Les réseaux sociaux sont actuellement inondés de vidéos générées par intelligence artificielle, baptisées «slops», qui cumulent des millions de vues et génèrent des revenus publicitaires importants. Selon Capital, ces contenus produits à la chaîne sont devenus un véritable business, mais qui se cache derrière ces vidéos loufoques ?
Les «slops» sont des contenus créés rapidement et en grande quantité, souvent grâce à l'intelligence artificielle, avec pour objectif d'attirer le plus grand nombre d'internautes et de générer des revenus publicitaires. Animaux aux super-pouvoirs, détournements de l'actualité ou parodies de célébrités… Les formats sont multiples, mais reposent sur la même recette : miser sur l'humour, le spectaculaire ou l'absurde pour capter l'attention des internautes.
Ce qu'il faut retenir
- Les «slops» sont des vidéos générées par intelligence artificielle qui envahissent les réseaux sociaux.
- Ces contenus sont produits à la chaîne et génèrent des revenus publicitaires importants.
- Derrière ces vidéos se cachent de véritables entrepreneurs du web qui utilisent l'intelligence artificielle pour créer des contenus attractifs.
Les créateurs de contenus
Derrière ces vidéos loufoques se cachent de véritables entrepreneurs du web, comme Hervé Delagne, installé en Andorre depuis une dizaine d'années. Ce créateur de contenus affirme avoir lancé plus de 500 chaînes YouTube, chacune reposant sur un concept différent. Son plus grand succès ? Une vidéo inspirée du célèbre tube pour enfants «Baby Shark», qui a cumulé 232 millions de vues et lui aurait rapporté plus de 80 000 euros.
Hervé Delagne rejette toutefois le terme de «bouillie» pour décrire ses créations. «Là où il y a vraiment, je dirais, de la valeur, c'est dans la façon de gérer les chaînes», explique-t-il. «C'est pour ça que j'ai cherché à lancer beaucoup de chaînes, de manière à quand une baisse, une monte, etc. Donc c'est comme quelqu'un qui aurait plusieurs entreprises, plusieurs franchises.»
Les enjeux
Les exemples les plus spectaculaires de réussite avec les «slops» ne doivent pas masquer une réalité beaucoup plus difficile, selon Alexandre Gefen, sociologue. «Il y a un élu pour 10 000 appelés, et je pense que les succès de ces chaînes sont très éphémères parce que les grandes plateformes vont les traquer. Donc je ne suis pas sûr qu'il y ait un métier vraiment d'avenir dans le développement de chaînes à contenu de faible qualité», estime-t-il.
Si les outils d'IA rendent aujourd'hui la création de vidéos accessible au plus grand nombre, transformer cette activité en source de revenus durable reste un défi. Les spécialistes appellent à la prudence et soulignent que les succès les plus spectaculaires ne sont pas nécessairement représentatifs de la réalité.
En conclusion, les «slops» sont un phénomène qui reflète l'évolution des réseaux sociaux et de la création de contenus. Si ces vidéos peuvent sembler amusantes et attractives, il est important de considérer les enjeux sous-jacents et les défis que posent leur création et leur diffusion.