Reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mais largement ignorée par le corps médical français, le lipœdème touche environ 10 % des femmes, selon Libération. Cette pathologie, souvent qualifiée de « jambes poteaux » en raison de l’accumulation anormale de graisse au niveau des membres inférieurs, s’accompagne de douleurs chroniques, d’œdèmes persistants et d’une prise de poids localisée difficile à endiguer. Pourtant, faute de protocoles de diagnostic standardisés et de médecins formés, les patientes peinent à obtenir une prise en charge adaptée, tandis que les traitements restent mal remboursés par l’Assurance maladie.
Ce qu'il faut retenir
- 10 % des femmes seraient concernées par le lipœdème, une maladie chronique reconnue par l’OMS.
- Les symptômes incluent des douleurs, des gonflements et une prise de poids localisée aux jambes.
- Le diagnostic est complexe en l’absence de recommandations officielles et de formation des professionnels de santé.
- Les soins sont peu ou pas remboursés, aggravant la précarité des patientes.
- Des personnalités comme l’ancienne Miss France Camille Cerf ou la youtubeuse EmmyMakeupPro ont contribué à médiatiser la maladie sur les réseaux sociaux.
Une maladie aux multiples symptômes, souvent confondue avec d’autres affections
Le lipœdème se manifeste par une accumulation disproportionnée de graisse au niveau des hanches, des cuisses et des mollets, accompagnée de douleurs à la palpation et d’une sensibilité accrue. « Je ne pouvais quasi plus marcher », témoigne une patiente citée par Libération. Les gonflements, ou œdèmes, persistent malgré les régimes ou l’exercice physique, ce qui distingue cette pathologie de la simple surcharge pondérale. Pourtant, faute de formation des médecins, le diagnostic est souvent tardif, voire erroné, confondu avec une obésité ou un lymphœdème.
Des traitements coûteux et un parcours du combattant pour les patientes
Pour soulager les symptômes, les patientes ont recours à des techniques variées : drainage lymphatique manuel, kinésithérapie, ou encore compression veineuse. Certaines optent pour des interventions chirurgicales, comme la liposuccion, mais ces dernières sont rarement prises en charge par la Sécurité sociale. « Les remboursements sont quasi inexistants », déplore une association de patientes contactée par Libération. Les coûts peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros, un fardeau financier pour des femmes déjà affectées par les douleurs et la stigmatisation liée à leur apparence.
Une médiatisation récente, portée par des influenceuses et anciennes Miss
Si le lipœdème était jusqu’alors une pathologie méconnue du grand public, sa visibilité a progressé grâce aux réseaux sociaux. L’ancienne Miss France Camille Cerf, diagnostiquée en 2023, a partagé son parcours sur Instagram, tandis que des créatrices de contenu comme EmmyMakeupPro ont abordé le sujet dans leurs vidéos. Leur engagement a permis de briser l’isolement de nombreuses femmes, mais aussi de mettre en lumière les lacunes du système de santé. « On nous disait que c’était dans notre tête », raconte une patiente sous couvert d’anonymat. Autant dire que la reconnaissance médiatique ne suffit pas à combler les manques structurels.
En attendant, le parcours des femmes atteintes de lipœdème reste semé d’embûches, entre errance médicale et précarité financière. Une situation d’autant plus paradoxale que cette maladie, bien que chronique, n’est ni contagieuse ni liée à un mode de vie. La question de son intégration dans les politiques de santé publique pourrait bien devenir un enjeu de santé au féminin dans les mois à venir.
Non. Le lipœdème est une pathologie qui touche exclusivement les femmes, en raison de facteurs hormonaux. Les rares cas masculins sont généralement associés à des déséquilibres hormonaux majeurs.
Le lipœdème se caractérise par une accumulation de graisse localisée et douloureuse, tandis que le lymphœdème résulte d’un dysfonctionnement du système lymphatique, entraînant des gonflements (œdèmes) sans accumulation de graisse. Les deux peuvent coexister, mais nécessitent des prises en charge distinctes.