Dans une tribune publiée par Le Monde – Education, la philosophe roumaine Anca Mihalache alerte sur la montée des critiques idéologiques ciblant les sciences humaines. Elle y défend l’idée qu’une disqualification partielle de ces disciplines prive la société de ses outils essentiels pour penser ses tensions, ses contradictions et ses héritages.
Ce qu'il faut retenir
- La philosophe Anca Mihalache dénonce les attaques idéologiques contre les sciences humaines dans une tribune du Monde – Education.
- Elle met en garde contre les risques d’une disqualification des pans entiers de ces disciplines pour la réflexion collective.
- Mihalache appelle à un nouvel humanisme des sciences humaines pour répondre aux défis contemporains.
Une tribune publiée dans un contexte de tensions académiques
Selon Le Monde – Education, la tribune d’Anca Mihalache s’inscrit dans un débat de plus en plus vif autour du rôle des sciences humaines dans le paysage intellectuel français. La philosophe, qui enseigne à l’université de Bucarest avant d’avoir exercé en France, souligne que ces disciplines sont aujourd’hui la cible de critiques idéologiques récurrentes. Ces attaques, selon elle, menacent non seulement leur légitimité, mais aussi leur capacité à éclairer les enjeux sociaux contemporains.
Elle rappelle que les sciences humaines – sociologie, philosophie, histoire, anthropologie – constituent un socle essentiel pour analyser les dynamiques de pouvoir, les inégalités et les transformations culturelles. Leur remise en cause systématique, explique-t-elle, risque d’appauvrir le débat public et d’empêcher une réflexion collective sur les héritages du passé.
La disqualification des sciences humaines, un danger pour la société
Anca Mihalache ne se contente pas de constater les attaques : elle en explique les conséquences. Pour elle, disqualifier des pans entiers de ces disciplines revient à priver la société de ses outils d’analyse critique. «
Empêcher les sciences humaines de jouer leur rôle, c’est se priver de la possibilité de comprendre les tensions qui traversent nos sociétés, ainsi que les contradictions qui en découlent.» Elle cite notamment les débats récurrents sur l’universalisme, la laïcité ou encore la mémoire coloniale, des sujets où les sciences humaines apportent des éclairages indispensables.
La philosophe insiste sur le fait que ces disciplines ne sont pas neutres, mais qu’elles offrent un cadre pour interroger les normes, les valeurs et les rapports de domination. Leur affaiblissement, selon elle, affaiblit aussi la démocratie, dans la mesure où elles permettent de questionner les pouvoirs en place et de proposer des alternatives.
Un nouvel humanisme pour les sciences humaines
Face à cette situation, Anca Mihalache propose une voie : celle d’un nouvel humanisme des sciences humaines. Ce concept, inspiré des Lumières mais adapté aux défis du XXIe siècle, vise à réaffirmer la nécessité de ces disciplines tout en les recentrant sur leur mission première : éclairer l’humain dans sa complexité.
Elle explique que cet humanisme ne doit pas être dogmatique, mais au contraire ouvert aux débats et aux critiques. Il s’agit, selon elle, de sortir d’un débat binaire – où les sciences humaines seraient soit célébrées sans nuance, soit rejetées en bloc – pour proposer une approche plus nuancée, capable de concilier rigueur intellectuelle et engagement citoyen.
Pour Mihalache, l’enjeu dépasse le cadre académique. Il s’agit de préserver ce qui fait la richesse de nos démocraties : la capacité à interroger le monde et à imaginer un avenir commun. Autant dire que la bataille des idées ne fait que commencer.
Anca Mihalache est une philosophe roumaine spécialiste des sciences humaines. Sa tribune, publiée dans Le Monde – Education, est importante car elle met en lumière les attaques idéologiques dont ces disciplines font l’objet et propose une réponse sous la forme d’un nouvel humanisme. Son analyse souligne leur rôle indispensable pour penser les tensions et héritages de nos sociétés.