Comme le rapporte Numerama, l'Europe est en train de traverser une période charnière pour son industrie naissante des batteries. Une nouvelle victime vient s'ajouter à l'échec de Northvolt : Morrow Batteries a déposé le bilan. Cette entreprise norvégienne avait pour ambition de construire la batterie « la plus durable au monde ».

Créée en 2020, Morrow Batteries avait une feuille de route claire et des soutiens de poids, tels que Siemens, ABB et l'énergéticien Å Energi, qui comptaient parmi ses principaux actionnaires. L'entreprise avait également sécurisé un contrat majeur avec le finlandais Proventia et avait commencé les livraisons de cellules prismatiques lithium-fer-phosphate (LFP) en avril 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Morrow Batteries a déposé le bilan en raison d'une crise de liquidité immédiate.
  • L'entreprise avait investi 5,1 milliards de couronnes norvégiennes, soit environ 468 millions d'euros.
  • La chute de Morrow Batteries est attribuée à trois facteurs : l'offensive chinoise, l'effet Northvolt et le retard d'industrialisation.

Le contexte de l'industrie européenne des batteries

L'industrie européenne des batteries ressemble de plus en plus à un champ de bataille. Alors que l'Union européenne rêve de souveraineté industrielle, la réalité du terrain est beaucoup plus brutale. L'entreprise norvégienne Morrow Batteries a échoué à boucler un tour de table de la dernière chance, au moment le plus critique : la phase d'industrialisation.

Le diagnostic est sans appel : Morrow a succombé à une crise de liquidité immédiate. Malgré les investissements, le compte n'y était plus, l'entreprise a manqué de trésorerie. Pour comparaison, Northvolt a englouti plus de 15 milliards de dollars avant de vaciller.

Les conséquences de la chute de Morrow Batteries

La chute de Morrow Batteries n'est pas un incident de parcours, c'est une menace qui pèse sur l'ensemble de la filière. Pendant que l'Europe se félicite d'avoir financé les fondations des usines et des machines pour constituer son Airbus de la batterie, elle n'aide plus vraiment cette filière une fois la phase d'industrialisation lancée.

C'est pourtant la phase la plus critique. Si Northvolt a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre en développant trop d'activités connexes avant de fiabiliser sa production de cellules, il reste une inquiétude forte pour les entreprises qui commencent à produire, mais dont l'équilibre financier n'est pas encore assuré.

Et maintenant ?

La question qui se pose maintenant est de savoir comment l'Europe peut sauver son industrie naissante des batteries. Bruxelles doit changer de logiciel et passer de la phase de financement des fondations à celle de soutien à la production. Le redressement potentiel d'ACC par Allan Swan, son nouveau patron, sera un autre test grandeur nature.

En conclusion, la chute de Morrow Batteries est un signal d'alarme pour l'industrie européenne des batteries. Il est temps pour l'Europe de prendre des mesures concrètes pour soutenir cette filière et éviter que d'autres entreprises ne suivent le même chemin.