.
Ce qu'il faut retenir
- Deux types de mensonges seraient bénéfiques : ceux visant à protéger l’autre et ceux servant à préserver la relation.
- Une étude de l’université de Californie a analysé 1 500 couples sur cinq ans pour identifier ces comportements.
- Les mensonges « protecteurs » concernent 37 % des participants, tandis que les mensonges « relationnels » touchent 28 %.
- Ces pratiques sont plus fréquentes dans les couples de plus de dix ans, selon les chercheurs.
- Les neurosciences expliquent ces mécanismes par la recherche de sécurité émotionnelle.
Des mensonges qui préservent l’équilibre du couple
Top Santé rapporte que ces deux formes de mensonges, qualifiés de « nécessaires », ne relèvent pas d’une volonté de tromper mais plutôt d’une stratégie inconsciente pour maintenir l’harmonie. La première catégorie, dite « protectrice », consiste à taire une vérité potentiellement blessante — comme une ancienne relation passée — afin d’éviter une souffrance inutile à l’autre. La seconde, « relationnelle », vise à éviter des conflits inutiles en minimisant, par exemple, l’importance d’un désaccord passager.
Une étude publiée dans la revue Journal of Social and Personal Relationships en 2025 a suivi 1 500 couples hétérosexuels âgés de 25 à 65 ans. Les résultats montrent que 37 % d’entre eux admettent recourir à des mensonges protecteurs au moins une fois par mois. Pour les mensonges relationnels, ce chiffre s’élève à 28 %. Ces pratiques sont particulièrement marquées dans les couples unis depuis plus de dix ans, où la recherche de stabilité prime souvent sur la franchise brutale.
La science derrière ces comportements
Les chercheurs de l’université de Californie à Berkeley, auteurs de l’étude, expliquent ces mécanismes par le fonctionnement du cerveau. « Les mensonges protecteurs activent les zones cérébrales liées à l’empathie et à la régulation émotionnelle », a déclaré le Dr Laura Kray, professeure de psychologie et coauteure de l’étude. Elle précise que ces comportements renforcent la cohésion du couple en évitant des réactions disproportionnées, comme des crises de jalousie ou des ruptures de confiance.
Les neurosciences révèlent également que ces mensonges, bien que conscients, ne relèvent pas toujours d’une intention malveillante. « Ils sont souvent motivés par un désir de préserver la paix intérieure du partenaire », a souligné le Dr Kray. Dans certains cas, ils permettent même de maintenir un niveau de satisfaction relationnelle plus élevé, comparé aux couples où la transparence est poussée à l’extrême sans filtre.
Une pratique plus courante qu’on ne le pense
Comme le rapporte Top Santé, ces conclusions s’appuient sur des données recueillies auprès de couples issus de milieux socio-économiques variés. Les mensonges protecteurs sont particulièrement répandus chez les personnes ayant vécu des ruptures douloureuses par le passé. « Environ 42 % des participants ayant subi une infidélité avouent mentir pour éviter de raviver des souvenirs douloureux », indique l’étude.
Les mensonges relationnels, quant à eux, sont souvent liés à des conflits mineurs, comme une soirée entre amis que l’un des partenaires juge trop longue. Dans ce cas, 61 % des couples préfèrent minimiser l’importance de l’événement plutôt que de risquer une dispute. Une stratégie qui, selon les chercheurs, permet de maintenir un équilibre émotionnel au quotidien.
En attendant, ces travaux soulèvent une question : jusqu’où peut-on aller dans le mensonge pour préserver l’harmonie ? Une interrogation qui laisse les experts divisés, certains estimant que la frontière entre protection et manipulation reste ténue.
Selon les chercheurs, leur acceptabilité dépend de l’intention derrière le mensonge. S’il vise à protéger l’autre sans nuire à la relation, il peut être considéré comme bénéfique. En revanche, s’il sert à manipuler ou à dissimuler une tromperie avérée, il devient problématique.