Un nouveau recueil de poèmes, intitulé « Les dires », vient de paraître sous la plume de Lénaïg Cariou. Poétesse, traductrice et chercheuse, celle-ci y explore la tension entre la langue écrite et la parole orale à travers une démarche originale. Selon Libération, l’auteure s’appuie sur des entretiens radiophoniques pour interroger ce qui subsiste de la langue dans l’acte même de parler.
Ce qu'il faut retenir
- Un nouveau recueil de poèmes, « Les dires », publié par Lénaïg Cariou
- L’auteure, poétesse et traductrice, s’appuie sur des entretiens radiophoniques pour son analyse
- L’ouvrage interroge la persistance de la langue dans la parole orale
- Lénaïg Cariou est également chercheuse, spécialisée dans les questions linguistiques
Une approche hybride entre poésie et recherche
Lénaïg Cariou, dont les travaux croisent souvent poésie et linguistique, signe ici un recueil qui se distingue par sa méthodologie. Plutôt que de partir d’un corpus écrit, elle a enregistré des conversations radiophoniques, puis en a extrait des fragments pour en faire des poèmes. Selon Libération, cette démarche vise à révéler « ce qui persiste de la langue dans la parole dite ». Autrement dit, l’auteure cherche à montrer comment la langue, même lorsqu’elle est déformée par l’oralité, conserve une trace de sa structure et de sa richesse.
Ce travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur le langage, déjà explorée par Lénaïg Cariou dans ses précédents ouvrages. Poétesse reconnue, elle a notamment publié plusieurs recueils où la langue joue un rôle central. En tant que traductrice, elle a également travaillé sur des textes entre le breton et le français, une expérience qui nourrit sa réflexion sur les frontières linguistiques.
La parole orale comme matière première
Pour « Les dires », Lénaïg Cariou a sélectionné des extraits d’émissions radiophoniques variées, allant de débats culturels à des entretiens plus personnels. Ces fragments, une fois retravaillés, deviennent des poèmes où la musicalité de la langue se mêle à son imperfection. Comme le rapporte Libération, l’auteure ne cherche pas à gommer les aspérités de l’oralité, mais au contraire à en faire un matériau poétique à part entière.
Le résultat est un recueil où les silences, les hésitations et les reformulations des locuteurs originaux sont réinvestis. « On y entend la voix, avec ses doutes et ses fulgurances », explique-t-elle dans un entretien. Ce parti pris donne à l’ouvrage une dimension à la fois documentaire et littéraire, où la poésie devient le lieu d’une rencontre entre l’écrit et l’oral.
Un dialogue entre la tradition et la modernité
Lénaïg Cariou, dont les racines bretonnes sont bien connues, puise aussi dans les traditions orales de sa région. « Les dires » s’inscrit ainsi dans une lignée de travaux qui, comme ceux de Yves Le Berre ou de Per-Jakez Helias, cherchent à préserver la mémoire des langues régionales. Pourtant, l’auteure ne se contente pas d’un simple hommage au passé. D’après Libération, elle montre comment la parole orale, même lorsqu’elle est menacée par la standardisation, peut continuer à porter une langue dans toute sa complexité.
Le recueil s’adresse donc aussi bien aux amateurs de poésie qu’aux linguistes. Il offre une réflexion sur la manière dont la langue évolue, tout en rappelant que sa vitalité réside aussi dans ses imperfections. « La parole est un territoire mouvant, où chaque mot est à la fois une conquête et une perte », précise-t-elle.
En attendant, ce recueil invite à une relecture attentive de ce que l’on entend chaque jour. Car, comme le souligne l’auteure, « la langue ne meurt jamais vraiment : elle se transforme, elle se dit, elle persiste ».
Lénaïg Cariou est une poétesse, traductrice et chercheuse française, spécialisée dans les questions linguistiques. Elle a notamment publié plusieurs recueils de poèmes et travaillé sur des textes entre le breton et le français.